Elle en parle aujourd’hui avec beaucoup d’humour, mais aussi une véritable reconnaissance. Hélène de Fougerolles a récemment accepté de revenir sur une période particulièrement mouvementée de sa vie dans le podcast La Daronnade, diffusé sur la chaîne YouTube de Parents. À 53 ans, la comédienne s’est longuement confiée sur Shana, sa fille unique née de sa relation avec le producteur Éric Hubert, mais également sur la manière dont leur séparation a finalement bouleversé de manière totalement positive son quotidien de mère.
À l’époque, Hélène de Fougerolles se sent en effet complètement dépassée par la situation. Shana est une enfant différente, mais sa mère ne sait pas encore précisément pourquoi. Le diagnostic de trouble du spectre de l’autisme arrivera tardivement et, au début des années 2000, la connaissance et la prise en charge de l’autisme n’étaient pas celles d’aujourd’hui. “C’était il y a 20 ans, on disait que les enfants étaient handicapés mentaux. On ne savait pas du tout ce qu’était l’autisme”, se souvient-elle. Cette incompréhension a été très dure à dépasser durant ses premières années de maternité. Hélène de Fougerolles ne cache pas qu’elle s’est longtemps remise elle-même en question, au point de penser que les difficultés rencontrées avec sa fille venaient d’elle. “Je me suis vraiment construite en me disant que j’étais une mauvaise mère. Je me sentais dépassée, je me sentais à côté…”, raconte-t-elle.
C’est dans ce contexte que sa séparation avec Éric Hubert va, paradoxalement, lui apporter un soutien auquel elle ne s’attendait pas. Son ancien compagnon refait rapidement sa vie avec une autre femme. Une situation qui aurait pu être difficile à accepter après un divorce, mais qu’Hélène de Fougerolles raconte aujourd’hui comme une véritable chance. Car cette nouvelle compagne va prendre toute sa place auprès de Shana lorsqu’elle se trouve chez son père. “L’immense chance que j’ai eue, c’est que très vite il a été en couple avec une femme qui a… on ne va pas dire qu’on a fait un trouple, mais il a été avec cette femme qui m’a sauvée”, confie ainsi l’actrice. Un mot fort, mais qu’elle assume en expliquant combien elle était alors démunie : “Moi, j’ai été débordée par le fait d’être maman d’une petite fille qui ne rentrait pas dans les cases, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, je ne comprenais pas le fonctionnement.”
La nouvelle compagne de son ex devient alors une alliée inattendue. “Elle, en fait, elle a géré avec mon mari une semaine sur deux”, raconte Hélène de Fougerolles. Avant de lancer avec son humour habituel : “C’est horrible, je ne devrais pas dire ça, mais la semaine sur deux… Divorcez les gars !” Derrière cette boutade, la comédienne raconte surtout combien le partage de la parentalité lui a permis de retrouver de l’air à une époque où elle ne savait plus comment faire face seule. Plus de vingt ans après, la situation n’a évidemment plus rien à voir. Shana a aujourd’hui 23 ans et sa mère parle d’elle avec une tendresse immense. “Elle adore chanter, elle adore danser, elle adore se déguiser… On se ressemble quand même beaucoup”, confie-t-elle.
Hélène de Fougerolles ne gomme pas pour autant les particularités de leur quotidien. “J’ai une petite fille qui a 23 ans… Je lui lis toutes les histoires de princesses, on fait beaucoup de jeux d’enfants… Et elle a 23 ans.” Au fil des années, l’actrice a surtout appris à se détacher du regard des autres. Shana l’y a même beaucoup aidée. Lorsqu’elle veut sortir déguisée en Blanche-Neige, sa mère ne cherche plus à la faire changer d’avis. “Quand elle me dit aujourd’hui : “Je veux être en Blanche-Neige”, je l’emmène chez Auchan, elle est Blanche-Neige, elle a 23 ans !”, raconte-t-elle. Une scène du quotidien qu’elle regarde désormais avec philosophie. “D’aller dans tous les rayons avec Blanche-Neige à côté, je trouve que ça met de la poésie dans la vie”, estime celle qui vit aujourd’hui en Provence.
Être reconnue ne facilite pourtant pas toujours les choses : “En étant connue, à Cavaillon, donc déjà les gens me repèrent…” Mais là encore, sa fille lui a appris à dépasser ses propres barrières. “Elle s’en fout complètement du regard des autres, il n’y a que moi qui dois traverser le truc et je n’ai pas honte en fait.” Cette évolution lui permet également de porter un regard beaucoup plus apaisé sur ses qualités de mère. La jeune femme vit désormais la semaine dans un institut spécialisé situé près d’Aix-en-Provence. Un “foyer de vie” dans lequel elle semble avoir trouvé sa place et qui rassure énormément sa mère. “Elle est dans l’endroit le plus extraordinaire du monde”, se réjouit Hélène de Fougerolles. La comédienne avait déjà évoqué cet équilibre dans les colonnes de Télé-Loisirs, à l’occasion de la diffusion de la minisérie La mère et l’assassin sur France 2. Elle expliquait alors récupérer Shana “un week-end sur deux” et se réjouissait de la savoir heureuse dans son centre : “Elle et moi avons trouvé notre équilibre.”