Toujours aussi passionnée, Véronique Sanson s'est livrée à cœur ouvert dans les pages de Nice Matin de ce mardi 3 novembre. L'icône de la chanson française est notamment revenue sur ses débuts dans un milieu très masculin, confiant que s'imposer n'a pas été de tout repos.
Interrogée par le journal sur sa capacité - rare à l'époque pour une artiste féminine - d'écrire, de composer et d'arranger elle-même sa musique, la star a des souvenirs très vifs. "Ca n'a jamais été facile d'être une femme, il a fallu s'imposer", avoue-t-elle. Il faut dire que l'interprète a dû faire face à des critiques peu flatteuses sur son timbre si particulier. "A mes débuts, quand certains entendaient ma voix, avec des trémolos partout, ils m'appelaient 'la cabrette'...", se souvient-elle.
Au lieu de continuer à traduire des paroles à la con
Mais Véronique Sanson avait une arme redoutable : son talent de musicienne complète. "Ce qui a beaucoup compté dans ma réussite, c'est de pouvoir faire mes arrangements, mes compositions", analyse-t-elle. Une liberté artistique totale qui a bousculé les codes de l'industrie. "Avant, il y avait les yé-yé, toujours des reprises de trucs anglais ou américains", explique l'artiste, avant d'ajouter : "Au bout d'un moment, au lieu de continuer à traduire des paroles à la con, on a eu une nouvelle chanson française avec Souchon, Voulzy... Cela ouvrait de nouvelles portes."
Celle qui s'est tant battue pour faire sa place a d'ailleurs fini par inspirer toute une nouvelle génération de chanteuses, pensant notamment à une figure incontournable de la scène actuelle. "C'est vrai qu'une artiste comme Juliette Armanet, avec qui j'avais partagé une chanson (Une nuit sur son épaule, ndlr) sur mon album Duos volatils, s'il n'y avait pas eu Véro, elle n'aurait jamais fait ce qu'elle a fait", rapporte-t-elle encore à Nice-Matin. Une filiation assumée qui touche la star de 77 ans en plein cœur : "C'est un merveilleux cadeau d'entendre ça, aussi".