Des études montrent que les personnes nées dans les années 1950 et 1960 ont travaillé tôt par nécessité, bien plus que par choix
Publié le 15 août 2026 à 08:32
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Nés entre les années 1940 et 1960, les baby-boomers ont grandi dans une société où les enfants étaient souvent confrontés très tôt aux responsabilités, au travail et aux contraintes familiales. Si cette éducation leur a permis de développer autonomie et résilience, elle les a aussi parfois poussés à dissimuler leurs émotions et à apprendre à "serrer les dents" face aux difficultés
Des études montrent que les personnes nées dans les années 1950 et 1960 ont travaillé tôt par nécessité, bien plus que par choix
Les baby-boomers ont souvent commencé à travailler très jeunes.

Photo prise par Matt Bennett / Unsplash Leurs choix étaient largement dictés par les besoins familiaux.

Photo prise par Myles Tan / Unsplash Enfants, ils bénéficiaient aussi d’une grande liberté au quotidien.

Photo prise par Billow926 / Unsplash Le jeu libre favorisait leur autonomie et leur confiance.

Photo prise par Artem Kniaz / Unsplash Cette solidité pouvait toutefois cacher des blessures émotionnelles.

Photo prise par Jessica Rockowitz / Unsplash

Les générations se suivent, mais leurs modes de vie diffèrent radicalement. Ces habitudes et ces normes générationnelles peuvent influencer notre caractère, notre façon d’être et nos choix de vie. C’est notamment ce que permet d’explorer la psychologie lorsqu’elle s’intéresse à la génération des "baby-boomers", généralement définie comme regroupant les personnes nées entre 1946 et 1964. Ayant grandi dans une France en pleine reconstruction, souvent au sein de familles nombreuses, ces enfants ont connu une réalité aujourd’hui difficile à imaginer. À l’époque, il n’était pas rare que des enfants participent très jeunes aux tâches familiales, notamment dans les exploitations agricoles ou les commerces de leurs parents. 

La notion même de "vocation" occupait alors une place bien différente de celle qu’elle peut avoir aujourd’hui : le choix d’un métier répondait souvent aux besoins immédiats de la famille et aux possibilités offertes par le milieu social, plutôt qu’à la recherche d’un épanouissement personnel. Poursuivre des études secondaires ou supérieures restait également moins accessible qu’aujourd’hui. Cette réalité concernait particulièrement les filles, dont les choix professionnels et familiaux étaient encore fortement encadrés par les normes sociales de l’époque. Mais cette époque offrait aussi, en contrepartie, une forme de liberté difficile à retrouver aujourd’hui. Les parents travaillaient beaucoup, les rues étaient moins surveillées et les écrans n’existaient pas. 

Une enfance marquée par le travail et l’autonomie

Les enfants passaient ainsi davantage de temps dehors, parfois sans adulte à proximité, avec pour seule consigne de rentrer pour le dîner. L’absence de loisirs numériques les poussait à inventer leurs propres jeux, à explorer leur environnement et à développer une certaine autonomie. Les conflits entre enfants se réglaient également davantage en face à face, ce qui pouvait favoriser l’apprentissage des interactions sociales et de la gestion des désaccords. C’est précisément cette autonomie et cette place accordée au jeu libre qui intéressent les psychologues. Les travaux de Peter Gray ont notamment mis en avant les bénéfices potentiels du jeu libre sur le développement de l’autonomie, la prise de risque, la résolution des conflits et la capacité à faire face aux difficultés. Il serait toutefois excessif d’en déduire que ces caractéristiques définissent l’ensemble des personnes nées dans les années 1950 et 1960.

En assumant parfois des responsabilités dès leur plus jeune âge, certains membres de cette génération ont également pu développer un sentiment de contrôle sur leur environnement. Le psychologue américain Herbert M. Lefcourt a largement travaillé sur le concept de "locus de contrôle", qui désigne la manière dont une personne perçoit l’influence qu’elle peut exercer sur les événements de sa vie. Ses travaux montrent que cette dimension psychologique est liée à différents comportements sociaux et à certaines attitudes face à l’apprentissage et à la réussite.

Le revers de la médaille : un coût émotionnel caché

Reste que cette apparente solidité ne doit pas être confondue avec une absence de fragilité. Le concept de résilience, largement popularisé en France par le psychiatre et neuropsychiatre Boris Cyrulnik, désigne la capacité à se reconstruire après des expériences difficiles. Il ne signifie toutefois pas qu’une personne est invulnérable ou qu’elle doit simplement "tenir le coup". Boris Cyrulnik insiste au contraire sur l’importance de l’environnement affectif et des relations humaines dans les processus de reconstruction. Dans les générations ayant grandi au milieu du XXe siècle, l’expression des émotions était parfois moins encouragée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Beaucoup ont été éduqués avec l’idée qu’il fallait être fort, travailler dur et ne pas trop se plaindre. Cette éducation pouvait favoriser une certaine capacité à supporter les difficultés, mais elle pouvait aussi conduire certaines personnes à garder leurs émotions pour elles ou à minimiser leurs souffrances.

À l’inverse, les générations plus récentes accordent davantage de place à l’identification et à l’expression des émotions. Cette évolution ne signifie pas nécessairement qu’elles sont moins résistantes que leurs aînés. Elle correspond plutôt à une autre conception de la force psychologique : là où l’on valorisait autrefois la capacité à serrer les dents, on insiste davantage aujourd’hui sur la capacité à reconnaître ses limites, demander de l’aide et mettre des mots sur ce que l’on ressent. Au fond, opposer les générations n’a donc pas vraiment de sens. Les personnes nées dans les années 1950 et 1960 ont grandi dans un contexte qui leur demandait souvent davantage d’autonomie et de responsabilités précoces. Les générations suivantes ont évolué dans un environnement différent, marqué par davantage de protection, de technologie et de sensibilisation aux questions psychologiques. Deux contextes différents qui peuvent produire deux formes différentes de résilience.

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Par Lucie Louback | Rédactrice
Lucie est une journaliste qui ne veut rien louper. Une dispute un peu bruyante dans la rue ? Elle n’en loupe pas une miette. Une annonce d’une personnalité sur les réseaux sociaux ? Elle reste à l’affût pour écrire un article dessus. Vos célébrités préférées n’ont plus aucun secret pour Lucie qui a bien l’intention de vous faire découvrir leur quotidien très mouvementé.
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