Le septième art s'apprête à accueillir une œuvre bouleversante et ô combien nécessaire. C'est le 16 septembre prochain que sortira officiellement dans toutes les salles obscures le film très attendu Histoire de la nuit, signé Léa Mysius. Un projet intense qui explore avec beaucoup de pudeur les complexités de l'âme humaine, les regrets du passé et la solitude au féminin. Dans ce long-métrage dramatique adapté d'un livre de Laurent Mauvignier, la sublime Monica Bellucci endosse un rôle poignant qui s'annonce déjà comme un jalon important pour la cause et la juste représentation des femmes d'un certain âge au cinéma.
À 61 ans, la comédienne prouve qu'elle n'a absolument rien perdu de sa superbe ni de son audace artistique. Ce jeudi 21 mai, la maman de Deva et Léonie Cassel, nées de son union passée avec l’acteur du même nom, était l'une des invitées d'honneur sur France 5. En direct de Cannes, installée face à l'animatrice Anne-Elisabeth Lemoine, la star internationale a profité de cette tribune pour évoquer ce nouveau personnage fort, symbole de la lutte nécessaire contre l'invisibilisation des femmes après 50 ans.
Monica Bellucci s'est confiée avec une immense lucidité sur la psychologie complexe de son personnage, une femme en pleine crise existentielle : “C'est une femme qui a l'impression d'avoir raté sa vie de femme et d'artiste. Le seul attachement qu'elle a vraiment, c'est pour la fille de ses voisins…”. Pour celle qui a si souvent incarné l'archétype de la beauté fatale et de la sensualité à l'italienne, ce projet a nécessité un abandon total au scénario. “Cette femme, pour moi, c'est un peu un défi. C'est très loin de mon tempérament italien. Elle a un côté dur, presque refermée sur elle-même. Aussi pour la représenter, c'était important de raconter son aspect physique avec vérité. C'est une femme qui a pris de l'âge. C'est une femme mûre. [...] Elle dit à un moment : "Nous les femmes, à partir d'un certain âge, on devient transparentes”, explique la comédienne.
C'est un constat percutant sur la société actuelle dont fait état le film. Constat, même amer, auquel Anne-Elisabeth Lemoine a immédiatement réagi : “On est isolées, invisibles.” Monica Bellucci renchérit alors : “Isolées, invisibles, c'est ce qu'elle dit. Mais moi je dois dire qu’en tant que comédienne, c'est intéressant de prendre de l'âge. Bien sûr on change physiquement mais en même temps je pense que ce qui est important c’est ce qu’il se passe à l'intérieur. On a la capacité de raconter d'autres sentiments, d'autres états d'âme, et aussi de raconter d'autres aspects de la vie." Honnête et visiblement plus à l'aise que jamais avec sa maturité, l'actrice conclut : "Moi, je dois dire que ce rôle-là, je n'aurais pas pu le jouer quand j’avais 30 ans ou 40 ans, même avec l'aide du maquillage.” Un message d'utilité publique, applaudi par le public, qui rappelle que les femmes n’ont ni date de péremption dans la vie, ni au cinéma.
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