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RoboCop : Pourquoi le remake est violemment condamné par la presse américaine

Paul Verhoeven s'en est allé, laissant derrière lui des studios clairement en manque de cinéastes de son calibre. Increvable, la machine hollywoodienne s'est empressée de piocher dans sa fabuleuse carrière américaine pour nourrir les comptables, enchaînant les films de seconde zone - le téléfilm Starship Troopers 2 : Héros de la Fédération (2004) ou le nanar Basic Instinct 2 (2006). Meilleur exemple des limites du système, le Total Recall avec Colin Farrell et Kate Beckinsale s'est planté au box-office après avoir récolté des critiques hyperviolentes plus ou moins méritées. Une malédiction qui semble continuer avec le remake de RoboCop réalisé par José Padilha, malmené depuis des semaines par la presse internationale alors que les premiers plans sont à peine en boîte.

Premier round

Outre l'habituel ramdam propre aux remakes des films cultes, RoboCop 2013 s'est vite attiré la pire des attentions. En août, Drew McWeeny du site américain HitFix a eu accès au scénario du film et s'est permis d'en livrer plusieurs éléments importants sur les réseaux sociaux, avant d'être repris par tous les médias. L'idée de voir les premiers détails d'un film si attendu se répandre sur internet représentant le pire cauchemar d'un studio, il est curieux de voir que la source ne s'est même pas cachée, laissant supposer que les circonstances de la fuite sont douteuses.

Mais la machine s'est emballée à une vitesse éclair. Plombé par une comparaison peu flatteuse avec Total Recall qui sortait la même semaine, RoboCop est descendu en flèche à cause de ses partis pris - une armure construite par les Chinois et testée sur les terroristes, des réfléxions sur la censure et plusieurs indices d'autodérision. Les studios Sony et MGM ne bronchent pas, laissant les échos se multiplier sans être vérifiés - les films de studios passent par de multiples réécritures et les fuites ne précisent rien sur le matériau cité.

Le cou est enfoncé lorsque Fernando Meirelles raconte par accident que son ami José Padilha lutte contre les producteurs pour imposer ses idées : "J'ai récemment parlé à José Padilha au téléphone. Il va commencer le tournage de RoboCop. Il dit que c'est la pire expérience de sa vie. Sur dix idées qu'il propose, neuf sont refusées. Il m'a dit, 'C'est un enfer. Le film sera bon, mais je n'ai jamais souffert à ce point et je ne le referai plus'. Il est amer mais c'est un combattant." Une révélation elle aussi relayée par la presse entière qui condamne immédiatement le studio. Curieuse coïncidence, Hugh Laurie abandonne brutalement le rôle du méchant après des mois de rumeurs. Michael Keaton est rapidement casté pour le remplacer mais le mal est fait. En l'espace d'une semaine ou deux, RoboCop 2013 est classé parmi les victimes de la machine hollywoodienne, rappelant que le départ de Darren Aronofsky en 2010 avait posé un certain nombre de questions.

Deuxième round

Plusieurs semaines s'écoulent sans bruit. Sony et MGM laissent courir les mauvais échos sans le moindre commentaire officiel, celui de José Padilha étant passé inaperçu. Mais la bête des médias se réveille dès les premiers plans tournés à Toronto le 15 septembre. Pas le moins du monde concernée par les fuites certaines, la production laisse Joel Kinnaman se promener sur le plateau dans le costume encore inconnu de RoboCop. Là encore, les médias s'emballent : les images exclusives de ComingSoon sont reprises par les sites du monde entier, chacun livrant sa comparaison peu flatteuse avec les cotumes de Batman et Iron Man.

Au milieu de ce raz-de-marée, Alex Billington de FirstShowing livre ses impressions dans un édito intitulé "Comment Sony et MGM ont juste laissé RoboCop devenir un flop dans l'inaction". Rappelant qu'il considère les clichés de tournage comme une hérésie qui devrait être laissée aux sites people, il explique que le remake a coulé à cause de mauvaises décisions. Il écrit : "MGM (qui distribue via un accord avec Sony/Columbia Pictures) n'a pas joué les bonnes cartes. Non seulement en prenant de mauvaises décisions avec toutes leurs cartes (qu'est-ce qui s'est VRAIMENT passé avec Aronofsky ?) mais ils essayent de bluffer un gros truc et ça ne va pas marcher. Du moins selon moi. En fait, leur bluff est si ouvertement transparent qu'il a provoqué un buzz négatif avant même qu'ils ne tournent un seul plan."

Après avoir signalé que les médias sont curieusement passés à côté des précisions du réalisateur sur ses propos mal traduis, Billington attaque sans détour le studio, seul responsable du désastre qu'il annonce : "À notre époque, les studios ne peuvent pas se cacher derrière un mur de silence face à ce genre de poussée négative. Le pouvoir d'internet peut forger l'avenir d'un film avant même qu'il ne soit tourné". Il explique ainsi que Prometheus et The Dark Knight Rises sont des exemples de marketing moderne, livrant de nombreux éléments pour occuper l'attention. Il cite ensuite le reboot de Jack Ryan de Kenneth Branagh qui a révélé des clichés officiels dès la première semaine de tournage. Plus qu'une critique, FirstShowing partage sa colère et sa déception devant un film qui aurait pu être une réussite : "Ma plus grande plainte c'est que les studios peuvent lancer un meilleur marketing, mais ne le font pas. Ils peuvent utiliser de meilleurs tactiques pour promouvoir et garder l'attention de toute le monde sur du marketing contrôlé, si ça leur importe".

Troisième round

La foi de FirstShowing dans RoboCop s'est évanouie mais rien n'est foncièrement perdu. La réputation d'un film hollywoodien est une forme abstraite, peinte par les vas-et-viens des bandes-annonces et autres éléments promo dispersés par les studios.

Précédé de très mauvais échos, parmi lesquels la rumeur d'un réalisateur interdit de la salle de montage et remplacé par le scénariste, Dredd 3D de Pete Travis a récolté des critiques positives, conquises par un spectacle bourrin et décalé, conscient de ses propres limites de série B ultraviolente. Un procesus de guérison enclancé dès le Comic Con avec la présentation d'une séquence jouissive dédiée au plaisir du public. Probablement inscrit dans la même mouvance, le remake RoboCop ne peut plus compter que sur l'excitation de l'audience, prête à pardonner les faux-pas d'un studio pour embrasser un énième plaisir coupable. À condition que la barre soit vite redressée, au risque de griller toutes ses cartouches avant même d'entrer en post-production.

RoboCop, en salles le 14 août 2013.

Geoffrey Crété

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