Sonia Mabrouk a démissionné d'un poste éloigné des médias et de la France, elle s'est retrouvée sans travail à Paris
Publié le 24 août 2026 à 11:27
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Avant de devenir l’un des visages les plus connus du journalisme politique, Sonia Mabrouk, qui effectue ce lundi 24 août sa rentrée sur BFMTV, a connu une toute autre vie. Professeure en Tunisie, son pays d'origine, elle a un jour décidé de démissionner et de revenir à Paris sans travail. Un pari risqué qui allait pourtant lui ouvrir les portes du journalisme.
Sonia Mabrouk a démissionné d'un poste éloigné des médias et de la France, elle s'est retrouvée sans travail à Paris
Sonia Mabrouk effectue aujourd'hui sa rentrée sur BFMTV...

Sonia Mabrouk, à Paris, lors de l’enregistrement de "Vivement Dimanche". © Guillaume Gaffiot/Bestimage. En début d'année, la journaliste a quitté CNEWS et Europe 1.

Laurence Ferrari, Sonia Mabrouk   sur le plateau du "Grand Débat Les Républicains"  présenté par L.Ferrari et S.Mabrouk et diffusé en direct sur CNews - Paris le 21Novembre 2021 © Jack Tribeca / Bestimage Sonia Mabrouk était notamment en désaccord avec sa direction sur le fait de conserver Jean-Marc Morandini à l'antenne.

Sonia Mabrouk  - Festival du Livre de Paris 2025 au Grand Palais à Paris le 11 avril 2025.
© Denis Guignebourg / Bestimage Cette rentrée particulière pourrait lui rappeler sa jeunesse du temps où elle effectuait des rentrées scolaires...

Exclusif - Sonia Mabrouk passe devant les studios Rive Gauche à Paris le 5 novembre 2025.

© Anne-sophie Guebey / Bestimage L'ancienne compagne du chef Guy Savoy a en effet été enseignante en Tunisie.

Exclusif - Le Chef Guy Savoy et sa compagne la journaliste Sonia Mabrouk - Laurent Gerra joue son spectacle "Sans Modération", Salle Pleyel à Paris le 09 janvier 2022 © Bertrand Rindoff Petroff / Bestimage

Ce lundi 24 août 2026, c'est jour de rentrée pour Sonia Mabrouk. Une rentrée particulière puisque, après plus de dix ans passés à Europe 1 et près de neuf ans sur CNews, la journaliste a fait le choix de changer de maison. À 19 heures, elle prend les commandes sur BFMTV de 100% Mabrouk, son nouveau rendez-vous d'actualité, d'interviews et de débats, diffusé du dimanche au jeudi de 19 heures à 21 heures, comme l'a annoncé la chaîne.

Une arrivée officialisée en début d'année, dans la foulée d'un départ mouvementé. Le 6 février, Sonia Mabrouk annonçait ainsi directement à l'AFP avoir présenté sa démission de CNews. La journaliste s'était ainsi publiquement désolidarisée de la décision de la chaîne de maintenir Jean-Marc Morandini à l'antenne après que sa condamnation pour corruption de mineurs était devenue définitive. Dans ce communiqué transmis à l'agence, Sonia Mabrouk avait évoqué une "altération certaine et effective" de sa relation avec une partie de la direction et assurait que sa "boussole" resterait la préservation de l'intérêt des victimes.

Une semaine plus tard, le 13 février, elle démissionnait également d'Europe 1. Mais l'affaire Morandini n'expliquait pas, à elle seule, cette rupture. Dans une interview accordée en mars à Paris Match, Sonia Mabrouk, dont le départ ne fait pas que des heureux, le dira clairement : "J'ai mes origines, mon histoire, mes convictions. Elles ne collaient plus avec le groupe dans lequel je travaillais. L'affaire Morandini et mes relations très altérées avec la direction ont été un accélérateur de mon départ."

Cette rentrée sur une nouvelle chaîne pourrait bien rappeler à Sonia Mabrouk d'autres rentrées, beaucoup plus lointaines. Scolaires, celles-ci. Car bien avant d'interroger ministres, responsables politiques ou grands patrons devant les caméras, elle était professeure !

 

Sonia Mabrouk a d'abord été professeure en Tunisie

 

C'est dans son pays natal, la Tunisie que Sonia Mabrouk s'est retrouvée pour la première fois face à une classe. Dans le portrait que Le Monde lui consacrait en juillet 2013, on apprenait qu'après ses études, elle était devenue enseignante à l'Institut des Hautes Études Commerciales de Carthage, établissement dans lequel elle avait elle-même été élève.

