Il était une fois Sophie Maupu, une adolescente sans histoire repérée par un cinéaste chevronné, Claude Pinoteau, qui allait la révéler dans La Boum. Une jeune fille appelée à poursuivre une carrière d’actrice à l’international. Et à vivre une folle histoire d’amour avec Andrzej Żuławski, un réalisateur polonais de 26 ans son aîné, pendant dix-sept ans. Sophie Marceau l’assure : ce fossé générationnel n’a jamais été un frein entre eux. Même lorsqu’elle a croisé son chemin pour la première fois, en 1984 ? Elle avait 18 ans, lui 44…
"Pas une seconde, a-t-elle affirmé sur le plateau de C à vous, vendredi 6 novembre 2026. C’est vrai qu’aujourd’hui, ça peut paraître un petit peu étrange, mais j’étais quasi majeure. Et puis, j’avais déjà beaucoup de vie derrière moi. J’avais beaucoup d’expérience". La comédienne évoque également son milieu familial : "Dans ma famille, on a tous travaillé très tôt. Il n’y avait pas cette folie de passer son bac et d’avoir cinq ans d’études derrière. Non, on va travailler, on se lève tôt. […] Moi, c’est ça que je voulais". Un regard nuancé sur une relation qui n’a pas forcément été un long fleuve tranquille.
Dans son nouveau livre, Warszawa, paru aux éditions Seghers, Sophie Marceau retrace les grandes lignes de son idylle avec le père de son premier enfant, Vincent, né en juillet 1995. Lors de son passage dans l’émission d’Augustin Trapenard, le 30 octobre dernier, on lui a demandé si sa relation avec Andrzej Żuławski s’apparentait à une forme d’emprise. "D’ascendance, d’emprise, mais consciente, totalement consciente et j’étais consentante", a-t-elle souligné.
Émancipée à 17 ans, elle estime ne pas avoir vraiment eu de coup de foudre. Quoique. "Mais c’est un peu ça, c’est-à-dire, même avant de croiser ses yeux, je savais qu’il allait se passer quelque chose avec cette personne. J’étais envoûtée, j’ai senti en le voyant que cette personne, c’est peut-être illusoire, allait capter quelque chose de moi que personne n’avait capté." Plus qu’un compagnon, le cinéaste l’a aidée à se construire. "Il me façonne, il me modèle, il me taille. Mais ça, je trouve ça intéressant. Nous sommes des matières vivantes, on n’est pas des matières mortes et terminées, jamais d’ailleurs", déroule-t-elle dans ce même entretien. L’actrice, qui a récemment pris position au sujet des mobilisations lycéennes, refuse cependant qu’on compare cette relation à celle de Judith Godrèche et Benoît Jacquot. "Moi, je n’ai pas souffert d’une relation toxique. Peut-être que j’ai su m’en protéger, m’en défendre aussi un peu […] Mais le but n’était pas une ascendance pour une ascendance. Je pense que Żuławski, il aimait qu’on l’écoute, il aimait avoir raison. Et moi j’étais contente." Une histoire d’amour décidément peu commune.