David Gallienne vient de décrocher une nouvelle distinction. A 38 ans, le chef du Jardin des Plumes, à Giverny, a reçu ce lundi 21 septembre 2026 le Gault&Millau d’Or 2027 pour la Normandie, lors d’une cérémonie organisée à Cabourg. Une récompense qui vient couronner le parcours de celui qui s’était fait connaître du grand public en remportant la saison 11 de Top Chef, en 2020. Mais derrière ce nouveau trophée, le cuisinier retient surtout une histoire de transmission, de territoire et de famille.
Il a construit au fil des années une identité culinaire très liée à la Normandie. Après ses débuts au Manoir du Lys, il rejoint Eric Guérin au Jardin des Plumes en 2017, avant de racheter l’établissement en 2020, l’année même où sa victoire dans Top Chef lui apporte une nouvelle visibilité. Le restaurant affiche aujourd’hui 16/20 chez Gault&Millau et trois toques. Le Guide Michelin le référence également parmi ses tables de Giverny. Mais cette nouvelle récompense n’est pas seulement une affaire de carrière pour le chef. "Si aujourd’hui je suis devenu cuisinier, c’est grâce à ma grand-mère qui nous a quittés cette année. Et finalement, ce titre, je le lui dédie parce que je pense que si elle était encore là, elle serait déjà très fière de son petit-fils", confie-t-il à Gault&Millau. Avant d’ajouter : "J’ai toujours connu ma grand-mère cuisiner derrière sa cuisinière à feu de bois et nourrir la grande famille qu’ils étaient. Et donc, ce titre, il est pour elle."
David Gallienne tient aussi à rappeler que derrière son nom se trouve tout un écosystème. "C'est une vraie surprise, je ne m'attendais pas du tout à recevoir ce titre, lance-t-il. Je veux mettre l'accent sur les producteurs, qui avant mon travail et celui de mes équipes, sont essentiels. Sans eux, il n'y aurait pas de cuisinier. C'est d'autant plus important qu'aujourd'hui, dans une période de tension, on a tous besoin les uns des autres et on doit se soutenir. C'est un véritable écosystème qui est récompensé aujourd'hui." Cette fidélité à son territoire est justement l’une des particularités de son parcours : "Ce titre récompense mon engagement pour faire rayonner et magnifier le territoire et la Normandie. Je ne suis jamais allé travailler à Paris, je ne me suis pas formé dans les plus grandes maisons, mais j'ai toujours eu à cœur de défendre ce terroir. Forcément, ce genre de récompense me pousse à continuer, mais je ne fais que planter le décor, et aller dans mes retranchements pour oser. Le reste, ce sont les gens de l'ombre." Et le chef semble déjà vouloir poursuivre cette démarche avec une cuisine qui se veut également plus accessible. "L’idée, c’est aussi de créer une table moins prétentieuse et plus accessible à tous, de manière à ce que tout le monde puisse venir goûter ma cuisine. Ce n’est pas donné à tout le monde de pousser les portes d’un restaurant gastronomique", explique-t-il à Gault&Millau. Une philosophie qui accompagne désormais son nouveau statut de Gault&Millau d’Or, sans lui faire oublier ce qui l’a conduit jusqu’ici : ses racines normandes, ses équipes et les souvenirs de sa grand-mère derrière sa cuisinière à feu de bois.