Elodie Poux a une nouvelle silhouette et elle se sent mieux que jamais. L'actrice et humoriste, qui fête son 44e anniversaire ce 3 septembre 2026, avait révélé le chiffre de sa perte de poids avec humour dans l'émission Les Grosses Têtes sur RTL face à Laurent Ruquier. "En tout cas, certains ont appelé la production pour savoir si j'étais toujours aussi drôle depuis que j'avais perdu 24 kilos", plaisantait-elle. Quelques mois plus tard lors du festival Series Mania à Lille en mars 2026, elle tenait à lever toute ambiguïté sur la nature de sa transformation.
"Ma perte de poids est médicale. J'ai soigné quelque chose", affirmait-elle à Télé-Loisirs. Avant de trouver une solution, Élodie Poux dit avoir longtemps buté sur l'incompréhension. "J'ai plutôt une très bonne hygiène de vie et ne comprenais pas pourquoi je n'arrivais pas à perdre ces 35 kg de grossesse… d'autant que ma fille va avoir 6 ans", confiait-elle à nos confrères. L'humoriste a également dénoncé un manque d'écoute de la part du corps médical français : "Il y a une espèce de grossophobie dans la médecine française où l'on nous dit qu'il faut manger tel légume et arrêter d'aller au fast-food. On ne nous croit pas quand on dit que l'on mange correctement".
Face à cette impasse, c'est vers l'intelligence artificielle qu'elle s'est tournée en premier lieu. Avant même de consulter un médecin. "Je lui ai demandé de me lister toutes les raisons qui expliqueraient pourquoi je ne perdais pas de poids. Elle m'a conseillé de faire une prise de sang", a-t-elle raconté. Ce conseil s'est révélé payant. Élodie Poux, qui souffre par ailleurs du même trouble neurologique que Brad Pitt, a effectué plusieurs examens à la suite des pistes soulevées par l'IA.
"Il s'avère que deux choses listées par l'IA se sont révélées vraies : la résistance à l'insuline et quelques carences", a-t-elle révélé à Télé-Loisirs. L'humoriste qui joue dans Scènes de ménage a ensuite consulté un endocrinologue, spécialiste des hormones et du métabolisme, qui lui a recommandé de "manger d'une certaine manière, dans un ordre particulier, à partir de telle heure…". Mais plutôt que de suivre ces indications seule, l'ex-femme de l'humoriste belge Michel Frenna a choisi de continuer à s'appuyer quotidiennement sur l'intelligence artificielle pour appliquer ces recommandations au fil de ses journées de tournage.
"Par exemple, j'envoie une photo du buffet en tournage, en précisant l'heure, la période de mon cycle, si je fais du sport… Cela va me dire ce que je peux manger, en quelle quantité et dans quel ordre. Je ne réfléchis plus", a-t-elle expliqué au magazine. Une méthode qui, selon elle, l'a éloignée des logiques de privation plutôt que de l'y enfermer. "Paradoxalement, je n'ai jamais mangé autant de pâtisseries et de gâteaux ! Je me privais de tout avant", a-t-elle assuré, tout en insistant sur le fait que sa transformation ne s'est pas construite sur des interdits mais sur un rééquilibrage encadré médicalement.
Le mal identifié par l'intelligence artificielle et confirmé par les examens sanguins d'Élodie Poux n'a rien d'anodin. La résistance à l'insuline, ou insulinorésistance, désigne une diminution de la sensibilité des cellules de l'organisme à l'action de l'insuline, l'hormone produite par le pancréas qui régule le taux de sucre dans le sang. Elle se manifeste souvent par une fatigue après les repas, une prise de poids localisée au niveau du ventre, des fringales sucrées récurrentes et des difficultés à perdre du poids malgré une alimentation jugée équilibrée.
Le recours d'Élodie Poux à l'intelligence artificielle pour composer ses menus intervient alors que la fiabilité de ces outils fait l'objet d'un débat scientifique grandissant. Une étude publiée dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics le 22 mars 2026 a comparé des régimes générés par IA à ceux conçus par des diététiciennes pour des profils d'adolescents en surpoids : les menus produits par l'intelligence artificielle contenaient en moyenne 695 calories de moins par jour que ceux des professionnelles, soit près d'un repas complet en moins.
"C'est sûr qu'il va y avoir un problème si on demande à l'intelligence artificielle de nous préparer un régime. Il y a tellement d'autres variables qui rentrent dans l'équilibre énergétique !", alertait à cette occasion Claire Tugault-Lafleur, professeure agrégée à l'École des sciences de la nutrition de l'Université d'Ottawa. Les auteurs de cette même étude pointent un biais structurel des IA conversationnelles : leur tendance à produire des réponses jugées "hyper-adaptatives", conçues pour satisfaire l'utilisateur plutôt que pour respecter la rigueur scientifique. "Cela rend le modèle plus susceptible de fournir des réponses façonnées par les attentes de l'utilisateur, reléguant ainsi la précision scientifique au second plan", soulignent-ils.
Interrogée sur le sujet, la Haute Autorité de Santé a elle aussi posé un cadre clair dans son rapport "Santé numérique et nutrition". "L'intelligence artificielle est un outil d'aide à la décision, pas un substitut au jugement clinique du professionnel de santé", tranchait l'institution dans ce document paru en 2024. Une nuance qui correspond, dans les grandes lignes, à l'usage décrit par Élodie Poux : l'humoriste explique elle-même s'appuyer sur l'IA au quotidien pour appliquer les préconisations déjà établies par son endocrinologue, et non comme un substitut à ce suivi médical.
Loin de fuir le sujet, Élodie Poux a choisi de l'évoquer ouvertement dès le mois de mars 2026. "J'en suis fière et j'ai envie d'en parler", déclarait-elle alors. Mais l'humoriste regrette d'avoir été obligée de faire confiance à l'intelligence artificielle pour régler ses soucis de santé. "C'est dommage de passer par une IA. Même avant ma grossesse, j'avais des problèmes de surpoids, admettait-elle encore auprès de Télé-Loisirs. Mais ce que j'ai, jamais personne ne me l'avait suggéré. Et j'ai été en voir des médecins !"