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Beatrix des Pays-Bas : Le (dernier) discours d'une reine...

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Beatrix des Pays-Bas, le discours d'adieu de la reine, diffusé le 29 avril 2013 à la veille de son abdication en faveur de son fils le prince Willem-Alexander.

"Demain, mon fils aîné reprendra cette belle et responsable tâche, et mon souhait le plus profond est que le nouveau couple royal puisse se sentir soutenu par votre chaleureuse confiance. J'ai la conviction que Willem-Alexander fera, et avec un fidèle dévouement, tout ce qu'un bon roi se doit de faire." A la veille de son abdication, la reine Beatrix des Pays-Bas a pris grand soin lundi soir (29 avril), dans son discours d'adieu adressé à ses 17 millions de compatriotes, de passer le témoin à son fils aîné, en ce jour de fête nationale qu'est le Jour de la reine, dans les meilleures conditions possibles.

Avant qu'agisse le souffle nouveau, l'Etat batave vivait avec une grande émotion les dernières heures du règne éclairé de Beatrix, qui a signé ce 30 avril 2013 à 10h10, trente-trois ans jour pour jour après l'abdication de sa mère feue la reine Juliana en sa propre faveur, le document actant son abdication au profit de son fils, devenu simultanément le nouveau roi des Pays-Bas - le premier roi depuis 123 ans et Willem III.

Le nouveau couple royal, formé par le roi Willem-Alexander - devenu ce mardi matin, à 46 ans, le plus jeune souverain d'Europe - et la reine consort Maxima, embrasse sa mission dans un climat de grande sérénité, avec l'approbation de 78% de la population envers la monarchie.

Lundi soir, tandis que la reine Beatrix, 75 ans, accueillait pour son dîner d'adieu au Rijksmuseum d'Amsterdam un cortège brillant de mille feux rassemblant sa famille, des représentants des cours d'Europe et d'ailleurs, et le corps diplomatique, son dernier message régalien au peuple néerlandais était diffusé en télévision et en radio, à 20h30. Trois mois plus tôt, l'émotion de la reine était déjà palpable, au moment de communiquer sa décision d'abdiquer après plusieurs années de réflexion : "J'ai toujours considéré comme un privilège exceptionnel de mettre ma vie au service de notre pays (...) et cette mission m'a apporté jusqu'à aujourd'hui bien des satisfactions", avait souligné la monarque, en précisant, anticipant sur ses futures activités en tant que princesse Beatrix, "le destin de mon héritier ne veut pas dire que je vous dis au revoir, j'espère rencontrer encore beaucoup d'entre vous".

Lundi 29 avril, l'allocution était solennelle, marquée par le poids de la tradition et de l'histoire, mais tout aussi vibrante : "Au seuil de mon abdication, je tiens à m'adresser à vous, a commencé par dire Beatrix. Unité et Liberté ont été de tout temps les mobiles de la construction politique de notre pays. Durant les années de lutte et de révolte contre la domination étrangère, le Wilhelmus retentissait comme un chant d'encouragement : 'A la patrie fidèle je reste jusque dans la mort'. Cette fidélité inconditionnelle a animé depuis lors tous ceux qui se sont battus pour notre liberté. Et aujourd'hui encore, cette liberté constitue la base de notre histoire nationale lié à la Maison d'Orange."

La souveraine sur le départ, avant de revenir sur son règne et de préparer l'avenir du royaume, a de manière touchante évoqué ses aïeules et dressé le portrait d'une nation matriarcale avant d'en remettre les rênes à un roi, son fils : "Depuis 1890, notre unité nationale a été soutenue par quatre femmes ayant porté la couronne. Après la reine régente Emma, après ma grand-mère Wilhelmina - vaillante en temps de guerre - et après ma mère Juliana - au sens aigu du devoir - j'ai eu la mission et le privilège d'être votre reine. Pour moi les forces unificatrices des générations précédentes ont toujours été sources d'inspiration. Dans notre monarchie constitutionnelle, le roi, au service de la société en évolution, personnifie l'unité."

Plus loin, elle mettra tour à tour en lumière le "soutien inestimable" de son mari le regretté prince Claus ("Peut-être l'histoire démontrera-t-elle que mon choix d'épouser Claus a été ma meilleure décision"), qui a appris à leurs trois fils à avoir un "regard ouvert sur le monde" et a mené la Maison d'Orange vers la modernité ; le dévouement de son successeur Willem-Alexander ; le charme de la reine consort Maxima, "avec son grand coeur et son sens inné des relations humaines" ; enfin, la "gratitude" à l'égard de son peuple - "Sans vos chaleureuses et réconfortantes marques de sympathie, toutes les difficultés - et j'en ai connues - auraient été bien plus lourdes à porter. Au moment de faire mes adieux, je tiens à vous dire combien votre attachement m'a donné des forces et à vous assurer que, à l'avenir également, le fait de vous savoir proche de moi me sera toujours d'un grand soutien."

Un discours dont nous vous proposons ci-après l'intégralité.

Discours de la reine Beatrix des Pays-Bas le 29 avril 2013, à la veille de son abdication

"Au seuil de mon abdication, je tiens à m'adresser à vous. Unité et Liberté ont été de tout temps les mobiles de la construction politique de notre pays. Durant les années de lutte et de révolte contre la domination étrangère le Wilhelmus retentissait comme un chant d'encouragement : 'A la patrie fidèle je reste jusque dans la mort'.

Cette fidélité inconditionnelle a animé depuis lors tous ceux qui se sont battus pour notre liberté. Et aujourd'hui encore cette liberté constitue la base de notre histoire nationale lié à la Maison d'Orange.

