Lors d'une interview réalisée par Karima Charni — découverte en tant que candidate de la saison 4 de Star Academy en 2004 — pour le média Ode en plein Festival de Cannes, Mosimann s'est laissé aller à de rares confidences. Lui qui a remporté la saison 7 de la célèbre émission de TF1 avant de s'imposer comme l'un des DJs les plus en vue de sa génération, parle carrière, improvisation et rapport au succès avec une franchise désarmante.
Karima Charni : J'ai besoin de savoir ce que tu as ressenti quand on t'a appelé pour te dire "tu vas faire ça" Pour rappel, Mosimann a remixé en direct la musique de Mission : Impossible face à Tom Cruise en pleine montée des marches, ndlr)
Mosimann : "J'ai appelé ma mère ! J'ai dit : "Maman, je crois que Tom Cruise a demandé à ce que je mixe sur..." Mais attends, c'est pire que ça ! Cela faisait longtemps que j'avais prévu de partir en croisière avec ma grand-mère. Il a fallu que j'annule. J'ai appelé ma grand-mère pour lui dire : "Mémé, il y a Tom Cruise qui veut que je vienne mixer pour le Festival de Cannes !" Elle m'a dit : "Ah mais vas-y !""
K.C : Comment on surpasse tout ça ?
Q.M : "On ne surpasse pas. Ce sont des conneries, ça. Je n'ai pas réalisé. Au bureau, j'ai le trophée de la Star Ac' qui est posé. Parfois je passe devant, je me dis : 'Mais attends, j'ai fait la Star Ac' ?' Je trouve ça fou, et je n'ai pas du tout réalisé. Je pense sincèrement que... c'est comme si toi je te disais : 'Tu te rends compte de la présence télévisuelle que tu as aujourd'hui ?', je pense que le jour où tu réalises, c'est que tu es arrivé au bout. Et le jour où tu es arrivé, il faut arrêter."
K.C : Tu crois vraiment ça ?
Q.M : "Ah oui. Le jour où je me regarde dans le miroir en me disant 'tu as vu ce que tu as fait ?', c'est qu'il faut tout arrêter tout de suite. Et que tu n'es pas au bon endroit."
K.C : Donc pour toi, le Festival de Cannes, ça reste un rêve.
Q.M : "C'est un rêve. Je suis un petit garçon qui rêve. Plus jeune, j'aurais pu être le petit garçon qui se met sur l'escabeau pour prendre des photos et demander des autographes. Là, je suis de l'autre côté, et je suis hyper conscient de ça."
Cette philosophie de vie irrigue aussi sa façon de travailler. Mosimann ne supporte pas les choses trop écrites à l'avance :" Imaginons que j'ai une boîte avec 500 à 600 tracks. En fonction de l'heure à laquelle je joue, du pays, de qui joue avant moi, des gens présents... j'essaie de créer une histoire, de raconter quelque chose. On a tous les deux fait la Star Ac', on a grandi dans le milieu de la musique, et il y a quand même ce petit trauma : quand j'étais un jeune homme de 25 ans — il en a aujourd'hui 38 — et que je chantais, que ça se passe bien ou pas, il fallait quoi qu'il arrive continuer la setlist (document répertoriant les morceaux joués par un artiste, ndlr). Ça, c'est pas possible pour moi. Impossible. C'est ce qui est magique quand on est DJ : quand tu joues un titre et que t'as l'impression que ça passe pas trop, tu as une infinité de possibilités pour aller où tu veux. Et la destination, c'est toujours la même : le lâcher-prise, le climax, le partage."
À noter que si Mosimann est présent cette année sur la Croisette, c'est parce qu'il animera plusieurs soirées tout au long du festival. C'est ce qu'il a en tout cas indiqué au cours de cette interview qui a été tournée au Loft Akili Mirari de l'agence Akili Partners.
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