Trente ans après la sortie de l'un des albums les plus marquants du rap français, Bruno Beausir, alias Doc Gynéco, s'apprête à retrouver son public. Le 10 novembre 2026, l'ex de Christine Angot montera sur la scène de l'Adidas Arena, située porte de la Chapelle dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Un lieu hautement symbolique pour celui qui a grandi dans ce quartier et l'a immortalisé en musique. Ce grand concert célèbrera le trentième anniversaire de son mythique premier album solo, intitulé Première consultation, paru à l'origine en avril 1996.
Écoulé à plus d'un million d'exemplaires, ce projet aux sonorités G-funk, enregistré en grande partie à Los Angeles sous la houlette du producteur américain Ken Kessie, a fait de Doc Gynéco une véritable icône. Des morceaux comme Viens voir le docteur, Nirvana, Passement de jambes, Né ici ou encore Vanessa sont définitivement inscrits dans la mémoire collective. Pourtant, le principal intéressé semble toujours étonné par la longévité de son œuvre. "C’est extraordinaire parce qu’on dirait que ça fait un quart d’heure", s'est-il récemment étonné auprès du Parisien.
Propulsé au sommet à seulement 21 ans, après avoir quitté le sulfureux groupe Ministère A.M.E.R, le jeune rappeur n'était pas préparé à un tel raz-de-marée médiatique. "J’ai pas su gérer", admet volontiers celui qui, à cette époque effervescente, "traînait beaucoup avec Passi, Stomy Bugsy et MC Solaar". L'artiste garde le souvenir d'une période vertigineuse où il avait le sentiment que "les gens [le] connaissaient mieux que [lui]-même". Avec le recul, il analyse la situation avec la même sincérité : "Je me suis souvent dit : “tout ça doit être faux”. Je n’ai pas compris ce succès autant que le public. Je n’avais pas l’expérience pour affronter ça. Et aujourd’hui, je ne l’ai toujours pas."
Depuis la fin des années 2010, la carrière musicale du rappeur s'était faite beaucoup plus discrète, son dernier opus studio remontant à 2018. L'homme a également traversé des zones de turbulences personnelles majeures, marquées par une condamnation en 2021 à cinq mois de prison avec sursis pour violences conjugales. Si l'idée de remonter sur scène pour fêter cet anniversaire ne venait pas de lui, il se dit aujourd'hui prêt à partager ce moment de nostalgie avec ses fans. Estimant que cet album culte ne lui "appartient plus", il explique la genèse de cette nouvelle date parisienne : "Ça me fait plaisir d’être avec les autres. J’aime chanter avec le public. Mais on est venu me chercher. Moi je n’y pensais même pas".
Pour les nostalgiques désireux de reprendre ces tubes générationnels, l'ouverture de la billetterie s'organise en deux temps : une prévente sur le réseau Live Nation était prévue ce lundi 20 avril à 10 heures, avant une mise en vente générale demain, mardi 21 avril, à la même heure.
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