Le 8 janvier dernier, Philippe Junot, ancien homme d’affaires, rendait son dernier souffle à Madrid à l’âge de 85 ans. Si l’homme était tombé depuis de longues années dans l’anonymat, vivant sa vie de l’autre côté des Pyrénées, l’information n’en a pas moins fait du bruit en France : il avait été le premier mari de Caroline de Monaco, entre 1978 et 1980.
Trois ans après leur divorce, et un an seulement après le tragique accident de voiture qui a causé la mort de sa mère, Grace Kelly, Caroline de Monaco allait faire la rencontre d’un nouvel homme. Stefano Casiraghi, bel Italien de 23 ans, allait prendre une place autrement plus importante dans l’existence de celle qui fête ce 23 janvier 2026 ses 69 ans.
La légende, rapportée par le magazine Vanity Fair, veut que la sœur d’Albert de Monaco et lui se soient rencontrés sur l’île de Cavallo. Située à quelques encablures des côtes sud de la Corse, cette réserve naturelle a été rebaptisée l’île des millionnaires. Philippe Junot avait fait découvrir à Caroline ce morceau de paradis, alternative plus discrète à Saint-Tropez…
Après le décès de leur père, Caroline de Monaco a élevé seule ses trois enfants
Au cours de l’été 1983, c’est sur un bateau croisant dans les eaux de Cavallo que Caroline et Stefano ont fait connaissance, racontait Vanity Fair en 2021. Une fois en couple, ils y ont acquis une maison et y revenaient chaque été, d’abord avec leur aîné, Andrea, né en juin 1984, puis avec leur seconde, Charlotte, qui a vu le jour en août 1986, avant l’arrivée de Pierre, leur petit dernier, que Caroline a mis au monde en septembre 1987. Trois ans plus tard, leur père perdait la vie au large de Saint-Jean-Cap-Ferrat, dans un tragique accident d’offshore, alors qu’il défendait son titre de champion du monde à bord de ces Formule 1 des mers.
Orphelins de père, les trois enfants ont donc grandi, élevés par leur mère, jamais très loin de leur tante Stéphanie de Monaco, marraine de l’aîné. Tous étaient également couvés par un oncle, Albert, et par un grand-père veuf mais aimant, ainsi que l’avait raconté en octobre 2023 Camille Gottlieb, la fille de Stéphanie, dans Point de Vue. “C’était quelqu’un de formidable, de très protecteur, très drôle et attentionné, avec qui je déjeunais tous les mercredis au palais en tête à tête. J’arrivais déguisée en marquise et j’avais pour habitude de demander des pâtes à la sauce tomate, des raviolis ou des steaks hachés, sauce au poivre. Et si nous ne pouvions pas déjeuner [...] Papoune [...] se débrouillait toujours pour trouver un moment pour me recevoir quand même”, avait-elle raconté.
Mais si tous se rendaient bien sûr souvent à Monaco, ils ont grandi loin du palais, à Saint-Rémy-de-Provence, dans une confortable propriété baptisée le mas de la Source, ancienne bergerie du XVIIe siècle dans laquelle Caroline et ses trois enfants ont trouvé refuge après la mort de Stefano.
"J’y ai vécu pendant dix ans avec mes frères et ma mère", racontait Charlotte, la fille de Caroline, à propos de Saint-Rémy de Provence
En août 2024, interrogée par la revue Le Grand Continent, Charlotte révélait à propos de Saint-Rémy : “C’est (...) un endroit qui m’est très cher. J’y ai vécu pendant dix ans avec mes frères et ma mère et c’est resté une destination de vacances et de week-end. C’est un endroit qui a beaucoup compté dans mon enfance. (...) Un endroit bien moins exposé que Monaco, qui est beaucoup plus connoté.” Dans ce petit village au pied des Alpilles, loin de la frénésie monégasque, Caroline et les siens ont pu faire leur deuil. Et les enfants, se construire. Si Caroline a été une maman très présente pour tous, elle a, avec sa fille, tissé un lien particulièrement fort.
