Pendant près d’un demi-siècle, James Cameron a incarné ce qui se fait de plus grandiose à Hollywood. Des plateaux de tournage californiens aux records du box-office mondial, le réalisateur de Titanic et de la saga Avatar a construit sa carrière au cœur de l’industrie américaine. Et pourtant malgré une carrière impressionnante de ce côté du continent, le réalisateur a décidé de tourner définitivement la page américaine. En effet, il a révélé déménager en Nouvelle-Zélande, un pays plus aligné avec ses aspirations.
Un choix de vie, qu’il revendique haut et fort. Face à une Amérique qu’il juge fracturée, tendue et éloignée de la rationalité, James Cameron a trouvé refuge à l’autre bout du monde, dans un pays qu’il connaît intimement pour y avoir tourné plusieurs films. Il faut le savoir, ce lien avec l’archipel du Pacifique ne date pas d’hier. Dès les années 1990, le cinéaste avait été frappé par la beauté des paysages et la qualité des infrastructures cinématographiques. Il s’y était promis un jour de vivre lorsqu’en 2011 il y avait acquis un vaste domaine. C’est aujourd’hui chose faite.
Mais ce n’est pas seulement la nature qui l’attire. Le déclic est intervenu lors de la pandémie de Covid-19 d’après ses dires. Observant la gestion de la crise sanitaire, James Cameron s’est dit impressionné par la réaction néo-zélandaise. "La Nouvelle-Zélande avait complètement éradiqué le virus. En fait, ils l’ont éradiqué deux fois." Puis il ajoute : "Voilà pourquoi j’aime la Nouvelle-Zélande. Les gens y sont, pour la plupart, sains d’esprit." Le réalisateur dessine un portrait des États-Unis, qu’il décrit comme un pays profondément divisé, où la science et le consensus ont perdu du terrain.
Dans le podcast américain In Depth, il évoque une société où la confrontation permanente a remplacé le dialogue. Il pose lui-même la question : "Où préféreriez-vous vivre ? Dans un endroit où l’on croit réellement en la science, où règne le bon sens et où les gens peuvent travailler ensemble de manière cohérente vers un objectif commun, ou dans un endroit extrêmement polarisé où tout le monde est à couteaux tirés, tournant le dos à la science, et qui serait plongé dans un chaos total si une autre pandémie survenait ?" Ce regard critique s’est renforcé avec l’actualité politique américaine.
Le réalisateur n’a jamais caché son hostilité envers Donald Trump, qu’il a comparé à une figure historique controversée, "l’enfoiré le plus narcissique de l’histoire depuis ce foutu Néron". Une déclaration-choc, qu’il assume pleinement. Pour lui, l’omniprésence médiatique de l’ancien président symbolise le climat toxique qu’il ne souhaite plus subir. Il résume ce sentiment avec une métaphore saisissante, c’est "comme regarder un accident de voiture en boucle".
Face à cette désillusion, James Cameron revendique une autre priorité : le bien-être mental. "Je ne suis pas là pour le paysage. Je suis là pour la santé d’esprit", affirme-t-il. Installé aujourd’hui près de Wellington avec son épouse Suzy Amis Cameron et leurs enfants, il mène une vie plus discrète, entouré de nature. La Nouvelle-Zélande représente pour lui un modèle de société où le respect et la cohérence sont bien plus cohérents qu’aux États-Unis.
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