Isabelle Doutreluigne, femme fantasque, dotée d'une très grande beauté et d'un courage remarquable, fut la première femme de Bernard-Henri Lévy, de 1967 à 1974. C’était un splendide mannequin, hélas abîmé par l’alcool, la drogue et d'autres poisons. Dans son livre Une drôle de peine, Justine Lévy "enquête sur sa mère, mannequin et toxicomane disparue il y a vingt ans après une vie hors norme". C’est ce qu’indiquent nos confrères du magazine Madame Figaro, après être partis à la rencontre de l’écrivaine.
Après s'être rendue coupable de cambriolages pour financer son addiction à l'héroïne, Isabelle Doutreluigne est incarcérée et ne reprendra pas la garde de sa fille. Cette dernière assure pourtant aujourd’hui qu’’elle n’a pas eu "réellement besoin de pardonner quoi que ce soit" à sa mère. "Parce que je pense qu’elle ne s’est pas rendu compte qu’elle me construisait une enfance étrange. Et qu’accepter qu’on me confie à mon père alors qu’elle aurait pu se battre – à l’époque, c’étaient plutôt les femmes qui obtenaient gain de cause – a été sa manière à elle de bien faire. Elle a compris, un peu tard sans doute, qu’elle n’était pas faite pour élever des enfants. Et dans ce renoncement, il y a une forme de générosité. Elle aurait pu continuer à me garder et demander une pension faramineuse."
Isabelle Doutreluigne, cette femme de la génération des années 1970 qui n’a pas su élever ses enfants par overdose de liberté, est morte en 2004 d’un cancer. Justine Lévy a grandi au milieu d'un champ de bataille où traînent les bouteilles d'alcool vides, les drogues, les médicaments, et les copains dormant sur les canapés. Elle regrette certainement beaucoup de choses, mais n’a en tout cas aucun doute sur le fait que sa mère l’aimait. "J’ai manqué de cadre, de repères, de règles, mais je n’ai pas du tout manqué d’amour. C’est fondamental, et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui, je suis plutôt gaie et heureuse."
Un optimisme qui permet à celle qui a eu deux enfants (Suzanne et Lucien) avec l’acteur Patrick Mille de continuer à aller de l’avant.
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