Dix mois après une scène qui avait profondément choqué l’opinion publique, la justice a rendu son verdict. En février 2025, deux chasseurs avaient pénétré sur la propriété de la mère de Luc Besson, dans l’Orne, alors qu’ils poursuivaient un cerf avec une meute de chiens. L’animal, réfugié sur la terrasse de la maison, avait été tué sous les yeux de l’octogénaire, qui avait filmé la scène. Ces images, rapidement relayées sur les réseaux sociaux, avaient suscité une vague d’indignation.
Révolté par l’affaire, le cinéaste avait choisi de ne pas se laisser faire et avait saisi la justice en portant plainte contre les chasseurs en question pour intrusion illégale et abattage non autorisé. De leur côté, plusieurs associations de protection animale, dont la SPA, s’étaient constituées parties civiles. Lors de l’audience devant le tribunal d’Argentan, les chasseurs avaient défendu leur version des faits.
Pour leur défense, les individus avaient affirmé avoir dû faire face à une situation imprévisible, affirmant avoir voulu mettre fin à la souffrance de l’animal. "Je me suis introduit chez Monsieur Besson en sachant que je n’avais pas le droit, pour récupérer mon troupeau", avait reconnu l’un d’eux. Son collègue avait parlé d’un "mauvais concours de circonstances", assurant que le cerf était "affaibli", "en train de gémir" et qu’il n’avait "aucune chance". Mais cette version a été contestée par l’Office français de la biodiversité, qui a estimé que l’animal n’était pas mortellement blessé et que d’autres solutions étaient possibles.
Pour la famille Besson, il n’y avait aucune ambiguïté. Les chasseurs avaient franchi une limite inacceptable en pénétrant sur une propriété privée et en mettant à mort un animal sous les yeux d’une femme âgée. Le 20 janvier 2026, le tribunal d’Argentan a reconnu les deux chasseurs coupables de chasse non autorisée sur le terrain d’autrui et d’utilisation de moyens prohibés. Ils ont été condamnés à des amendes, à un stage de sensibilisation à la réglementation et à la sécurité de la chasse, ainsi qu’au retrait de leur permis pour une durée d’un an. Ils devront également verser plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêts aux parties civiles, tandis que Luc Besson et sa mère ont obtenu l’euro symbolique qu’ils réclamaient.
Si cette décision a été saluée par l’opinion publique, elle n’a pourtant pas apaisé la colère du compagnon de Sarah Saldmann. Invité sur BFMTV, il a exprimé sa satisfaction quant à la condamnation, tout en laissant transparaître son indignation. "Moi, personnellement, en tant qu’être humain, ils auraient été en taule que ça ne m’aurait pas gêné", a-t-il déclaré, qualifiant les faits de profondément choquants. Le cinéaste a également dénoncé l’attitude des chasseurs lors de l’incident : "Ils rentrent dans une propriété. Elle leur dit 50 fois en hurlant et en pleurant : 'Sortez de chez moi. Vous n’avez pas le droit'. Ils ne lui disent pas un mot. Pas un seul mot."
Puis il a décrit la scène avec une émotion palpable : "Ils viennent, ils sortent une dague et ils lui mettent onze coups de couteau devant elle et ils partent sans rien dire." Dans un message publié sur les réseaux sociaux après le verdict, Luc Besson a salué la décision de justice tout en rappelant la gravité des faits : "Je me félicite de la condamnation des 2 chasseurs. J’espère que leur interdiction de chasser pendant un an assortie d’un stage de sensibilisation les fera réfléchir quant à la cruauté de leur geste." Pour le réalisateur, cette affaire dépasse largement le simple fait divers.
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