Une situation assez particulière puisque la future journaliste avait quasiment l'âge de ses élèves"J'enseignais à des étudiants de troisième cycle qui avaient le même âge que moi", racontait-elle au Monde. Face à une quarantaine d'étudiants, Sonia Mabrouk apprend alors à s'imposer et à prendre la parole devant un groupe. "C'est là que j'ai acquis une certaine autorité en public, appris à tenir une classe de quarante personnes. Cela m'a beaucoup servi après à la télévision !", confiait-elle encore au quotidien.

Le Nouvel Obs, qui lui consacrait à son tour un long portrait en 2017, précisait qu'elle avait également été chargée de travaux dirigés à la Sorbonne. Le magazine résumait alors d'une formule ce qui allait devenir l'un des fils rouges de son parcours : "Son truc, c'est la transmission."


Le président tunisien venait chez elle

 

Cette aisance avec la parole et ce goût de l'échange et de la politique trouvent sans doute leur origine bien plus tôt. Sonia Mabrouk est née à Tunis il y a 48 ans et a grandi comme fille unique dans une famille où la politique était omniprésente. Le Monde rappelait en 2013 que son grand-père paternel, Mongi Mabrouk, avait été ministre du Commerce et que l'un de ses oncles avait été ambassadeur de Tunisie à Paris pendant une quinzaine d'années. Le président Habib Bourguiba fréquentait lui-même la maison familiale"J'ai toujours entendu parler politique à la maison", résumait-elle au quotidien.

Quatre ans plus tard, dans Le Nouvel Obs, elle évoquait à nouveau ces moments auxquelles elle assistait enfant. "Je saisissais des bribes de conversations, je pressentais qu'elles étaient importantes, j'avais l'impression d'être au centre de l'actualité, là où le destin du Maghreb se jouait", se souvenait-elle. Avant d'ajouter : "J'ai toujours adoré être au milieu d'une conversation."

Sonia Mabrouk était alors une élève particulièrement précoce. À 16 ans, racontait Le Monde, elle décrochait son baccalauréat et voulait déjà quitter la Tunisie pour étudier à Paris. Sa mère avait cependant refusé de la laisser partir si jeune. Elle a dû attendre ses 20 ans pour rejoindre la France et poursuivre des études à la Sorbonne. C'est trois ans plus tard qu'elle était retournée à Tunis pour commencer à enseigner.

Sonia Mabrouk et son père durant la 27ème  édition du Festival du Livre de Nice, installé sur le jardin Albert 1er, du 3 au 5 juin 2023. © Bruno Bebert / Bestimage © BestImage, Bruno Bebert / Bestimage

 

Sonia Mabrouk démissionne et revient à Paris sans travail

 

Cette première carrière n'allait pourtant pas durer. Le Monde racontait que le goût de Sonia Mabrouk pour l'enseignement avait fini par se heurter à un sentiment de répétition. La future journaliste avait alors pris une décision radicale : démissionner et revenir vivre à Paris alors qu'aucun travail ne l'y attendait.

La suite de l'histoire tient du hasard. Toujours selon le récit du Monde, dans le taxi qui la conduit d'Orly jusqu'à son appartement, la jeune femme tombe sur un exemplaire de Jeune Afrique, magazine qu'elle lit assidûment. À peine arrivée, elle écrit à Béchir Ben Yahmed, patron du groupe de presse, et lui demande de la prendre à l'essai. Une semaine plus tard, son téléphone sonne.

À Jeune Afrique, Sonia Mabrouk va apprendre le métier, réaliser de grands entretiens, traiter des sujets de société puis se spécialiser progressivement dans la politique. "Jeune Afrique est une très bonne école pour découvrir la rigueur du métier de journaliste", expliquait-elle au Monde.

Quelques années plus tard, un nouveau coup de fil va changer sa carrière. Jean-Pierre Elkabbach remarque l'un de ses articles consacré aux politiques d'immigration. "J'ai besoin de vous sur Public Sénat", lui glisse-t-il. Sonia Mabrouk n'a alors aucune expérience de la télévision, mais accepte de tenter sa chance.

Elle s'impose rapidement à l'antenne et finit notamment par prendre les commandes du journal de 22 heures de la chaîne. Suivront Europe 1, puis CNews en 2017, où Sonia Mabrouk devient progressivement l'un des principaux visages de l'interview politique. Jusqu'à la rupture de février 2026...

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Par Lucie Gosselin | Rédactrice
Journaliste passionnée, depuis plus de 10 ans, je réalise des enquêtes, des portraits, des reportages ou des interviews.
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