C’est dans une entrevue avec Le Parisien, que ce grand humoriste français a levé le voile sur son enfance et sa vie parisienne. Il est né dans le XVIIe arrondissement et a grandi dans le XIIIe, à une époque où, dit-il, Paris ressemblait encore à un village. Enfant, il vivait dans un petit appartement familial, dans un quartier populaire où tout se faisait à pied. Les immeubles n’étaient pas trop hauts, "on pouvait voir le ciel". L’école, la boulangerie, le cinéma au coin de la rue… Un Paris simple, accessible, humain.
Très tôt, le quartier de l’Opéra a marqué son parcours. Adolescent, il y prenait le bus pour rejoindre les théâtres et découvrir les coulisses des salles mythiques. À seulement 12 ans, il montait déjà sur scène dans une comédie musicale. Il a aussi fréquenté Les Halles à l’époque des anciens entrepôts, sillonné le Marais avec ses amis d’enfance et vu émerger le quartier asiatique près de la porte d’Ivry. "J’ai vu la ville se transformer", résume-t-il, avec un mélange de nostalgie et de lucidité. Avec les années, pourtant, son regard sur Paris a changé.
Lui qui se définit comme nomade, toujours en mouvement pour son métier, confie ne plus s’y sentir vraiment chez lui. S’il affirme sans détour : "J’aime Paris, c’est la plus belle ville du monde", il nuance immédiatement. Aujourd’hui, il ne vit plus dans la capitale. "Je n’y habite plus d’ailleurs. Je réside à 14 km, près d’un bois." Un choix assumé pour le trublion des Inconnus, Pascal Légitimus.
Les raisons ? Elles sont très concrètes. "Paris est pollué, on ne peut plus conduire comme il faut, ça coûte trop cher." Il évoque les parkings hors de prix : "Deux heures, c’est 24 euros…" Et tranche : "J’ai connu le Paris normal. Le Paris d’aujourd’hui est devenu inhumain." Selon lui, "il y a des caméras partout, des flics partout, c’est du contrôle tout le temps". Mais au-delà des aspects pratiques, c’est surtout l’âme de la ville que celui qui vient de fêter ses 50 ans de carrière regrette. Il évoque la disparition progressive des petits commerçants au profit des grandes enseignes et des boutiques de luxe. Pour lui, Paris a perdu ce côté village qu’il a connu enfant. "Il n’y a plus la place pour les petits commerçants", déplore-t-il, estimant que la capitale s’est uniformisée.
Dans ses souvenirs, les boulangeries proposaient du pain à l’ancienne, les artisans faisaient partie du quotidien et les cafés de quartier étaient des lieux de vie. Aujourd’hui, il a le sentiment que tout est pensé pour la consommation rapide et les visiteurs de passage. "Finalement, Paris a été conçu pour les touristes et non pour les Parisiens", lâche Pascal Légitimus, sans détour. Pour autant, il ne renie rien de son histoire avec la capitale. Il continue d’y emmener ses amis étrangers pour admirer la tour Eiffel ou flâner dans les vieux quartiers. Il cite le Louvre, Montmartre, les ruelles du Marais, les bistrots historiques de Saint-Germain-des-Prés. Son attachement reste intact, mais son quotidien, lui, n’est plus dans la capitale française.
À 14 kilomètres de Paris, il a trouvé un équilibre plus apaisé. Proche de la nature, loin du tumulte permanent, il assure ne rien regretter. Cette distance lui permet de conserver le meilleur de la capitale tout en se protégeant de ce qu’il considère comme ses excès. Un pas de côté pour continuer à aimer la ville autrement, sans en subir le rythme.
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