Depuis 1890, notre unité nationale a été soutenue par quatre femmes ayant porté la couronne. Après la reine régente Emma, après ma grand-mère Wilhelmina - vaillante en temps de guerre - et après ma mère Juliana - au sens aigu du devoir -, j'ai eu la mission et le privilège d'être votre reine. Pour moi les forces unificatrices des générations précédentes ont toujours été sources d'inspiration. Dans notre monarchie constitutionnelle le roi, au service de la société en évolution, personnifie l'unité.

Lors de l'intronisation le roi jure par devant les États généraux de maintenir la constitution et de protéger les libertés et droits de tous les habitants. En contrepartie de la responsabilité des ministres pour les actes du roi, ce dernier a l'obligation d'harmoniser ses actes avec les ministres. Les lois et décrets élaborés de façon démocratique sont entérinés par la signature du roi. Dans la vie quotidienne, le roi peut contribuer au respect de la démocratie à la stimulation de la cohérence au sein de la société, à l'intégration et à l'autodéveloppement de tous les groupes de la population. Cela exige un engagement libre et entier pour toutes les questions majeures ou mineurs qui, tôt ou tard se poseront comme relevant de l'intérêt général de notre société. Ce n'est pas le pouvoir, la volonté personnelle ou le droit au pouvoir héréditaire, mais uniquement la volonté de servir la communauté qui peut donner un sens à la royauté moderne.

L'accomplissement de cette mission est orienté vers une communauté au sein de laquelle les citoyens se sentent unis. Durant les trente-trois années de mon règne j'ai eu le plaisir de rencontrer nombre de ressortissants qui avaient à coeur d'aider leurs concitoyens, qui se sentaient concernés et qui étaient disposés à donner le meilleur d'eux-mêmes pour notre pays. Dans les circonstances les plus diverses, j'ai pu me rendre compte de ce à quoi peut mener la créativité et la persévérance. J'ai acquis beaucoup d'estime pour les impressionnantes réalisations dans le domaine des sciences, de l'art et de la culture. De vastes possibilités d'expression et la découverte de voies nouvelles sont primordiales pour nous tous. Les efforts déployés par tant de personnes en vue d'un rapprochement par-dessus les différentes convictions religieuses ou philosophiques ont retenu mon intérêt, et ce également en tant que signes d'ouverture et de tolérance.

La confiance que vous m'avez si largement témoignée a été indispensable pour m'acquitter de ma tâche. J'ai pu partager avec vous joies et fierté nationale. Je me suis associée à vos peines et à vos douleurs. C'est par sa cordialité spontanée et ses signes de solidarité que la population des Pays-Bas et des parties du royaume situées dans les Caraïbes m'a soutenue. Hors de nos frontières les contacts internationaux ont largement contribué à une meilleure compréhension de part et d'autre. Les évènements heureux et malheureux dans le monde touchent à notre existence. De nombreux liens nous unissent avec les habitants de tous les continents. Cela nous force à nous ouvrir à d'autres modes de vie et d'autres cultures.

L'Europe déchirée a porté pendant longtemps les cicatrices des guerres et des violences. À notre époque, la coopération pacifique et la prise de conscience des intérêts communs sont primordiaux. Des décisions de l'Union européenne déterminent aussi notre vie quotidienne dans les domaines où cela est utile et nécessaire. Notre intérêt propre nous oblige à contribuer à l'intérêt communautaire et, dans une perspective plus large, à la responsabilité commune au niveau mondial.

Dans ce contexte j'ai eu le grand bonheur d'être soutenue par le prince Claus. Par sa perception réaliste des choses et son approche relativiste, il a été pour moi un soutien inestimable. Par ses activités dans les domaines de l'aménagement du territoire, de l'environnement, de la coopération au développement et de la culture il a orienté l'attention sur les questions essentielles dans la société. Il a appris à nos fils dès leur plus jeune âge à avoir un regard ouvert sur les développements dans la société et les misères dans le monde. C'est ainsi que le prince Claus a amené la Maison d'Orange plus près de la modernité. Peut être l'histoire démontrera que mon choix d'épouser Claus a été ma meilleure décision.

Depuis que j'ai annoncé mon intention d'abdiquer, je suis frappée par les innombrables marques de cordiale sympathie et par la compréhension pour mon souhait de transmettre à présent ma tâche au Prince d'Orange. Par ses activités intensives sur le plan national et international et par son grand intérêt pour les développements de notre époque il est bien préparé à tous les égards. Pendant la cérémonie de l'intronisation dans la Nouvelle Église à Amsterdam le Roi Willem-Alexander acceptera les tâches inhérentes à sa charge : agir en faisant abstraction de ses propres préférences et d'être au-dessus des intérêts des partis et des groupes. Pour l'accomplissement de cette mission il demandera le soutien et la confiance du peuple néerlandais. Que sa charmante Maxima - avec son grand coeur et son sens inné des relations humaines - jouera un rôle particulier est ressenti comme une bénédiction par nous tous.

Au moment de mettre fin à mon règne, je ressens avant tout des sentiments de profonde gratitude. Sans vos chaleureuses et réconfortantes marques de sympathie, toutes les difficultés - et j'en ai connues - auraient été bien plus lourdes à porter. Au moment de faire mes adieux, je tiens à vous dire combien votre attachement m'a donné des forces et à vous assurer que, à l'avenir également, le fait de vous savoir proche de moi me sera toujours d'un grand soutien.

Demain mon fils aîné reprendra cette belle et responsable tâche et mon souhait le plus profond est que le nouveau couple royal puisse se sentir soutenu par votre chaleureuse confiance. J'ai la conviction que Willem-Alexander fera, et avec un fidèle dévouement, tout de qu'un bon roi se doit de faire."

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