À l'occasion de la sortie de la mini-série La mère et l'assassin, Hélène de Fougerolles s'est livrée avec une rare sincérité dans les colonnes de Paris Match. Si l'actrice évoque son nouveau quotidien dans le Luberon, où elle s'est installée il y a plusieurs années, elle revient surtout sur le sujet le plus intime de sa vie : sa fille Shana, née de ses amours avec le producteur Éric Hubert. Diagnostiquée avec un trouble du spectre de l'autisme il y a une dizaine d'années, la jeune femme est longtemps restée à l'abri des regards. Un choix que la comédienne explique aujourd'hui par une culpabilité qu'elle a mis des années à surmonter.
Pendant longtemps, Hélène de Fougerolles s'est refusée à parler publiquement de la situation de sa fille. Non pas parce qu'elle souhaitait cacher Shana, mais parce qu'elle ne parvenait tout simplement pas à mettre des mots sur ce qu'elle traversait. Elle explique : "J'étais persuadée d'être la cause de sa particularité. C'était mon talon d'Achille, je ne supportais pas qu'on sache que je vivais ça. Je ne pouvais pas parler d'elle sans pleurer. Pas par honte, mais parce que j'étais pleine de culpabilité. On m'avait beaucoup dit que j'étais une mauvaise maman." Une blessure profonde qui l'a accompagnée durant des années avant qu'elle ne trouve la force de raconter son histoire dans un livre paru en 2021 T'inquiète pas, maman, ça va aller.
Aujourd'hui, la comédienne regarde ce parcours avec davantage d'apaisement. Si Shana passe la semaine dans un institut spécialisé près d'Aix-en-Provence, les retrouvailles occupent une place essentielle dans son quotidien. "Je m'occupe beaucoup de ma fille. Je lui fais ses shampooings, je l'aide à s'habiller, je lui beurre ses tartines", confie-t-elle. Une implication qui laisse peu de place à une vie de couple : "Je ne vois pas comment je pourrais prendre soin de quelqu'un d'autre. Je suis célibataire et super heureuse de l'être".
On s'est choisies
Au fil des années, Hélène de Fougerolles dit aussi avoir changé son regard sur cette épreuve : "Peut-être qu'elle et moi, on s'est choisies pour traverser cette vie, apprendre ensemble et sur soi." Une réflexion qui traduit le chemin parcouru depuis cette période où la culpabilité prenait toute la place. Lorsqu'elle parle de Shana, c'est désormais avec beaucoup de tendresse et d'admiration. La jeune femme adore les coloriages Disney, aime se déguiser et vit selon ses propres codes. "Elle sait qu'elle a un petit trouble, elle ne voit pas où est le problème. Elle est dans sa bulle", indique la comédienne. Hélène de Fougerolles sourit en racontant leurs sorties : "J'ai une petite fille qui a un corps de femme. Je me balade avec Blanche-Neige au cinéma ou au supermarché".
Loin du poids du regard des autres qui l'a longtemps fait souffrir, l'actrice dit aujourd'hui puiser une véritable inspiration auprès de sa fille : "Shana est le rôle principal de sa vie et j'aimerais tellement avoir sa force pour me foutre du regard des autres !". Une confidence qui résume à elle seule la relation fusionnelle qu'elles entretiennent et le regard apaisé qu'Hélène de Fougerolles porte désormais sur leur histoire.