Alors que la justice vient de rouvrir l’enquête sur la mort de Krisztina Rády, relançant malgré eux les proches de Bertrand Cantat et les familles endeuillées dans un cycle médiatique douloureux, François Cluzet a pris la parole sur France Inter pour rappeler que certaines blessures ne se refermeront jamais. Mais l’acteur a surtout mis en lumière une réalité intime : la souffrance de ses enfants face au flot de commentaires et d’“amis” autoproclamés.
“Marie [Trintignant] fait partie de ma vie. Pour moi, c'est évidemment bouleversant de penser à Marie, parce que je l'ai aimée, qu'elle m'a aimé, qu'on a ce fils”, a confié le célèbre acteur. Mais il dit avoir choisi le silence après une mise en garde de son fils : “Un jour mon fils m'a dit, et il devait avoir déjà 30 ans : 'Papa s'il te plaît ne parle plus jamais de Marie à la télé ou à la radio parce que si tu savais comme à chaque fois ça nous redonne un coup de poignard'. Et ce jour-là, je lui ai promis je n'en parlerai plus jamais.”
Ce respect du silence contraste avec le brouhaha médiatique et judiciaire qui entoure à nouveau l’affaire Cantat. Car selon lui, l’histoire de Marie a souvent été confisquée : “Ce qui était dingue c'est que c'était plus votre histoire que la nôtre. On nous parlait d'une histoire qui était notre intimité. C'est complètement dingue, tout le monde parlait de cette histoire sans parler de nous. Et quand je dis de nous, pour moi ce sont les enfants. Et c'est pour ça je comprends qu'à chaque fois, si l'un de nous, les pères, ou qui que ce soit, les faux amis, disent à quel point ils ont tellement bien connu, ça nous fait rire parce que nous nous étions vraiment proches.”
En dénonçant ces “faux amis” qui prétendent posséder une vérité sur Marie Trintignant, celui qui a récemment réglé ses comptes avec un célèbre acteur rappelle que la douleur des proches ne peut se réduire à un récit extérieur, ni servir de prétexte à l’acharnement ou aux postures publiques. Lui-même insiste sur la sincérité d’un lien qui ne saurait être approprié : “Moi j'étais séparé avec Marie mais on riait comme pas un, on a fait des films ensemble, on se connaissait bien, on s'appréciait énormément. Voilà, je comprends pour les enfants ce coup de poignard.”
À l’heure où le nom de Cantat ressurgit une fois de plus à travers le prisme judiciaire et médiatique, ces mots sonnent comme un avertissement : derrière les débats publics, il y a des vies marquées à jamais, qui réclament pudeur et fidélité plutôt que récupération et faux témoignages.
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