André Dussollier a fêté ses 80 ans en février dernier et l'acteur n'a rien perdu de sa vivacité ni de son goût pour le travail bien fait. Une mauvaise chute, sur une pente raide à Annecy, fin juillet, lui a valu deux vertèbres fracturées et une immobilisation de quatre mois. Un épisode qui ne l'empêche toutefois pas de rester tourné vers le positif. Dans les colonnes de Paris Match il y a quelques semaines, il revenait notamment sur le temps qui passe, confiant que cela ne l'inquiète absolument pas. Loin de toute mélancolie, il préfère porter son attention sur le mouvement et les plaisirs simples du présent. "On reste toujours la même personne, seule l'enveloppe se modifie. L'état de mon corps va déterminer mes prochaines années", explique-t-il tout d'abord.
Pour vivre de la meilleure manière possible, André Dussollier a trouvé une philosophie qui lui convient parfaitement. "On est averti dès le départ que tout peut arriver et qu'il y a une fin : on ne connaît simplement ni la date ni l'heure", rappelle le comédien. Puisque toutes les bonnes choses ont une fin, ce dernier préfère se concentrer sur ce qu'il peut encore accomplir plutôt que de se laisser envahir par les regrets. "J'aime les éphémères, dont la vie est brève et forte. Je pense, comme la chanteuse Barbara, qu'il faut recommencer sa vie tous les jours", déclare André Dussollier. Une façon d'appréhender l'existence qui lui permet de ne pas s'attarder sur le passé et de profiter pleinement de ce que chaque journée peut lui offrir.
Si certaines personnes ont beaucoup de mal à aller de l'avant sans s'inquiéter de ce que l'avenir leur réserve, ce n'est pas le cas de l'acteur. "Je ne suis pas un mélancolique : je me confronte, chaque matin, aux merveilles du monde", explique-t-il. Pour André Dussollier, chaque réveil représente ainsi une nouvelle occasion de s'émerveiller et de découvrir ce que la vie a encore à offrir. Une philosophie qui prend tout son sens, alors même que les aléas de l'existence lui rappellent que rien n'est jamais acquis. Plutôt que de regarder en arrière avec regret, le comédien préfère donc avancer, s'ouvrir à de nouvelles expériences et accueillir les surprises du quotidien. Une manière de vivre qui fait écho à cette phrase de Barbara qu'il a donc fait sienne.
Cette philosophie de vie se trouve dans son parcours puisque, enfant, le comédien a grandi dans un environnement qu'il décrit comme très ordonné, avec un quotidien rythmé par l'école et la maison. Il a notamment expliqué avoir longtemps ressenti la classe comme une contrainte. C'est finalement dans le sport et le théâtre qu'il a trouvé une forme de liberté. Deux univers qui lui ont permis de sortir du cadre dans lequel il avait grandi et de s'ouvrir à d'autres horizons. Aujourd'hui encore, il revendique ce besoin de mouvement et de découverte et il n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin.