"J'ai payé de dire les choses". Humoriste depuis ses débuts, comédienne dans plusieurs films… Muriel Robin est aussi, voire avant tout, une femme engagée. Militante pour les droits des femmes, elle n'a jamais eu peur de dire ce qu'elle pensait sur des sujets parfois polémiques. Et selon elle, sa sincérité lui a coûté très cher. Surtout sur sa carrière au cinéma. Dans 20h30 le dimanche ce 21 décembre, elle a regretté de ne "pas avoir d'histoire" avec le 7e art, car elle s'estime boycottée par l'industrie.
"Il n'y a pas un scénario qui arrive. Pas un. Je ne suis pas faite de cinéma, ce n'est pas que j'ai refusé", a-t-elle confié lors de son interview en plein Paris menée par Laurent Delahousse. Dans les années 1980 puis 1990, Muriel Robin a eu plusieurs rôles devenus cultes, comme dans Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 de Jean-Marie Poiré ou Bonjour l'angoisse de Pierre Tchernia. Mais depuis les années 2000, ses apparitions sont beaucoup plus rares.
Cette année, elle revient dans La Pire Mère du monde de Pierre Mazingarbe. Elle y incarne un personnage symbolique, Judith de Pileggi, une mère qui ne sait pas parler de ses sentiments. Une mère qui aurait pu être la sienne. Et malgré ce retour particulier, Muriel Robin garde la dent dure contre le cinéma. "On ne vous veut jamais. Jamais on ne pense à vous. Pendant 30 ans, jamais ça ne vient jusqu'à vous", a-t-elle lâché, visiblement touchée.
Oubliée par le cinéma, l'épouse d'Anne Le Nen en a beaucoup souffert. "Si ça, ça ne fait pas pleurer… Ça, ça met par terre", a-t-elle reconnu. Depuis des années, elle a traversé des périodes sombres, "quatre dépressions" et un alcoolisme sur lequel elle a levé le voile il y a peu. Malgré tout, Muriel Robin continue d'y croire, comme "une enfant". "Je veux qu'ils m'aiment, je veux qu'ils me prennent par la main, je veux qu'ils me disent : 'toi, tiens, on aimerait bien que tu sois avec nous'", a-t-elle ajouté sur France 2.
Et puisque l'enfant qu'elle était n'a "pas eu" cette attention et cet amour, elle aimerait aujourd'hui être "adoubée par les gens qui font le même métier". "Ils m'ont tuée, ils m'ont flinguée. Ils m'ont flinguée complètement… On peut l'entendre, ça, je crois", a estimé Muriel Robin face au compagnon d'Alice Taglioni. "Touchée" que Pierre Mazingarbe pense à elle pour La Pire Mère du monde, en salles le 24 décembre, elle n'a donc pas hésité à accepter ce rôle particulier.
Surtout qu'il fait écho à sa propre enfance. "C'est moi qui apportais les mots à la maison, le langage, l'amour, se toucher, s'embrasser…", a-t-elle rappelé dans 20h30 le dimanche. Et puisqu'elle a souffert du mutisme de ses jeunes années, l'humoriste de 70 ans met un point d'honneur à communiquer avec sa femme. "On parle beaucoup, on n'est pas parties tout de suite à la première engueulade, peut-être qu'on aurait pu…, disait-elle dans Quelle époque !. On fait en sorte que la relation soit de plus en plus intéressante. On prend des décisions, on prend la décision de ne pas se disputer."
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