Pendant des années, Catherine Ceylac a représenté l’une des figures majeures de la télévision française. Et si elle n’a jamais été du genre à se livrer facilement, c’est à l’occasion de la sortie de son autobiographie Intime, que la journaliste a décidé de lever le voile sur certains épisodes déterminants de sa vie. Invitée sur le plateau de C à vous ce samedi 14 mars 2026, aux côtés notamment d’Éric Cantona, l’ancienne animatrice de Thé ou café a accepté de revenir sur des moments profondément personnels face à Mohamed Bouhafsi.
Ce livre, explique-t-elle, correspond à un moment particulier de son existence. Après plusieurs décennies passées dans les médias, elle ressentait le besoin de raconter son parcours avec davantage de sincérité. "C’était le bon moment de ma vie pour dévoiler un petit peu plus qui j’étais et ce qui me motivait dans la vie", confie-t-elle. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ouvrage ne se contente pas de retracer une brillante carrière. Catherine Ceylac y évoque également des souvenirs d’enfance et des expériences qui ont façonné sa personnalité.
Face aux téléspectateurs de France 5, elle raconte un épisode révélateur de sa vie. Au fil de l’entretien, la conversation prend une tournure plus intime. Mohamed Bouhafsi évoque alors un passage marquant du livre : une épreuve vécue à l’adolescence qui a profondément influencé la trajectoire de la journaliste. Un événement qui remonte au début des années 1970. À l’époque, elle n’a que 15 ans lorsqu’elle se retrouve enceinte. Une situation extrêmement difficile à vivre, d’autant plus que la loi française ne permet pas encore l’interruption volontaire de grossesse.
"En fait j’avais besoin de le raconter parce qu’on est en 71 donc évidemment l’IVG n’est pas légalisé" débute-t-elle. Elle rappelle le contexte de l’époque, bien différent de celui d’aujourd’hui. "Aujourd’hui merci, on est à l’abri, tout du moins je l’espère, grâce à la constitution." Mais à l’époque, la situation est particulièrement compliquée pour une adolescente. "Quand on a 15 ans on se retrouve enceinte d’un homme qui a 15 ans de plus, que ses parents ne sont pas au courant, c’est très compliqué effectivement" se livre-t-elle.
Dans ces années-là, les femmes qui souhaitaient interrompre une grossesse devaient se tourner vers des solutions clandestines, souvent dangereuses. "L’IVG il faut trouver la bonne personne à ce moment-là." Elle insiste sur les difficultés rencontrées par les femmes à cette époque. Elle rappelle également que le sujet reste encore aujourd'hui encore sensible. "Il y a une femme sur trois qui a recours à l’IVG dans son existence." Mais c’est surtout les jugements et la culpabilisation auxquels les femmes pouvaient être confrontées qui restent encore aujourd’hui dans sa mémoire. Elle se souvient notamment d’une phrase prononcée par une infirmière après l’intervention. "L’infirmière à mon réveil je l’ai entendu dire à ma mère : “si jeune elle a gâché sa vie”."
Pour Catherine Ceylac, évoquer cet épisode n’était pas seulement un acte personnel, mais aussi une manière de témoigner d’une réalité vécue par de nombreuses femmes. "J’ai vraiment voulu témoigner sur cette période de nos vies de femmes. Ce n’est pas un épisode qui a été traumatisant, mais j’avais besoin de l’évoquer" confirme-t-elle. Quelques années plus tard, la journaliste deviendra mère à 19 ans, donnant naissance à son fils Jean-Philippe. Une expérience qui jouera un rôle déterminant dans sa construction personnelle. "Je le remercie tous les jours, car je pense qu’il m’a construite."
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