Selon les psychologues, les personnes ayant grandi dans les années 80 et 90 ont développé "l'illusion de l'arrivée" à cause des fins heureuses.
Publié le 11 juillet 2026 à 11:42
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Les innombrables fins heureuses des films ont-elles eu une influence négative sur toute une génération ? Selon certaines recherches en psychologie, cela pourrait bien être le cas.
Selon les psychologues, les personnes ayant grandi dans les années 80 et 90 ont développé "l'illusion de l'arrivée" à cause des fins heureuses.
Des psychologues estiment que les films des années 80 et 90, riches en fins heureuses, ont contribué à créer des attentes irréalistes sur le bonheur.

Photo prise par Nathan Dumlao / Unsplash Ce phénomène est appelé le "syndrome de l'arrivée" (arrival fallacy), un concept popularisé par le psychologue Tal Ben-Shahar.

Photo prise par Felipe Bustillo / Unsplash Il désigne la croyance selon laquelle atteindre un objectif important apportera un bonheur durable.

Photo prise par Myke Simon / Unsplash En réalité, le cerveau s'habitue rapidement aux réussites (adaptation hédonique), ce qui pousse à rechercher sans cesse un nouvel objectif.

Photo prise par Jakob Owens / Unsplash Les auteurs invitent donc à ne pas faire dépendre son bonheur uniquement de la réussite, mais à apprécier également le chemin parcouru.

Photo prise par Oziel Gomez / Unsplash

"Ils vécurent heureux pour toujours" est la formule emblématique de la fin heureuse. Dans les années 1980 et 1990 en particulier, de nombreux films se terminaient sur cette note pleine d'espoir, notamment dans les comédies et les films romantiques. Aussi populaires que soient encore aujourd'hui ces œuvres optimistes, la recherche en psychologie suggère qu'elles auraient également produit des effets secondaires moins positifs sur toute une génération. Les chercheurs parlent de ce qu'ils appellent le "syndrome de l'arrivée" (ou arrival fallacy), un phénomène qui toucherait principalement les personnes ayant grandi durant ces décennies. Mais de quoi s'agit-il exactement ?

La réussite ne garantit pas le bonheur

Comme l'explique le magazine Psychology Today, le psychologue et professeur à Harvard, Tal Ben-Shahar, a popularisé le terme "syndrome de l'arrivée". Spécialiste de la psychologie positive et de la recherche sur le bonheur, il l'utilise pour décrire la croyance erronée selon laquelle atteindre un objectif précis nous procurera un bonheur durable. En réalité, cette satisfaction est généralement de courte durée. Le bonheur est un état passager et ne peut être considéré comme un objectif permanent. C'est ensuite qu'intervient le phénomène d'adaptation hédonique : notre cerveau finit par considérer ce succès comme la nouvelle norme. 

Nous nous fixons alors sans cesse de nouveaux objectifs censés nous rendre heureux, alimentant inconsciemment un cycle permanent d'insatisfaction. Les raisonnements du type "si… alors…" ("Si je gagne plus d'argent, alors je serai heureux", ou "Si je rencontre l'amour de ma vie, alors tout ira bien") peuvent certes être motivants, mais ils conduisent souvent à la déception. En effet, le bonheur ne devrait pas dépendre exclusivement des circonstances extérieures ou de la réussite. Se fixer des objectifs est important, mais cela ne peut constituer le seul critère du bonheur. C'est avant tout le processus, le chemin parcouru vers un objectif, qui mérite d'être apprécié. En d'autres termes : ne laissez pas vos pensées tournées vers l'avenir vous empêcher de profiter du présent.

Les films à fin heureuse : un poison culturel ?

Selon Tal Ben-Shahar, les films des années 1980 et 1990 ont également contribué à entretenir ce phénomène. À force de multiplier les fins heureuses, ils auraient nourri des attentes irréalistes, notamment chez les personnes qui ont grandi à cette époque et qui ont construit une certaine vision de la vie. Dans cette perspective, ces fins heureuses seraient devenues une forme de "poison culturel", susceptible d'avoir favorisé les conséquences psychologiques décrites chez une ou plusieurs générations.

Cette analyse est certes assez radicale. Même si le lien entre la profusion des fins heureuses et le syndrome de l'arrivée peut sembler plausible, les films constituent aussi une forme d'évasion bénéfique pour le bien-être psychologique. L'essentiel est sans doute de garder un regard réaliste sur ce que l'on voit à l'écran. Après tout, qui aurait envie que Meg Ryan et Tom Hanks ne finissent pas ensemble dans Nuits blanches à Seattle ?

Par Lucie Louback | Rédactrice
Lucie est une journaliste qui ne veut rien louper. Une dispute un peu bruyante dans la rue ? Elle n’en loupe pas une miette. Une annonce d’une personnalité sur les réseaux sociaux ? Elle reste à l’affût pour écrire un article dessus. Vos célébrités préférées n’ont plus aucun secret pour Lucie qui a bien l’intention de vous faire découvrir leur quotidien très mouvementé.
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