La maladie mentale prend beaucoup de place dans un quotidien et ce n’est pas Nicolas Demorand qui dira le contraire. Dans les colonnes de Society, le journaliste et écrivain a décidé de revenir, en toute transparence, sur son quotidien en tant que personne bipolaire. Éloigné des micros de la matinale de France Inter depuis l'automne 2025 après un internement psychiatrique à l'hôpital Sainte-Anne, il se confie sur la violence de ses crises, l'épreuve de l'enfermement sous contrainte et l'impact direct de ce combat sur sa sphère intime. L'ancien présentateur commence par évoquer la place de ses deux enfants dans sa vie et la manière dont il a trouvé son propre équilibre.
C'est avec leur mère, qui habite tout près de Saint-Anne, que les enfants de Nicolas Demorand vivent. Une organisation concrète qui permet de maintenir le lien tout en protégeant les plus jeunes d'un quotidien parfois trop lourd à porter. Le journaliste déclare qu'il lui arrive parfois de “zoner d’un canapé à un lit”, et il assure avoir “honte d’être dans cet état. Elle sait que je préfère être seul plutôt que de donner ce spectacle-là”. Malgré une organisation qui semble convenir à toute la famille, Nicolas Demorand sait que cette situation n’est pas éphémère. “La sortie d’Intérieur nuit a tout changé, le nombre de personnes au courant devient gigantesque, mais ça ne change rien : tu continues à être malade. Depuis le diagnostic il y a une dizaine d’années, les purs moments de quiétude ont été extrêmement rares”, fait-il savoir.
Les enfants de Nicolas Demorand vivent à proximité de l'établissement hospitalier, ce qui leur permet de voir leur papa, quand cela est possible. “Ils m’ont fait un café, ça a duré une heure et demie, on a papoté… Voilà, c’est dans le paysage, quoi”, confie le journaliste, qui ajoute par la suite que tout a changé pour ses enfants : “Avant, dans la cour de récré, leurs copains et copines disaient : ‘Wow, ton père fait de la radio, ça déchire !’ Après la sortie du livre, c’était : ‘Comment va ton père ? Est-il heureux ou malheureux ?’ Ça me fait marrer”, assure-t-il.
Pour Nicolas Demorand, le plus important est que ses enfants soient au courant de la situation dès le début. “Je leur ai parlé très tôt du fait que je n’avais pas une maladie du bras, de la jambe ou du cœur, que j’étais parfois très heureux et parfois très malheureux”, a-t-il expliqué avant de poursuivre : “Mais qu’il ne fallait pas qu’ils s’inquiètent, que je voyais des médecins, que j’étais suivi. Voilà, j’ai essayé de leur dire le plus simplement possible que je traversais des états contrastés, faits de joie et de tristesse". Nicolas Demorand a bien conscience que son quotidien n’est pas évident pour ses enfants et il préfère que ces derniers ne soient pas témoins de journées difficiles. “Ensuite, quand ils ont grandi, j’ai pu entrer dans les détails”, a conclu l'ancien présentateur.