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Mathieu Kassovitz : ''Mon public, je l'emmerde''

Mathieu Kassovitz : ''Mon public, je l'emmerde''
Mathieu Kassovitz, le 10 octobre à Lille.
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Pour ceux qui ne le savaient pas encore, Mathieu Kassovitz aime dire ce qu'il pense, surtout quand ça fâche.

Curieusement, c'est le film qu'il a voulu le moins provocateur qui provoque le plus de remous depuis quelques semaines. Il faut dire que pour son septième film, L'Ordre et la morale, Kassovitz n'a pas choisi un sujet facile : la prise d'otage de gendarmes sur l'île d'Ouvéa en 1988 et l'assaut militaire français qui a fait 19 morts en pleine élection présidentielle. La décision de ne plus diffuser le film en Nouvelle-Calédonie déchire depuis le pays, déchiré entre le désir de regarder en face les événements et de censurer un film jugé polémique et caricatural.

Dans le nouveau numéro de Première, Mathieu Kassovitz est pourtant clair : "Quand les Kanaks m'ont autorisé à tourner L'Ordre et la morale, je savais que je n'avais qu'une seule mission : ne pas rouvrir les plaies. Il fallait que je signe une oeuvre pacifique qui aille dans le sens de la réconciliation. Cette donnée a pris le pas sur tout. Sur le film, sur les problèmes d'ego, sur tout le reste."

Ce film, il le porte depuis 10 ans. Alors qu'il rame pour le monter depuis deux ans, il reçoit en 2004 un appel de Joel Silver, grosse pointure du cinéma hollywoodien derrière Matrix et Piège de Cristal : "J'ai commencé par refuser. Je ne voulais pas aller en Australie, mais je lui ai dit que si ça se tournait au Canada, j'étais son homme. Quelques heures plus tard, nouveau coup de téléphone : Silver me donnait rendez-vous un mois plus tard au Canada. J'ai foncé." Le film en question, Gothika, est aux antipodes de Kassovitz.

Ce thriller fantastique qui met en scène Halle Berry en psychiatre accusée du meurtre de son mari et enfermée dans un asile où elle travaillait est au mieux efficace, au pire insignifiant. Mais à l'époque, le réalisateur est à bout : "Je n'avançais plus sur mon projet et je commençais à déprimer. Je n'avais plus une thune. D'un seul coup, on m'offrait un bon producteur, une actrice qui venait d'avoir un Oscar, un scénario plutôt malin et sept mois de tournage. Et oui, ça m'excitait !"

L'expérience d'une machine de studio n'a rien de facile, mais rien ne le prépare au naufrage de Babylon A.D., qui marquera la fin de son expérience hollywoodienne : "Quand ton producteur te lâche, quand ta star te lâche et ne se pointe jamais sur le plateau, ou alors avec six heures de retard, quand les financiers te lâchent... Alors oui, ça devient très compliqué. Et c'est un euphémisme. Ce n'était pourtant pas comme ça au début. Vin Diesel avait adoré La Haine, il voulait travailler avec moi et trouvait le script génial."

Alors Mathieu Kassovitz quitte Hollywood, non sans avoir fait savoir au studio ce qu'il en pense. Y a t-il encore quelqu'un à qui il n'a pas dit ce qu'il pense sans détour ? Il faut remonter à 1995, lors de sa montée des marches à Cannes pour La Haine, pour trouver les origines de son image de bad boy : "Un photographe m'a carrément insulté pour attirer mon regard. 'Eh Kassovitz ! Eh, connard !' Moi, comme un abruti, je me suis retourné et je lui ai fait un doigt d'honneur. Le lendemain matin, c'est évidemment cette photo qui est sortie dans la presse. Ma réputation était faite..."

Depuis, il n'a jamais vraiment arrêté de se marginaliser tout en travaillant au coeur du système : "Mes producteurs m'engueulent en me disant 'Pense à ton public'. Mais mon public, je l'emmerde. J'en veux un différent à chaque film. Si je commence à croire les gens qui me disent 'T'es génial et tes cinq prochains films seront des chefs-d'oeuvre', je suis mort. Je ne vaux plus rien artistiquement. Alors oui, j'ai besoin de prendre des risques."

Mais L'Ordre et la morale n'est pas un film d'adolescent coup de poing. Tout le tapage médiatique autour de la personnalité paradoxalement charismatique et exaspérante de Mathieu Kassovitz ferait presque oublier le nerf du sujet. Comme il le dit si bien lui-même : "J'ai une certitude : c'est un film que j'avais besoin de faire." Décidément, c'est un leitmotiv : Kassovitz plie, mais ne rompt pas.

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans le Première du mois de novembre.

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