La psychologie explique que les retraités les plus heureux ne sont pas ceux qui restent occupés
Publié le 14 septembre 2026 à 14:21
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La peur d'un emploi du temps vide pousse de nombreux retraités à multiplier les occupations qui ne les satisfont pas, engendrant un sentiment d'insatisfaction permanente.
La psychologie explique que les retraités les plus heureux ne sont pas ceux qui restent occupés
La retraite ne garantit pas automatiquement un plus grand bien-être.

Photo prise par Sven Mieke / Unsplash Avoir beaucoup de temps libre peut être déstabilisant pour certains retraités.

Photo prise par Christian Bowen / Unsplash Remplir son agenda à tout prix ne suffit pas à être heureux.

Photo prise par Esther Ann / Unsplash Les activités épanouissantes, les loisirs et les liens sociaux favorisent le bien-être.

Photo prise par Roberto Nickson / Unsplash Le départ à la retraite peut entraîner une perte de routine, de repères et d’identité.

Photo prise par Oppo Find X5 Pro / Unsplash

Qui n'a jamais rêvé de prendre sa retraite et d'oublier à jamais le réveil, la pression et le stress au travail ? Pourtant, se libérer des obligations professionnelles ne se traduit pas toujours automatiquement par un plus grand bien-être. Nombreux sont ceux qui ont du mal à abandonner leur vie active et à s'adapter à un rythme de vie beaucoup plus tranquille.

Et en effet, gérer son temps libre représente un défi pour beaucoup. À cet égard, les spécialistes du vieillissement et de la psychologie nous rappellent que disposer de plus de temps libre n'est qu'un aspect de la question : ce qui compte vraiment, c'est la manière dont ce temps est utilisé et le sens que donnent les activités qui composent notre quotidien.

En réalité, de plus en plus d'études suggèrent que les retraités les plus satisfaits ne sont pas forcément ceux qui ont un emploi du temps surchargé, mais plutôt ceux qui s'adonnent à des activités enrichissantes et épanouissantes. Cultiver des loisirs, entretenir des liens sociaux, apprendre de nouvelles choses ou participer à des activités utiles contribue à préserver un sentiment d'utilité et à améliorer la qualité de vie. La différence, selon les experts, réside dans le fait de consacrer du temps à ce qui donne un sens à sa vie, au lieu de simplement le remplir pour éviter l'ennui.

Il y a une différence entre occuper son temps et le gaspiller

L'étude de Harvard sur le développement adulte, l'une des études longitudinales les plus vastes sur le bien-être (commencée en 1938 et toujours en cours), aboutit à une conclusion qui peut paraître étrange à ceux d'entre nous qui attendent avec impatience la retraite : nombreuses sont les personnes qui n'atteignent pas le bonheur après avoir quitté leur emploi. Et la raison n'est ni financière ni liée au fait que le fonds de pension qu'elles ont constitué pendant la moitié de leur vie ne leur permette pas de maintenir leur niveau de vie.

Robert Waldinger et Marc Schulz, respectivement directeur et co-auteur de l'étude, expliquent que ce qui manque le plus aux retraités, ce n'est ni leur salaire ni même le travail en lui-même. C'est le contact humain quotidien, les collègues, les conversations anodines dans les couloirs. C'est le rôle que le travail jouait au sein d'un groupe, au sein de la société.

Un agenda vide donne le vertige

Avoir du temps libre ne signifie pas avoir du temps personnel. Le premier survient lorsqu'une obligation disparaît. Le second exige quelque chose de plus complexe : savoir ce que l'on veut en faire et pourquoi.

Nombreux sont les retraités qui abordent cette étape de leur vie avec la même logique qui les a guidés pendant des décennies au travail : productivité, performance, justification de chaque heure. Et puis, une fois leur agenda vide, leur premier réflexe est de le remplir à nouveau. Cours d’anglais, séances de sport, ateliers de cuisine, voyages organisés… Non pas par envie particulière, mais parce que le vide leur paraît insurmontable. L’activité devient un remède, non plus un but.

La psychologue Ana Galán, qui a abordé ce phénomène dans une interview publiée par La Vanguardia, l'explique par une phrase qui ne laisse que peu de place à l'interprétation : "À la retraite, beaucoup de gens ont le sentiment de perdre une partie de leur identité et éprouvent un sentiment d'inutilité". Pendant des décennies, le travail a façonné leur quotidien, mais aussi une partie de leur identité.

Après la retraite, une partie de l’identité peut aussi vaciller

Lorsqu'on aborde le sujet de la retraite, les questions de pensions, de santé, d'activité physique et de possibilité de voyager toute l'année, et pas seulement en été, sont inévitablement soulevées. Pourtant, pour une part importante de la population, quitter son emploi signifie perdre le cadre qui, pendant des années, leur a apporté structure, reconnaissance et sentiment d'appartenance.

Une étude publiée dans PubMed Central sur les transitions de vie chez les personnes âgées suggère que la retraite entraîne la perte d'une routine quotidienne que beaucoup ont maintenue pendant des décennies. Sans objectifs professionnels précis, les journées peuvent perdre leur rythme et leur direction. Ce vide, dans bien des cas, ne se comble pas simplement en ajoutant des occupations à l'agenda.

Ana Galán souligne également ce point : "La routine agit comme un soutien émotionnel discret." Se lever à une heure précise, sortir prendre l’air ou maintenir des contacts sociaux réguliers sont de petits gestes qui ont un impact considérable sur notre humeur et notre énergie.

Le philosophe et psychiatre Viktor Frankl explique que la motivation première des êtres humains n'est ni le plaisir ni le pouvoir, mais la quête de sens. Et cela ne change pas après 65 ans. Le problème, c'est que beaucoup de personnes atteignent la retraite sans y avoir réfléchi. Elles ont passé des décennies à être utiles au sein d'un système qui organisait leur temps, leurs relations et leurs objectifs. Lorsque ce système disparaît soudainement, elles découvrent qu'elles n'avaient pas de projet personnel, seulement un projet emprunté.

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Par Lucie Louback | Rédactrice
Lucie est une journaliste qui ne veut rien louper. Une dispute un peu bruyante dans la rue ? Elle n’en loupe pas une miette. Une annonce d’une personnalité sur les réseaux sociaux ? Elle reste à l’affût pour écrire un article dessus. Vos célébrités préférées n’ont plus aucun secret pour Lucie qui a bien l’intention de vous faire découvrir leur quotidien très mouvementé.
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