Si aujourd'hui tout réussit à la chanteuse, le 13 juin dernier, face à Juliette Fievet, Amel Bent a posé des mots forts sur son histoire : “Toute ma vie est faite pour que ça ne marche pas, pour que ce soit de la merde, vraiment, dès le départ. Avant même que je naisse. Tout est fait pour que je sois une haineuse”, a-t-elle confié avec émotion. Pendant des années, l'artiste a eu le sentiment de porter un poids immense sur ses “petites épaules”, elle a cru à une “malédiction”. Pourtant, malgré l'absence de son père, l’interprète de Ma Philosophie raconte avoir grandi sans ressentiment grâce à sa mère, qu'elle décrit comme une femme forte et particulièrement intelligente. “Elle n'a jamais rien dit sur mon père”, souligne-t-elle, convaincue d'avoir été préservée par cette attitude.
Alors plutôt que de céder à la colère, la maman de Sofia, Hana et Zayn, a cherché à comprendre ce qui l'entourait. Elle voulait qu'on lui explique, elle voulait “comprendre le monde. Si je dois être malheureuse, si je dois vivre dans une forme d'injustice, si je dois vivre avec des cris, des insultes, ok, mais je veux essayer de comprendre”, a-t-elle expliqué dans Légendes Urbaines. Et c'est dans la musique qu'elle a trouvé refuge. Comme elle confiait dans Un dimanche à la campagne en octobre 2025, “la chanson c'est ma meilleure amie, c'est le remède contre la solitude, c'est le remède contre l'injustice”. Elle allait régulièrement dans des chorales grâce l'aide associatif de la Courneuve et se sentait portée par cette émotion partagée : “Dès que je chantais, je me sentais mieux”, se souvient-elle. Au fil du temps, la chanteuse a aussi trouvé un autre moteur, peut-être encore plus fort : l'espoir, qui lui vient de son prénom, Amel, qui signifie "espoir" en arabe.
Si Amel Bent est aujourd'hui très attachée à l'équilibre de sa propre famille, c'est aussi parce que son enfance a été marquée par plusieurs blessures et notamment l'absence de son père, après la séparation de ses parents, alors qu'elle n'avait que 3 ans. Une situation qu'elle a longtemps vécue comme une injustice. Plus tard, l'arrivée d'un beau-père a commencé à lui redonner espoir, “j'étais un peu dans une reconstruction en me disant que j'allais avoir une vraie famille. J'appelais même mon beau-père "papa"”, a-t-elle raconté. Mais la naissance de sa demi-sœur lui a fait prendre conscience d'une réalité douloureuse : “Cet homme ne m'aimerait jamais comme il aime son enfant.” Une expérience qui l'a profondément marquée et qui lui a appris, selon ses mots, que tout le monde ne peut pas nous aimer de la même manière. Une leçon difficile, mais qui l'a aidée à s'appuyer sur les personnes qui lui témoignent réellement leur affection.
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