Sept ans après son arrestation spectaculaire au Japon, la vie financière de Carlos Ghosn a radicalement changé. L’ancien PDG de Renault-Nissan, dont la fortune était autrefois estimée à plus de 120 millions de dollars par Bloomberg, raconte dans une interview sur RTL avec Marc-Olivier Fogiel combien ses démêlés judiciaires ont affecté son patrimoine.
"Ça vous a coûté beaucoup d'argent tout ça. Les deux cautions vous ont coûté plus de 10 millions de dollars, l'évasion se compte en millions également, la justice vous a privé d'une retraite chapeau de 770 000 euros par an de votre poste de PDG chez Renault, aujourd'hui votre fortune a-t-elle complètement fondu ou vous vivez de manière confortable ?", demande le journaliste et ancien dirigeant de la chaîne BFMTV. "Elle a complètement fondu, j'ai beaucoup perdu. Vous oubliez le fait que, en plus de tout cela, la justice française a bloqué tous mes comptes et elle a mis la main sur tous les biens dont je dispose en France. Heureusement pour moi, j'ai quelques ressources au Liban qui me permettent de vivre de manière confortable mais par rapport à ce que j'avais avant, évidemment j'ai beaucoup perdu", répond Ghosn.
Le coût de son évasion rocambolesque reste un des aspects les plus impressionnants. "L'évasion a coûté plusieurs millions, mais ce qui a coûté le plus cher c'est ce qu'il a fallu payer à la justice japonaise pour retrouver la liberté provisoire", précise-t-il, confirmant les informations publiées par RTL en novembre 2025. Selon Le Commerce du Levant et Bloomberg, l’ex-PDG dont les quatre enfants ont tous bien réussi dans les affaires aurait perdu près de 40 % de sa fortune depuis son arrestation. Outre les millions versés aux complices de son exfiltration, la caution japonaise saisie et la location du jet privé utilisé pour quitter le Japon ont largement altéré ses finances.
À l’époque, la planification de son évasion aurait nécessité une équipe de 25 personnes sur six mois. S’y ajoutent la caution de plusieurs millions de dollars déposée pour sa libération sous caution, définitivement perdue après sa fuite, ainsi que la perte de sa retraite chapeau et de certaines rémunérations en actions chez Nissan. La résidence de Beyrouth, acquise par Nissan pour près de 10 millions de dollars, fait également l’objet de procédures judiciaires, illustrant l’ampleur des biens désormais contestés par ses anciens employeurs.
Malgré ces pertes considérables, Carlos Ghosn reste philosophe sur sa situation. Il confie à RTL qu’il vit "confiné" au Liban, avec "quelques ressources" lui permettant de vivre de manière confortable. "Mais par rapport à ce que j'avais avant, évidemment, j'ai beaucoup perdu", admet-il. L’ancien dirigeant ne se considère pas comme un homme de regrets : "Les choses sont arrivées, j'ai réagi par rapport à ce qui est arrivé, je regarde l'avenir. J'essaye de faire au mieux par rapport à la situation que je subis."
Aujourd’hui, son patrimoine est loin de l’opulence d’autrefois, mais il demeure une figure emblématique et controversée de l’industrie automobile, rappelant que le succès peut se transformer en "précarité" en quelques années.
player2
player2
player2