Pour Dany Brillant, Paris ne se résume pas à un décor. La capitale accompagne son histoire depuis ses débuts, nourrit ses chansons et a même largement participé à la naissance de sa carrière. À tel point que le chanteur vient de lui consacrer son premier roman, Paris ne meurt jamais, dans lequel il raconte l’histoire d’un jeune chanteur de jazz dans le Paris de l’après-guerre, entre Pigalle et Saint-Germain-des-Prés. Une histoire aux allures de biographie déguisée puisqu’elle fait fortement écho à son propre parcours.
Tout commence véritablement lorsque Dany Brillant a 18 ans. Sa tante lui fait alors découvrir Paris en l’emmenant visiter les monuments et les principaux lieux touristiques. Mais le jeune homme ne tarde pas à préférer une autre facette de la capitale comme il le raconte au Parisien. “J’ai découvert un autre Paris quand j’ai commencé mes études à 18 ans. C’est là que j’arrive dans le Quartier latin, avec ses terrasses de café et ses clubs de jazz”, se souvient-il. Le coup de foudre est immédiat. Dany Brillant découvre que Paris possède plusieurs visages et qu’il suffit parfois de pousser une porte pour changer complètement d’univers. Il peut passer d’une boutique Chanel à un concert de jazz au Caveau de la Huchette, l’une de ses adresses favorites, située rue de la Huchette dans le Ve arrondissement. “Paris a toujours été le cœur du luxe et de la culture”, résume-t-il.
Au fil des années, le chanteur s’est pourtant particulièrement attaché à une partie bien précise de la capitale. Il vit aujourd’hui sur la rive gauche, un choix qui n’a rien d’anodin. “Le Ve, c’est la bohème, les chambres de bonne et le début du chemin artistique ; le VIe, c’est quand on a réussi et qu’on va au Café de Flore ou aux Deux Magots, c’est plus bourgeois”, observe-t-il avec amusement. Ce qui séduit surtout le chanteur, c’est la capacité de Paris à offrir en permanence quelque chose à voir ou à faire. “Je suis tombé amoureux de cette ville parce qu’on peut y être tout seul sans que ce soit horrible comme dans une petite commune de province. On sort, il y a toujours du monde, des événements culturels. C’est une ville très inspirante qui accompagne les artistes”, explique-t-il.
Certaines adresses parisiennes ont joué un rôle beaucoup plus concret dans sa carrière. C’est le cas par exemple du cabaret Aux Trois Mailletz, situé rue Galande, dans le Ve arrondissement. Avant de devenir un chanteur connu du grand public, celui qui s'est lancé dans un nouveau métier y a appris celui de chanteur au contact des musiciens, des artistes et des spectateurs. “Je me suis formé pendant cinq ans avec mon patron, Jacques Boni”, raconte-t-il. Une période déterminante qu’il compare aujourd’hui avec humour aux télé-crochets modernes : “C’était la “Star Ac” ou “The Voice” de l’époque.” Pendant ces années, il apprend à chanter face au public et se produit également sur les terrasses de cafés de Saint-Germain, devant le Bonaparte ou rue de Buci. Une époque où le jazz occupait encore une place importante dans la vie nocturne parisienne.
Car Dany Brillant en est persuadé : le genre n’a pas dit son dernier mot. “Le jazz va revenir, car il est intimement lié à cette ville”, assure-t-il. Il rappelle qu’au cours des années 1940 et 1950, Paris était considérée comme une véritable capitale mondiale du jazz. Les amateurs pouvaient venir y écouter des artistes comme Kenny Clarke, Sidney Bechet ou Don Byas. Parmi ses autres lieux incontournables figure évidemment l’Olympia, boulevard des Capucines. Pour lui, la salle possède une dimension à part. “J’ai chanté dans d’innombrables salles à Paris : que ce soit le Bataclan, le Palais des Sports ou Bercy. Ce que je préfère par-dessus tout, c’est l’Olympia”, confie-t-il. Le chanteur aime que la salle soit suffisamment grande pour créer un véritable événement, mais assez intime pour conserver un lien avec les spectateurs.
Sa carte personnelle de Paris ne s’arrête toutefois pas aux salles de spectacle. Parmi ses endroits favoris figurent aussi la rue Visconti, la bibliothèque Sainte-Geneviève, la bibliothèque de l’Arsenal ou encore la rue de Thorigny. Côté restaurants, il cite notamment le Bar des Prés, le Blueberry, L’As du fallafel, le Mavrommatis ou encore le Café Delmas. Celui entretient sa forme physique aime aussi marcher dans la capitale. Sur ce point, son regard a d’ailleurs évolué. “Longtemps, j’ai pesté contre la piétonnisation des quais et la politique de circulation en général mise en place par Anne Hidalgo. Mais avec le recul, je me dis qu’ils avaient raison”, reconnaît-il désormais. L’artiste explique avoir abandonné sa voiture et se déplacer principalement à pied, parfois en métro et, lorsqu’il n’a pas d’autre choix, en taxi.