Le 30 janvier 2026, le ministère américain de la Justice a décidé de rendre publics trois millions de nouveaux documents concernant l'affaire Jeffrey Epstein. Si l'homme d'affaires avait été condamné en 2019 et est mort en détention après son procès pour trafic sexuel et exploitation de mineurs, après la publication de ces dossiers, les regards se concentrent de nouveau sur les fréquentations du criminel sexuel.
Parmi les noms cités, ceux d'américains (très) célèbres, comme Bill Gates ou de Donald Trump, mais aussi des français, comme Jack Lang, apparaissant 685 fois dans le "Esptein files". Si le fait que son nom apparaisse dans de nombreux échanges n'atteste en rien son lien avec les crimes sexuels, il a en revanche été avéré que les hommes entretenaient des liens suivis, et s'échangeaient des services.
Comme l'a dévoilé Mediapart le 2 février 2026, l'ex ministre de la Culture aurait notamment demandé à plusieurs reprises à Jeffrey Esptein de lui prêter sa voiture avec chauffeur pour des déplacements de moins de 60 kilomètres. Voire son avion privé pour d'autres voyage, au Maroc notamment.
Ces révélations ont mis avant tout en lumière le rapport jugé problématique du fondateur de la fête de la musique à l'argent. Pourtant, le 15 février, dans les colonnes de la Tribune Dimanche, celui-ci s'est défendu et a affirmé que "jamais de [sa] vie l'argent n'a[vait] été moteur".
"J'ai la passion de l'art et la culture. Je n'ai pas le goût de l'argent", a martelé celui qui se définit comme "un homme du service public". Pour l'attester, l'ancien président de l'Institut du monde arabe (qui a démissionné) a révélé son salaire, resté "le même depuis 13 ans", au sein de l'IMA : 5 200 euros nets par mois après impôts. Un salaire identique à celui de son prédécesseur, Dominique Baudis. "La Cour des comptes observe que cette rémunération est la plus faible de toutes les présidences d'institutions culturelles. Je n'ai jamais fait prendre en charge par l'IMA mes voyages internationaux. J'ai refusé toute voiture de fonction. Je me suis déplacé à pied, en métro, ou en taxi", précise par ailleurs l'ex figure socialiste.
Pour appuyer son propos, celui qui possède un appartement très chic sur la place des Vosges a également tenu à rappeler qu'il avait toujours refusé tout logement de fonction lors de son activité de ministre, entre 1983 et 1989, puis entre 2000 et 2002.
Depuis la montée de la polémique, plusieurs personnes, dont des journalistes, ressortent des anecdotes peu flatteuses sur Jack Lang. Pierre Lescure, président du Festival de Cannes de 2014 à 2022, avait notamment raconté, sur X, dans un tweet supprimé depuis, que l'ex ministre quittait les restaurants et les lieux prestigieux de La Croisette sans jamais régler la note. Une attitude qui lui avait valu de ne plus être invité au Festival. De même, lundi 9 février, le patron du restaurant parisien Chez Edgard, haut lieu du monde politique et médiatique des années 1990 confiait à Le Monde que les Lang lui devaient "plus de dix ans de déjeuners". Enfin, Jack Lang aurait reçu plus de 500 000 euros de costumes Smalto entre 2013 et 2018.
Toujours dans la Tribune du dimanche, le principal concerné se défend pourtant de tout train de vie princier. Affirmant refuser les "mondanités", qu'il "déteste", il dit les avoir toujours évitées, préférant aller "à l'opéra, au théâtre, au concert, au spectacle", avec son épouse Monique.
Quant aux fameuses notes impayées, il affirme qu'il s'agit de "calomnies" qu'il est "honteux" d'exhumer. Pour les costumes, il évoque sa passion pour la mode, et son amitié avec les créateurs Issey Miyak ou Thierry Mugler, qui lui ont proposé "deux, trois fois" de l'habiller.
Choqué par ce déferlement de "polémiques" et de "ragots" à sujet, l'ex homme politique, actuellement au cœur d’une enquête du Parquet national financier (PNF) pour ses liens supposés avec Jeffrey Esptein, a fini par démissionner de l'Institut du monde arabe, maison qu'il a pourtant "dans sa chair", le samedi 7 février.
Jack Lang reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés
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