Arrivée à Paris à l’âge de 2 ans, Jennifer Ayache (42 ans) a grandi entre l’île de la Cité et l’île Saint-Louis, dans les Ier et IVe arrondissements. Une enfance parisienne très libre, sans voiture, passée à arpenter les rues et les quais, avec des parents qui lui accordaient une grande confiance. "Pour moi, c’était ça Paris : une île", confie la chanteuse. C’est d’ailleurs au cœur de cette "île" qu’elle a donné son premier concert.
À seulement 9 ans, à l’occasion de la Fête de la musique, Jennifer Ayache s’installe avec des copains sur le pont reliant les deux îles. Batterie, guitare et reprises de ses artistes préférés sont au programme. Prince, les Rita Mitsouko ou encore Queen font alors partie des morceaux qu’elle écoute chez elle et qu’elle aime jouer avec ses amis. Née en 1983 à Cannes, Jennifer Ayache est la fille de l’humoriste et comédienne Chantal Lauby et de Jean-Pierre Ayache. Elle deviendra quelques années plus tard la chanteuse de Superbus, groupe avec lequel elle connaît le succès.
"Ma mère est restée sur l’île, mais moi je suis partie dans le Marais"
Si sa mère est restée sur l’île, Jennifer Ayache a, elle, choisi de s’installer dans le Marais, où elle vit toujours. "Ma mère est restée sur l'île, mais moi je suis partie habiter dans le Marais et j'y reste. J'ai mes habitudes dans des petits commerces parce que j'aime de plus en plus cuisiner", raconte-t-elle. Elle apprécie particulièrement les petits commerces du quartier, d’autant plus qu’elle prend désormais davantage plaisir à cuisiner. Parmi ses rendez-vous réguliers, le marché des Enfants-Rouges, dans le IIIe arrondissement. Elle y achète notamment du tarama chez le traiteur grec Evi Evane. Mais avant de se mettre davantage aux fourneaux, la chanteuse avait surtout ses habitudes dans les restaurants du quartier. Elle cite notamment le Café Charlot, rue de Bretagne. "C’est très bon, j’y trouve une ambiance new-yorkaise", confie-t-elle.
Le Marais lui plaît aussi pour son atmosphère et les personnalités qui le fréquentent. "La façon dont chacun s’habille dans ce coin, ça peut être drôle", observe-t-elle. Un quartier qu’elle décrit comme "arty", avec ses artistes, ses photographes et ses designers. "Il y a des vibrations uniques", estime-t-elle.
Jennifer Ayache a également vu Paris changer au fil des années. Elle apprécie notamment la place grandissante accordée aux vélos et aux trottinettes. "C’est super qu’on puisse plus facilement faire du vélo et de la trottinette", souligne-t-elle. Elle-même s’est déplacée ainsi pendant un temps, avant d’arrêter. La circulation et la foule restent toutefois un sujet. "Il n’y a qu’au mois d’août qu’on respire", glisse-t-elle, alors que les rues du centre de la capitale se vident en partie pendant les vacances.
Avec son cocker Socrate, Jennifer Ayache connaît aussi les espaces verts parisiens. Elle aimerait toutefois que la capitale en propose davantage pour les chiens. "Ce que je voudrais, c’est davantage de parcs pour chiens", confie-t-elle. Elle se rend notamment au square Georges-Cain pour promener son compagnon à quatre pattes. Car derrière l’effervescence du Marais, un manque demeure : celui de la verdure. "Ce qui me manque encore trop à Paris, c’est l’ombre et la verdure", reconnaît-elle.
Lorsqu’elle ressent le besoin de s’éloigner du tumulte parisien, Jennifer Ayache peut compter sur deux refuges familiaux : la région de Cannes, dans les Alpes-Maritimes, et la Bretagne, d’où est originaire la personne avec qui elle vit. Deux destinations qui lui permettent de retrouver ce que Paris offre moins facilement : le calme, l’espace et la nature. Mais malgré ce besoin d’évasion, Jennifer Ayache reste profondément attachée à la capitale. De l’enfant qui jouait de la musique sur un pont de l’île de la Cité à l’artiste qui a choisi le Marais comme point d’ancrage, Paris semble avoir toujours accompagné son histoire.