Thierry Marx s’apprête à tourner une page de sa carrière. Pour rappel, il avait été élu à la tête de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) fin 2022. Et c'est acté, le chef ne briguera pas de second mandat. Une décision qui intervient après quatre années mouvementées à la tête de cette organisation patronale majeure, qui revendique 35 000 adhérents et 106 fédérations départementales. Pour lui succéder, deux candidats se sont déclarés : Franck Chaumès et Brice Sannac. L’élection doit se tenir en octobre.
En quatre ans, Thierry Marx aura notamment dû composer avec de fortes tensions internes. Stéphane Manigold, président de la branche restauration de l’Umih Ile-de-France, s’était présenté face à lui en 2022 et a régulièrement contesté sa légitimité à diriger l’organisation. Dans une interview accordée fin août à Challenges, le chef est revenu sur ces années difficiles : "Lorsque j’ai pris ce mandat en 2022, je n’imaginais pas que l’on me ferait de façon systématique un procès en illégitimité." Et d'évoquer les accusations portées contre lui : "J’ai été mis en cause personnellement sur de prétendus liens avec l’industrie, j’ai attaqué en justice et j’ai gagné." Malgré cette bataille judiciaire, Thierry Marx ne souhaite pas poursuivre. "Je n’arrête pas mes engagements associatifs mais c’est fini pour le syndicalisme", a-t-il confié à Challenges. Une décision qui marque donc la fin d’un unique mandat pour le chef, après la présidence de Roland Héguy, resté douze ans à la tête de l’Umih.
La course à sa succession est désormais lancée. Franck Chaumès, restaurateur bordelais de 60 ans et président de la branche restauration de l’Umih, a officialisé sa candidature au début de l’été. Il a expliqué avoir échangé avec le chef sortant avant de se décider : "Après avoir échangé avec Thierry Marx, qui m’a confirmé sa volonté de ne pas solliciter un nouveau mandat, j’ai pris ma décision. Je suis candidat, aux côtés de Valentin Prudon, président de l’Umih Corrèze et Creuse, hôtelier engagé, homme de terrain." Face à lui, Brice Sannac, 36 ans, hôtelier-restaurateur perpignanais et co-président de l’Umih Occitanie, défend une organisation qu’il juge aujourd’hui "trop verticale". Avec sa colistière Céline Viale, il souhaite notamment attirer de nouveaux adhérents dans les territoires et renforcer la défense des professionnels. "Le secteur a besoin d’une Umih forte et crédible", estime-t-il à l'AFP. Le prochain président devra notamment s’attaquer aux difficultés économiques du secteur, alors que les professionnels affrontent la baisse du pouvoir d’achat et la hausse des coûts, mais aussi préparer les échéances politiques de 2027. Le conseil de surveillance doit valider la liste des candidats le 17 septembre, avant le vote des présidents des fédérations départementales en octobre. Thierry Marx, lui, s’apprête à refermer ce chapitre, tout en poursuivant ses engagements associatifs.