Lundi 16 mars, le guide Michelin a décerné ses étoiles de l’année 2026 depuis la principauté de Monaco en la présence du prince Albert II et de la princesse Charlène, entre autres. Plusieurs figures de Top Chef ont ainsi eu la chance d'être récompensées par le célèbre livre rouge. Rappelons que ce sont en tout et pour tout pas moins de 62 restaurants qui ont décroché une étoile. Et parmi ces établissements, on en compte sept qui ont reçu leur deuxième étoile ainsi qu'un seul qui a rejoint le cercle très fermé des triplement étoilés. Il s'agit de Michaël Arnoult, chef du restaurant Les Morainières à Jongieux, en Savoie.
Le lieu fait rêver. En plus de sa vue imprenable sur le Rhône, les montagnes et les vignes, l'établissement propose une cuisine de qualité. Ces mêmes assiettes qui avaient valu à Michaël Arnoult sa première étoile en 2007 puis la deuxième en 2012. Il aura alors fallu attendre 14 ans pour que le chef de 48 ans décroche le graal, sa troisième récompense. C'est avec son épouse Ingrid qu'il tient le lieu. Le couple propose ainsi des menus à 170 et 240 euros le soir. Le tout dans une approche très ancrée dans son terroir, misant sur l'intensité des goûts et une immense finesse dans l'assiette. Interrogé par Ici, anciennement France Bleu, sur les conséquences de cette récompense suprême, le cuisinier a partagé sa vision des choses avec beaucoup de recul : "Alors forcément, nous avons un flux de clientèle depuis l'annonce qui est assez colossal. Sinon, dans notre façon d'être, notre façon de faire, non, nous n'allons pas changer. Moi, je prends cette troisième étoile comme une chance de pouvoir continuer à effectuer ce travail engagé et d'aller plus loin. Mais ça ne changera rien d'autre."
L'ascension de ce chef s'est construite pas à pas, loin du tumulte médiatique habituel. Formé notamment auprès du célèbre Emmanuel Renaut aux Flocons de Sel à Megève, restaurant trois étoiles dont il a été le second pendant quatre ans, Michaël Arnoult a su gravir les échelons avec patience. Au fil du temps, il a perfectionné son art sans jamais chercher la lumière. Une réserve qui détonne tant dans le paysage gastronomique actuel que le journal Libération a d'ailleurs souligné un détail amusant : le nouveau lauréat ne dispose même pas de sa propre page Wikipédia ! Pas non plus de compte Instagram à son nom. Cet anonymat relatif se reflète également dans la presse internationale. Si le Times britannique évoque un chef "ermite" soudainement propulsé sous les feux des projecteurs, les retombées médiatiques globales restent étonnamment calmes par rapport aux années précédentes. Comme l'analyse avec justesse le journal Le Monde : "Le choix d’un grand discret est aussi une manière de prouver que le Michelin, associé à l’émission Top Chef en 2025, n’a pas totalement succombé aux trompettes de la renommée." Une belle victoire pour la simplicité et l'authenticité.
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