Eric Cantona et Claire Keim forment le tandem de la deuxième saison de la série Brigade anonyme. Dans cette nouvelle saison, la notion de justice est au cœur des interrogations. Pour TV Grandes Chaînes, Éric Cantona partage sa conception de cette valeur et revient sur ce qui, selon lui, distingue un engagement collectif des actes de destruction. Il évoque notamment l’attitude de jeunes issus de milieux privilégiés, qui choisissent de soutenir des revendications portées par d’autres.
Pour le mari de Rachida Brakni, la justice doit dépasser les intérêts personnels. "Justement, il faut que ça nous dépasse. Si chacun ne voit que son propre intérêt, ça devient égoïste. Une justice noble, ça touche tout le monde", explique-t-il. Il insiste sur l’importance d’une cause qui ne se limite pas à la situation de ceux qui la défendent. À ses yeux, l’engagement prend une autre dimension lorsque des personnes se mobilisent pour des droits ou des revendications qui ne les concernent pas directement.
Je trouve ça beau
Il cite l’exemple de son fils, qui fréquente une grande école. Malgré ce contexte privilégié, celui-ci a souhaité participer à un blocus. Pour l'ancien sportif qui est papa de Raphaël et Joséphine d'une première union et d'Émir et Selma (fruits de ses amours avec Rachida Brakni), cette démarche illustre la possibilité de se mobiliser au-delà de sa propre expérience. "Aujourd'hui, on voit des gamins privilégiés qui se joignent à la lutte de ceux qui n'ont pas leurs privilèges. Mon fils, par exemple, qui est dans une très belle école, a voulu faire le blocus. Je trouve ça beau", confie-t-il.
L’acteur de 60 ans distingue cet engagement des actes de destruction et de vol. Il estime que ces comportements ne portent pas une revendication comparable à celle qu’il associe à une mobilisation solidaire. "C'est une minorité qui détruit et vole", affirme-t-il. Il évoque ensuite la figure de Robin des Bois, dont le geste consiste à prendre aux riches pour donner aux pauvres. Il explique : "Ça aurait été beau si c'était des Robin des bois. C'est magnifique de prendre aux riches pour donner aux pauvres."
Cette comparaison lui permet de souligner la différence entre une action menée au nom d’une cause et des actes qui, selon lui, détournent l’attention de celle-ci. Éric Cantona considère que les casseurs empêchent le débat de se concentrer sur les revendications. "[Ils] n'ont rien à revendiquer et phagocytent le débat", conclut-il.
À travers ses réponses, Éric Cantona revient ainsi sur deux aspects de sa conception de la justice : une solidarité qui peut dépasser les intérêts individuels, et une distinction entre l’engagement en faveur d’une cause et les actes de destruction.