À la tête d’une fortune estimée à 17 milliards de dollars, l'homme d'affaires de 41 ans fascine. Alors que sa messagerie cryptée vient de franchir la barre symbolique du milliard d'utilisateurs, se hissant à la deuxième place mondiale derrière WhatsApp, c’est l'organisation de son patrimoine qui interpelle aujourd'hui. Pavel Durov affirme en effet avoir une centaine d'héritiers, pour lesquels il a prévu un traitement sur un pied d'égalité.
Exilé de Russie depuis 2014, le magnat de la tech mène une existence d'ascète : il ne se verse aucun salaire, ne consomme ni viande ni alcool, et s'impose des bains glacés matinaux. Cette grande liberté d'action contraste avec ses récents ennuis judiciaires. Mis en examen en France à la fin du mois d'août 2024, le milliardaire est contraint de rester dans l'Hexagone. Une épreuve pour lui, soudainement éloigné de ses proches résidant aux Émirats arabes unis. Le patron de Telegram a toutefois obtenu, contre une caution de 5 millions d'euros, l'autorisation d'y séjourner quatorze jours pour retrouver son nouveau-né et son fils adolescent blessé au bras.
L'aspect le plus retentissant de sa vie privée concerne sa très vaste descendance. Si Elon Musk fait figure de patriarche avec ses quatorze enfants, Pavel Durov le surpasse largement. Il est le père de six enfants nés de ses relations avec trois femmes différentes, mais l'entrepreneur est surtout à l'origine d'une centaine d'autres naissances grâce à de multiples dons de sperme effectués dans douze pays. Face à cette situation hors norme, le quarantenaire a instauré une règle d'or pour sa succession : l'équité totale.
"Je tiens à préciser que je ne fais aucune différence entre mes enfants : il y a ceux qui ont été conçus de manière naturelle et ceux qui sont issus de mes dons de sperme. Ils sont tous mes enfants et auront tous les mêmes droits !", a déclaré Pavel Durov lors de son entretien au Point. Son colossal patrimoine sera donc légué à parts égales. Cependant, le dirigeant a tenu à imposer une condition stricte : ses 106 héritiers ne pourront y accéder qu'à l'âge de 30 ans, vers 2055. Ce choix tranché vise à éviter de fabriquer des rentiers dès le berceau. "Je veux qu’ils vivent comme des personnes normales, qu’ils se construisent seuls, qu’ils apprennent à se faire confiance, qu’ils puissent créer, pas qu’ils soient dépendants d’un compte en banque", a-t-il conclu avec fermeté.