Jeanne Damas n'est pas seulement une icône de mode, elle est la porte-parole d'un art de vivre qu'elle a su capturer avec sa marque, Rouje. Véritable phénomène, la griffe propose depuis plusieurs années le vestiaire idéal de la Parisienne : robes portefeuille iconiques, mailles réconfortantes, denims parfaitement coupés et produits de beauté pensés pour une bouche délicate. Fort de son succès auprès d'une clientèle internationale, l'empire Rouje vient d'ailleurs de franchir un nouveau cap avec l'ouverture d'une première boutique américaine dans le quartier de Soho, à New York, comme le souligne AD Magazine. Mannequin, créatrice et désormais actrice (remarquée sous les traits de Paloma Picasso dans la série Becoming Karl Lagerfeld), Jeanne Damas insuffle cette même authenticité dans son propre refuge familial.
Aux côtés de son compagnon, le marchand d'art Édouard de Moussac, et de leurs deux enfants, elle a transformé un duplex parisien en une vibrante ode à la maison de famille. Comme le révèle AD Magazine, le couple rêvait initialement d'un jardin avant de tomber sur l'annonce d'un bien avec terrasse, niché dans le XXe arrondissement de Paris. "On est venu visiter sans connaître le quartier, mais on a eu un coup de cœur tous les deux", confie Édouard de Moussac dans les colonnes du magazine.
Pour redonner de la lumière à ce nid perché sous les toits, le couple a fait appel à l'architecte Maxime Bousquet. En six mois, les volumes ont été libérés, les fenêtres remplacées, et les immenses poutres de bois qui traversent l'espace ont été éclaircies. Dans le grand salon, une imposante table basse ronde en osier tressé des années soixante-dix trône au centre, entourée d'assises contemporaines et de montagnes de coussins en velours ou à imprimés fleuris qui se transforment en forteresses improvisées pour les jeux des enfants. Trouver cet équilibre harmonieux fut pourtant un défi. "Faire dialoguer nos deux univers, ce n’était pas si évident", avoue Jeanne Damas à AD, mariant finalement avec brio ses propres trouvailles chinées aux puces et l'univers artistique de son compagnon.
Le cœur battant de l'appartement : une grande cuisine ouverte. "On y passe beaucoup de temps", souligne la créatrice à nos confrères. C'est autour d'une immense table sur mesure en bois clair aux lignes brutes, inspirée de la Casa Pedregal de Luis Barragán, et de ses bancs assortis, que la tribu se retrouve. L'étage, lui, invite à l'évasion. "Pour l’étage, on s’est inspiré d’une maison de campagne", explique la fondatrice de Rouje, ajoutant que "là-haut, tout est recouvert de moquette, c’est assez classique".
L'âme de ce duplex vient aussi de l'audace d'Édouard de Moussac. Travaillant très souvent depuis ce refuge, le marchand d'art refuse d'enfermer sa collection de peintures. Il estime qu'il est essentiel de "les montrer autrement que dans un cube blanc". Les œuvres vivent et respirent au gré des murs : une grande toile classique veille sous les mansardes, et de délicats cadres s'invitent jusque dans la salle de bain, tutoyant une baignoire rétro. Sur les toits, la petite terrasse, véritable paradis baigné de soleil, finit de rendre ce lieu unique.