En envoyant valser l’outil devenu incontournable dans les entreprises, LEGO vient de signer l’un des plus beaux coups de maître de son histoire
Publié le 18 septembre 2026 à 07:04
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Alors que tout le monde ne jure que par l’intelligence artificielle, LEGO prend un virage à contresens. Le géant danois de la brique a décidé d’interdire l'IA générative pour concevoir ses jouets, préférant miser à 100 % sur la créativité humaine. Un pari audacieux, voire totalement à contre-courant, qui offre pourtant à la marque le meilleur semestre de toute son histoire. Décryptage d'une stratégie business brillante.
En envoyant valser l’outil devenu incontournable dans les entreprises, LEGO vient de signer l’un des plus beaux coups de maître de son histoire
Le groupe LEGO a fait le choix stratégique de rejeter l’intelligence artificielle générative pour concevoir ses jouets, préférant miser sur l'expertise de ses équipes humaines. 

Niels B. Christiansen, président-directeur général LEGO et Carsten Rasmussen, directeur des opérations LEGO - Le groupe LEGO inaugure son premier centre d'innovation dédié à la fabrication au campus Kornmarken à Billund, au Danemark. © LEGO via Bestimage Ce pari audacieux porte déjà ses fruits puisque la marque vient d'enregistrer le meilleur semestre de son histoire, porté par des ventes en hausse de 22 %. 

Niels B. Christiansen, président-directeur général LEGO - Le groupe LEGO inaugure son premier centre d'innovation dédié à la fabrication au campus Kornmarken à Billund, au Danemark, le 24 juin 2026. © LEGO via Bestimage Selon la direction, aucun algorithme ne peut reproduire l'intuition et la connexion émotionnelle qu'un enfant entretient avec une brique lors de sa phase de jeu. 

LEGO a dévoilé un set reproduisant la console de jeux vidéo Sony PlayStation originale, incluant la manette emblématique. Photo fournie par JLPPA Cette politique stricte s'applique également à la plateforme communautaire LEGO Ideas, qui proscrit désormais les images générées par IA dans les projets soumis par les fans. 

Figurine en briques de la star argentine du football Lionel Messi dans un magasin Lego à Shanghai (Chine), le 7 septembre 2026. Cost Foto / Bestimage Le géant danois ne bannit pas totalement la technologie pour autant, mais la cantonne aux tâches administratives et logistiques afin de libérer du temps à ses concepteurs. 

Figurine en briques de la star argentine du football Lionel Messi dans un magasin Lego à Shanghai (Chine), le 7 septembre 2026. Cost Foto / Bestimage

C’est sans doute le coup de maître le plus inattendu du moment. Alors que l'ensemble du secteur de la tech et du jouet cède à la tentation des algorithmes pour réduire les coûts de création, LEGO fait exactement l'inverse. Dans un communiqué relayé notamment par le média économique McDublin.com, la célèbre marque danoise a officialisé sa position : l'intelligence artificielle est rejetée comme outil de design. La création de produits reste une affaire de femmes et d'hommes.

Et comme l'explique un post Instagram de thenextbigshit, les résultats chiffrés ne se sont pas fait attendre. LEGO vient tout simplement d'aligner le meilleur semestre de son histoire. Le groupe affiche un chiffre d'affaires colossal de 5,6 milliards d'euros (en hausse de 21 %), un bénéfice opérationnel de 1,45 milliard d'euros (+22 %) et une progression des ventes de 22 % auprès des consommateurs. Sur cette seule période, 332 nouveaux sets ont vu le jour, tous dessinés sans la moindre ligne de code génératif. Une réussite portée notamment par des collections événementielles très populaires comme celles dédiées à la Coupe du Monde.

La créativité humaine au cœur de l'expérience LEGO

Pour le PDG du groupe, Niels B. Christiansen, le choix est avant tout d'ordre philosophique. Si un algorithme peut brasser des téraoctets de données pour suggérer un visuel, il est totalement incapable de saisir la psychologie du jeu ou le développement de l'enfant. LEGO ne vend pas de simples briques en plastique : l'entreprise vend une relation, un plaisir tactile et émotionnel qui s'éprouve en assemblant des pièces, loin des écrans.

Cette conviction profonde que l'intuition humaine prime sur les calculs prédictifs s'applique également aux passionnés de la marque. Sur sa célèbre plateforme communautaire LEGO Ideas, où les fans proposent leurs propres concepts pour en faire de futurs sets officiels, la consigne est désormais stricte. Comme l'a rapporté le site spécialisé Brick Fanatics, la plateforme interdit purement et simplement les visuels générés par IA dans les dossiers de soumission. Les règles officielles du site rappellent l'importance de préserver un espace authentique et bienveillant, invitant les créateurs moins à l'aise avec le dessin à utiliser le logiciel gratuit Studio ou à solliciter l'aide de la communauté. Un engagement fermement réaffirmé par le groupe dès 2024 suite à une controverse sur un quiz Ninjago : la charte proscrit l'IA générative pour façonner le contenu de la marque.

L'IA au service de la logistique, pas des designers

Faut-il pour autant en déduire que la firme de Billund vit au Moyen Âge technologique ? Loin de là. La stratégie de LEGO ne consiste pas à bannir l'IA par principe, mais à l'assigner aux tâches où elle apporte une vraie valeur ajoutée sans altérer l'ADN du produit. L'automatisation et les outils algorithmiques sont ainsi utilisés pour la gestion administrative, le traitement des tâches répétitives ou encore l'optimisation de la préparation des notices de montage. L'idée est simple : libérer du temps de cerveau disponible aux artistes et ingénieurs pour qu'ils se concentrent sur l'innovation créative.

Au lieu de faire des coupes budgétaires dans ses équipes créatives, la marque investit massivement dans ses studios européens, recrutant architectes, ingénieurs et éducateurs. Ce choix fort envoie un signal très clair au marché : la valeur d'une marque premium réside dans l'authenticité de son savoir-faire. Une leçon d'innovation qui prouve que l'intelligence artificielle n'a pas à remplacer ce qui fait le cœur d'un produit.

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Par Gaëtan Audeyer | Rédacteur en chef adjoint
Des stars hollywoodiennes aux personnalités françaises, personne n’échappe à la curiosité dévorante de Gaëtan pour raconter des histoires. Biberonné à la Star Academy et à Sous le soleil, comme tout bon millenial qui se respecte, il prend aujourd’hui un malin plaisir à décrypter les émissions du PAF. Son péché mignon ? Regarder en boucle les vieux épisodes de l’émission Strip Tease.
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