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Francis Ford Coppola : L'horreur d'Apocalypse Now racontée par sa femme

Difficile de trouver un film aussi extraordinaire que le culte Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, dont le parfum de soufre était à peine balayé par une Palme d'or et deux Oscars. Le tournage catastrophe à la limite du tristement célèbre Lost in la Mancha est au moins aussi spectaculaire que cette odyssée cauchemardesque sur des soldats dans la jungle du Vietnam.

Retour en 1976. En trois films et cinq Oscars dont celui de meilleur réalisateur pour Le Parrain 2, Francis Ford Coppola est le réalisateur le plus en vue du moment. Alors que son ami George Lucas délaisse le scénario pour se consacrer à Star Wars, Coppola se fascine pour le scénario de John Milius adapté d'Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad. Avec l'intention de réaliser le film de guerre ultime et une expérience cinématographique sans précédent, il réunit un budget d'environ 15 millions de dollars et prépare un tournage colossal de cinq mois aux Philippines.

Après les refus de Steve McQueen et Al Pacino, Harvey Keitel obtient le rôle du jeune Benjamin Willard. Mais quelques jours seulement après le début du tournage en mars 1976, Coppola comprend que l'acteur n'y croit pas. Après un petit voyage à Los Angeles, il ramène Martin Sheen. Deux mois plus tard, c'est un typhon qui ravage l'île : le tournage doit s'arrêter pendant plusieurs semaines pour reconstruire un décor. Les acteurs rentrent aux Etats-Unis et déjà, le film dépasse son calendrier et explose son budget de 2 millions.

Lorsque Marlon Brando arrive sur le tournage au mois de septembre - négocié pour un mois de tournage à 3,5 millions de dollars, dont 1 million payé d'avance - l'acteur n'a pas lu le scénario et affiche quarante kilos en trop. Coppola et lui se disputent au sujet des dialogues pendant des jours et finalement, le comédien accepte de tourner à la condition d'apparaître dans l'obscurité. Une doublure est engagée pour les plans large.

Après avoir visionné un premier montage lors des fêtes de Noël, Coppola reprend le tournage en janvier 1977. Quelques semaines après, Martin Sheen s'écroule, victime d'un infarctus. Paniqué à l'idée que la nouvelle remonte au studio, le réalisateur cache l'hospitalisation de son acteur principal sous le motif d'un "épuisement dû à la chaleur". Au repos pendant un mois, Sheen est notamment remplacé par son frère Joe Estevez pour quelques scènes.

Dans les derniers mois, un buffle est sacrifié pour les besoins d'une scène, des hélicoptères de l'armée des Philippines sont peints le matin pour les scènes avant d'être repeints et rendus le soir, et une scène à plusieurs centaines de milliers de dollars sera tournée mais coupée de la version cinéma, avant d'être réintégrée dans le Redux. Coppola perd une quinzaine de kilos et après 238 jours de tournage, le budget atteint 30 millions de dollars.

En marge de ce qui aurait pu rester un cauchemar sans fin, la femme du cinéaste Eleanor Coppola écrivait sur son expérience : "J'étais seule, loin de mes amis et de mes propres projets artistiques. Je me suis mise à prendre des notes et je les ai rassemblées dans des lettres que j'envoyais, pour recevoir du courrier en retour. Au bout d'un moment, j'avais tellement de notes que l'idée de les publier m'a paru intéressante." Entre chronique intime sur sa crise de couple et récit catastrophique d'un tournage titanesque, Apocalypse Now Journal (éditions Sonatine) est un objet unique qui vient s'ajouter au documentaire qu'elle a réalisé sur le tournage, Au coeur des ténèbres.

La femme derrière l'homme de cinéma confie dans L'Officiel qu'elle ne comprend pas vraiment pourquoi il aura fallu attendre si longtemps pour que son livre soit traduit chez nous : "Tout cela s'est produit il y a plus de trente ans, certains souvenirs ont maintenant perdu de leur intensité. Ce livre est sorti en 1979 aux Etats-Unis... Je ne sais pas bien pourquoi on ne le publie que maintenant en France. Mais bien sûr, je suis très heureuse que des gens s'intéressent encore au livre après toutes ces années."

Au centre de son apocalypse à elle, il y a surtout un couple en pleine tourmente : "La crise de ma vie personnelle était au premier plan dans mon esprit à l'époque, mais je ressentais aussi de l'empathie pour Francis qui subissait un énorme stress à l'époque. Il risquait tout : sa famille, ses finances, sa carrière artistique, sa santé... Tout. Ce film a été l'expérience la plus marquante de ma vie. J'ai découvert l'Asie pour la première fois, je n'avais jamais eu aussi chaud, jamais été aussi mal physiquement, et jamais tant souffert émotionnellement. Et en même temps, cela a été l'expérience créative la plus enthousiasmante à laquelle j'ai jamais participé."

Trente ans plus tard, la famille Coppola est sortie de la tempête, mais le retour n'a pas été facile : "Francis a souffert de dépression à son retour parce que ses soucis n'étaient pas terminés. Trouver les solutions justes au montage était pour lui un processus tortueux, et plus le montage se prolongeait, plus ses problèmes financiers s'aggravaient."

Aujourd'hui, ils vivent en Californie du Nord dans un calme loin d'Hollywood, et la tribu Coppola est au meilleur de sa forme. Sofia a décroché un Oscar pour Lost in translation, leur fils Roman tourne actuellement une comédie déjantée avec Charlie Sheen et Bill Murray, et Francis dévoilait récemment son film d'horreur Twixt, avec la même Elle Fanning que sa fille révélait dans Somewhere. Quant à Eleanor, elle a sorti ses mémoires : "J'ai sorti mes notes de leur boîte et je les ai réécrites pour en faire un livre qui est sorti aux Etats-Unis en 2008. Il s'appelle Notes on a life. Peut-être qu'il sortira en France dans trente ans..."

Geoffrey Crété

Retrouvez l'interview d'Eleanor Coppola dans L'Officiel, décembre 2011.

Apocalypse Now Journal, disponible aux éditions Sonatine.

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