Chico Bouchikhi du groupe Chico & The Gypsies est très en colère, et il le fait savoir. Sur son compte Instagram, l’ancien membre fondateur des Gipsy Kings a publié un long communiqué après la diffusion du documentaire Gipsy Kings : le temps des gitans, écrit et réalisé par Richard Minier et coproduit par Arte. Le musicien dénonce, sur le réseau social, vendredi 22 mai 2026, un projet qui chercherait, selon lui, à amoindrir son rôle dans l’histoire du célèbre groupe de rumba gitane. Le documentaire en question a été diffusé le soir même à la télévision. Sa réactio a, donc, été immédiate.
"J’ai été profondément choqué", écrit-il d’emblée dans cette prise de parole publique. Chico Bouchikhi qui a joué avec son groupe aux obsèques de Brigitte Bardot reproche, notamment, au documentaire de retracer "la saga musicale nomade et chaleureuse des Gipsy Kings" sans jamais donner la parole aux trois cofondateurs historiques du groupe : Nicolas Reyes, Tonino Baliardo et lui-même.
Le musicien de 71 ans juge que l'histoire qui a été romancée à la télévision ne reflète pas la vérité, bien au contraire. D'ailleurs, ce qui semble le plus blesser l’artiste, c’est la manière dont il aurait été évincé du programme. "Le documentaire poursuit manifestement un seul objectif : minimiser mon rôle, voire m’effacer de cette histoire", accuse-t-il.
Dans son communiqué, Chico Bouchikhi revient, notamment, sur l’origine du nom "Gipsy Kings", qu’il affirme avoir lui-même imaginé. "À l’époque, personne n’en voulait. Personne ne parvenait même à le prononcer correctement", raconte-t-il. Convaincu que le groupe aurait un jour une carrière internationale, il souhaitait selon ses dires remplacer le nom Los Reyes, parfois confondu avec d’autres formations latino-américaines.
L’artiste assure, également, avoir joué un rôle clé dans le rapprochement entre les familles Reyes et Baliardo. "Chacune voulait rester dans son coin", explique-t-il, précisant avoir été "le premier à comprendre qu’en réunissant leurs talents, nous pouvions créer un groupe unique."
Autre point de tension : la dimension musicale du groupe. Chico Bouchikhi conteste les propos du réalisateur attribuant au producteur Claude Martinez la fameuse “touche” musicale des Gipsy Kings. Selon lui, les arrangements mêlant rumba gitane et rythmiques électriques seraient en réalité l’œuvre du bassiste et arrangeur "Gérard Prévost", dont il regrette l’absence dans le documentaire.
Une prise de parole forte qui intervient alors que les Gipsy Kings continuent, près de quarante ans après leurs débuts, de faire danser le public avec des titres devenus cultes comme Bamboléo, Djobi Djoba ou encore Volare.
Après avoir explosé dans les années 80, le groupe implose. Chico Bouchikhi claque la porte, en 1991, à cause de désaccords financiers avec leur manager de l’époque, Claude Martinez. Au fil des années, les tensions internes ont conduit à l’éclatement du groupe en plusieurs formations distinctes. On retrouve, aujourd'hui, sur la scène musicale : Gipsy Kings featuring Tonino Baliardo, Gipsy Kings by André Reyes et Chico & The Gypsies.
player2
player2