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Michaël Youn sur le cinéma français : 'Il y a avoir la carte, et ne pas l'avoir'

La simplicité, le sourire aux lèvres et le tutoiement de rigueur sont les trois règles d'or de Michaël Youn lorsqu'il vient nous serrer la main, José Garcia sur les talons. Posés sur le canapé d'un luxueux hôtel parisien avec vue sur la Seine, les deux bergers de Vive la France nous accueillent à bras ouverts. La fameuse barrière entre le journaliste et l'artiste n'existe pas chez eux. Et ce n'est pas plus mal. Confessions sans tabous de deux hommes amoureux de la comédie et de la France.


Comment est né ce projet ?

M.Y. : A la base, ce sont deux terroristes d'Al-Quaïda qui étaient censés faire un attentat à Milan, et pour des raisons techniques, leur avion a dû se poser à Naples. Les deux mecs sont morts au bout d'une semaine, c'est l'arroseur arrosé en quelque sorte.

J.G. : Il y a en un qui s'est fait abattre par la Camorra, et l'autre, victime de coups de couteaux par des gamins qui voulaient lui piquer ses fringues.

M.Y. : C'est terrible quand même pour ces deux pauvres gars qui ont dû arriver super motivés genre ''on va les bousiller'' et en fait non, tu te fais bousiller parce qu'en fait, Naples, c'est pire que ce que tu peux avoir au fin fond de la Lybie. Et donc je me suis dit qu'on allait transposer ça en France. On va imaginer ces deux gars venant d'un pays où il n'y a rien, animés de mauvaises intentions qui au lieu d'arriver à Paris, se posent à Figari en Corse et là tu leur balances pendant trois quart d'heure tout ce qui peut leur arriver de pire, tous les travers de la France, le régionalisme, l'administration kafkaïenne, l'erreur médicale...


Pourquoi José Garcia ?

J. G. : C'est marrant, c'est la question qui veut revient tout le temps. La vraie question, c'est pourquoi vous posez cette question ?

M.Y. : Non mais c'est normal, ils ont besoin de savoir pourquoi tu es là, ça veut pas dire ''qu'est-ce qu'il fout dans ce projet''...


C'est un choc des générations...

J.G. : Ah d'accord. Effectivement...

M.Y. : On a quoi, 7 ans d'écart.

J.G. : Oui, toi, tu as fait des trucs comme Parle à ma main, c'est un public jeune. Moi, ma génération est moins enfantine...

M.Y. : C'est surprenant qu'on n'ait pas tourné ensemble plus tôt. On a des énergies qui sont tellement proches, une façon de travailler, un humour. Il fallait qu'on se rencontre un jour. [Il imite Céline Dion]. Je suis tellement content de l'avoir rencontré...

J.G. : Dans la comédie, on a tous les deux envie de se fendre la poire, de travailler comme des dingues. On fait face au numérique, on ne s'autocensure pas...

M.Y. : James Huth me disait, ''ne censure jamais les impros, parce que sur 10 impros, tu vas en couper 9, et celle que tu vas garder, c'est peut-être ce qui va être le truc le plus marrant dans le film''. Ça s'est appliqué sur ce film-là : un jour, José est venu en lecture et m'a sorti un [Il prend la voix du personnage de José Garcia] ''c'est intéressant ça quand même'' et c'est devenu une phrase-running.


Qu'est-ce tu vas répondre à ceux qui taxeront "Vive la France" d'être un sous-"Borat" ?

M.Y. : C'est vexant. Sacha Baron Cohen, c'est pas bien tous le temps [il avoue que The Dictator est mauvais]. Les similitudes, faut les chercher quand même, à part le pays en "stan" et les moustaches. Tu peux pas comparer un film à sketches avec caméra cachée, un journaliste qui découvre l'Amérique, et deux mecs terroristes qui veulent écraser un avion sur la Tour Eiffel et qui découvrent le vin et le plan à trois. Y a autant de points communs entre Vive la France et Borat, que Vive la France et Camille Redouble. C'est drôle quand même, parce que t'as Camille Redouble qui est un copier-coller de Peggy Sue et on la nomme au meilleur scénario original, alors que nous on porte des moustaches et 'dis donc c'est un sous-Borat votre truc'. Il y a avoir la carte et ne pas l'avoir.

J.G. : C'est comme Louis de Funès lors des 30 ans de sa mort où on essayait de trouver ses héritiers... Il y a toujours un problème d'héritage ici. Je crois que les comiques de maintenant n'ont rien à voir avec de Funès...

M.Y. : Je suis fan de Borat, mais notre film est beaucoup plus tendre, plus charmant, plus grand public. Vive la France, c'est pas trash, ni spécialement transgressif.


Malgré votre réputation de trublions...

M.Y. : Je préfère avoir cette réputation que de mec peine-à-jouir, ennuyeux. On a des camarades qui ne sont pas bons clients.

J.G. : On n'est pas des trublions. On est des mecs généreux, respectueux. On ne fout pas le bordel là où ça peut gêner. On a envie de rire avec les gens, pas des gens. On a envie de les faire poêler, probablement avec des choses très bêtes et c'est compliqué de les faire. Réussir ça, c'est le meilleur salaire du monde.


Comme personne ne compte investir dans le Taboulistan, vous n'allez pas rendre votre passeport français ?

M.Y. : (rires) Quoique au Taboulistan, il n'y a pas d'impôts. Mais il n'y a pas de revenus non plus. Non, sérieusement, plutôt que de fustiger ceux qui partent, donnons-leur envie de revenir ! On va aller projeter le film à Londres pour leur montrer combien leur pays d'origine est drôle et frais.

J.G. : Ce pays, tout le monde l'aime profondément, mais le problème, c'est que les gens (les jeunes surtout) se sentent montrés du doigt. Ça me fait penser à ces petits jeunes de banlieue qui partent à l'étranger, parce que là-bas, ils sont français. Il faudrait redonner de l'espoir.

M.Y. : Heureusement qu'on surprotège notre cinéma. Sinon, on serait comme l'Espagne, avec un cinéma sinistré.


Donc la taxe à 75%...

J.G. : ... C'est une belle connerie, c'est un effet de manche. Les mecs qui avaient assez se sont barrés depuis longtemps.


Vous n'êtes pas trop payés ?

J.G. : Ah t'es fou ! Viens nous voir sur un tournage, tu verras si on est trop payés.

M.Y. : Tu sais combien ça coûte un kilo de cocaïne, tu sais ? Eh bien voilà !

J.G. : Tu sais combien ça coûte un traducteur russe ?


Des projets à venir dans ce cas ?

J.G. : Je vais refaire un film avec ma femme [Isabelle Doval, NDLR]. Ça s'appelle Starski pour l'instant. [On lui demande La Vérité si je mens ! 4] Non, on a fait le tour de la question, le troisième a pris du temps.

M.Y. : Moi j'ai comme projet de partir en week-end avec ma femme. En revanche, un Vive la France 2, c'est pas impossible...

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