Unies par une ressemblance et une beauté frappante, les deux nouvelles grâces de Monaco ont passé beaucoup de temps ensemble. Sur d’innombrables clichés d’époque, on les voit toutes deux inséparables, du plus jeune âge de Charlotte jusqu’à son adolescence, lorsque Caroline l’accompagnait indéfectiblement dans ses compétitions d’équitation, une discipline qu’elles adorent toutes les deux.
Devenue femme, Charlotte a embrassé une autre passion de sa mère : la mode. Très proche de Karl Lagerfeld, qui en avait même fait l’une de ses héritières, Caroline a toujours eu des affinités avec la maison Chanel. Sa fille a suivi ses traces, devenant au fil des ans ambassadrice, puis égérie de l’enseigne de la rue Cambon.
Il est un autre domaine dans lequel la fille a décidé très tôt de rejoindre la mère, celui de la maternité. Caroline a eu Andrea à 28 ans. Charlotte a, quant à elle, donné naissance à Raphaël, son premier enfant, qui a bien grandi, fruit de ses amours avec Gad Elmaleh, à 27 ans. Un cap primordial qui n’allait pas tarder à modifier la relation entre les deux femmes…
© BestImage, AGENCE / BESTIMAGE
“Never complain, never explain.” Telle était la devise de la reine Elizabeth II. Une posture royale pour une femme qui jamais, à l’inverse de Harry, son petit-fils, n’a laissé transparaître ses états d’âme. Du côté de Caroline et de ses enfants, on a visiblement adopté cet adage. Pudeur, sobriété et discrétion ont toujours été les maîtres mots qui les ont accompagnés, y compris dans les moments forts de leur existence, comme lorsque Caroline avait quitté Vincent Lindon dans des circonstances pour le moins singulières…
Pourtant, à une occasion, Charlotte a laissé entrevoir qu’entre elle et sa génitrice, la relation, en dépit de leur proximité, n’avait pas toujours été simple. C’était en novembre 2022, dans les pages de Town & Country, magazine lifestyle anglo-saxon auquel elle avait accordé un long entretien. Interrogée sur ce que la maternité avait modifié dans sa relation à sa mère, elle avait d’abord hésité en lâchant ces mots… “J’essaie de ne pas parler de ma relation très privée avec ma mère, et je ne souhaite pas forcément tout dévoiler de ce qui se passe entre nous.” Elle avait toutefois cru bon d’ajouter… “Mais c’est toujours une relation ambivalente.”
Charlotte avait d’abord noté que le fait d’avoir des enfants avait, dans un premier temps, sans doute renforcé sa proximité avec Caroline. “Je pense qu’on peut être plus proches. Forcément, on a plus d’empathie et on comprend mieux les choses, car il s’agit d’une transmission du lien maternel.” Pour autant, la jeune femme, férue de philosophie et de littérature, toujours prompte à intellectualiser les concepts, avait précisé : “Quand on devient mère, il y a le fait que sa propre mère accepte de ne plus être la seule à l’être. Et c’est très libérateur. Beaucoup de femmes ont le sentiment d’avoir elles aussi ce pouvoir de donner la vie, et ce n’est pas quelque chose qu’elles doivent uniquement à leur mère. Alors forcément, on y réfléchit différemment… Parce que la relation mère-fille est très complexe.”
Une relation complexe qu’elle avait analysée en concluant avec ces mots : “J’ai l’impression que même quand on a ses propres enfants, on a toujours du mal à préserver son espace personnel.”
Des propos pesés, qui laissent toutefois transparaître l’idée qu’entre la fille et sa maman devenue grand-mère, le lien s’est modifié, pas toujours de manière évidente. Des mots de fille de princesse qui revêtent cependant un caractère universel et dans lesquels toutes les mamans qui ont une maman pourront sans doute se reconnaître.
player2
player2
player2
player2
player2
player2