Derrière la chanteuse qui a marqué plusieurs générations se cache aussi une femme d'affaires attachée à son indépendance. Après cinquante ans de carrière, Tina Arena poursuit son chemin musical à sa manière, notamment grâce à son propre label, Positive Dream Records. Dans un entretien accordé au Carnet de fringale culturelle, l'artiste australienne revient sur cette structure qui lui permet de garder la main sur ses projets. Pour elle, cette autre facette de son métier est avant tout synonyme de liberté.
Posséder son propre label permet à la chanteuse de 58 ans de décider elle-même des orientations de sa musique. Interrogée sur ce que lui apporte cette organisation, la chanteuse résume sa pensée en quelques mots : "La liberté. Tout ce que je n'avais pas vraiment eu avant." Si elle explique être indépendante artistiquement depuis longtemps, elle assume également une approche qui ne repose pas sur les ventes de disques. "On ne vend pas des millions de disques, ce n'est pas le but", précise-t-elle.
Pour l'interprète du titre Aller plus haut, l'essentiel est ailleurs : "Le but, c'est d'être dans mon intégrité, de faire ce que j'ai envie de faire, de contrôler." Avec Positive Dream Records, Tina Arena peut ainsi privilégier ses propres choix artistiques et conserver une maîtrise plus directe de son travail. Une chose qui n'a pas de prix pour la chanteuse et une démarche qui correspond à sa volonté de rester fidèle à elle-même, sans faire des résultats commerciaux son principal objectif.
Cette indépendance prend tout son sens alors que l'ex de Vincent Mancini a déjà traversé plusieurs décennies dans l'industrie musicale. Pourtant, lorsqu'on lui demande ce qu'elle n'a pas encore osé faire après cinquante ans de carrière, la chanteuse ne cherche pas à dresser une liste de nouveaux défis. "Je ne sais pas comment répondre à cette question. Je n'en ai aucune idée", reconnaît-elle. La maman de Gabriel rappelle que, dans son métier, les projets et les ambitions ne garantissent jamais un résultat. "On peut avoir des objectifs, mais ça ne veut pas dire qu'on va les réaliser, parce que tout change, tout est capable de changer. Il n'y a rien de sûr dans notre domaine", explique-t-elle.
Plutôt que de vouloir tout planifier, Tina Arena préfère donc rester ouverte aux possibilités qui se présenteront. "Alors, ce que la vie me propose à partir de maintenant, je ne sais pas", conclut-elle. En octobre, l’actualité de Tina Arena est d'ailleurs particulièrement chargée, entre la sortie de son EP de reprises Way of the World, le documentaire Unravel Me, projeté lors d’une séance unique, et son concert exceptionnel à la Salle Pleyel le 24 octobre. Avec son propre label, la chanteuse s'est en tout cas donné les moyens de poursuivre sa carrière selon ses convictions. Une autre facette de Tina Arena, où la liberté artistique compte davantage que la course aux chiffres.