Chez les Rothschild, le nom est une institution, mais les liens sont parfois très fragiles. Tandis que la baronne Nadine de Rothschild, âgée de 94 ans, occupe l’espace médiatique pour évoquer ses déceptions familiales, l’une de ses petites-filles, Olivia, trace sa route avec une efficacité redoutable. À 22 ans, la cadette d’Ariane et du regretté Benjamin de Rothschild s’impose comme la nouvelle tête pensante de la Maison Caron, une endormie du luxe rachetée par sa mère en 2018.
Le contexte familial, lui, est loin d'être un long fleuve tranquille. En décembre dernier, la baronne Nadine confiait sur RTL être sans nouvelles de ses quatre petites-filles. Le point de rupture ? Une bataille autour d'une collection d'art inestimable léguée par son mari Edmond. Nadine souhaite en faire un musée à Genève, ce qui priverait ses descendantes de ce pan de l'héritage. "Elle n'a aucun droit sur ma collection", tranchait la baronne en visant sa belle-fille Ariane. Résultat : Olivia et ses sœurs ne communiquent plus avec leur grand-mère depuis des années. Une distance qui n'empêche pas la jeune femme de consolider l'empire.
Loin des plateaux radio, c'est dans le bureau de son père, au siège de la banque familiale à deux pas de l'Élysée, qu'Olivia de Rothschild a pris ses quartiers. Comme le rapportent nos confrères du Figaro, elle y officie en tant que directrice artistique depuis 2023. Le décor est resté inchangé : le bureau de Benjamin de Rothschild, décédé en 2021, sert de base de lancement à ses projets. Sur la table de travail, on trouve désormais les "Formes Libres", des objets design qu'elle a conçus pour Caron (flacons, porte-encens), illustrant sa volonté de moderniser la maison centenaire.
Toujours selon le quotidien, Olivia ne se contente pas de son patronyme. Entre deux voyages au Mozambique ou au Kirghizstan, elle suit des cours en ligne à la Georgetown University. Sa méthode de travail est décrite comme millimétrée : réveils aux aurores avec son lévrier Tic-Tac et une discipline héritée de ses mentors, parmi lesquels elle cite le couturier Azzedine Alaïa, qu'elle a fréquenté dès l'âge de 9 ans, et sa mère, Ariane, qu'elle qualifie de "plus grand role model".
Mais le projet d'Olivia ne s'arrête pas aux parfums historiques de la famille. Elle a lancé en parallèle Oli’s Lab, une plateforme d’e-commerce dédiée à la cosmétique de niche. La structure emploie déjà 12 personnes et sélectionne des marques pointues selon des critères de composition stricts. Une démarche qui s’éloigne des mondanités pour se concentrer sur l’expertise pure. "Une communauté guidée par la confiance, pas par les tendances", explique-t-elle à propos de ce laboratoire digital qui devrait compter 40 marques d'ici 2027.
Ce mois-ci, Olivia de Rothschild inaugure une nouvelle boutique Caron rue Saint-Honoré à Paris. Un écrin stratégique doté d'une fontaine à parfums géante, censé faire taire les critiques. Face aux critiques de certains médias spécialisés comme Glitz, affirmant que la famille "vaporise des millions en pure perte" avec Caron, Olivia répond par une stratégie de croissance globale. Une manière de prouver qu’à 22 ans, elle préfère se concentrer sur les chiffres et la création que sur les querelles familiales.