Travailler en famille, c'est un plaisir que vit Francis Perrin. Trois Perrin sont sur la scène de la Michodière à Paris autour du patriarche qu'est l'acteur, cette fois également metteur en scène, pour Le Malade imaginaire de Molière, pour célébrer les 60 ans de carrière de ce passionné des planches. L'artiste de 78 ans a réuni trois de ses six enfants, Jeanne et Clarisse, ses filles, et Louis, son fils atteint de troubles autistiques, et pour Le Parisien, les quatre membres d'une même famille partagent le plaisir qu'ils ont à collaborer ensemble.
Dans cette pièce, chaque rôle a une résonnance forte pour Francis Perrin. "Avant d'être Argan, j'ai eu le bonheur de jouer le rôle de Thomas Diafoirus, que joue Louis, raconte-t-il dans Le Parisien. Clarisse joue mes deux filles, Angélique et Louison, la petite et la grande, et a été mon assistante à la mise en scène, et Jeanne... joue ma femme (rires). C'était très amusant, je lui ai demandé de me malmener." Une mission pas facile selon la fille, mais réussie haut la main selon le père.
Et chacun des enfants a des souvenirs à partager sur le milieu du spectacle. "Moi, je voulais devenir costumière parce que j'étais toujours avec les habilleuses", se souvient Jeanne. "Louis, la première fois qu'on l'a amené au théâtre, il avait 7 ans et c'était ici, à la Michodière. On l'a fait saluer avec nous", se remémore Francis. Clarisse, elle, a échappé petite à toute vigilance en coulisses pour faire irruption sur scène en pleine représentation. "Elle a dit un petit bonjour au public, s'amuse encore son père. La comédienne l'a reconduite, puis elle est revenue saluer avec nous... C'était aussi à la Michodière. Quand hier on a salué, ça m'a fait quelque chose."
Francis Perrin explique que jouer en famille apporte une complicité hors du commun et génère une vive émotion chez les spectateurs. Sa fille Jeanne souligne toutefois la nécessité de bien faire la part des choses : il s'agit sur scène d'un rapport entre comédiens et metteur en scène, et non de relation enfants-parent. Même si cela implique des enjeux émotionnels plus forts, le fait de travailler ensemble et de pouvoir se faire mutuellement confiance transcende l'expérience.
Interrogés sur leur façon de s'adresser à lui durant les répétitions, les enfants répondent à l'unisson qu'ils l'appellent "Papa", bien que Jeanne rappelle avec malice à sa sœur Clarisse que cette dernière l'appelait par son prénom lorsqu'elle occupait le rôle d'assistante. Alors que le comédien reconnaît se montrer assez exigeant dans son travail de mise en scène, Jeanne nuance en affirmant qu'il ne fait aucun favoritisme et qu'il témoigne de la même écoute, de la même rigueur et de la même bienveillance envers l'ensemble de la troupe. Concernant l'avenir, le jeune Louis envisage de prendre la relève en cas de retraite de son père, précisant qu'il est déjà attelé à l'écriture de ses propres pièces. Enfin, cette passion partagée pour les planches s'accompagne d'un amour sincère pour Molière, au point que l'une des filles avait même un doudou à l'effigie du célèbre dramaturge dans sa jeunesse.
Le fameux juge de la série Mongeville est dans un premier temps devenu père de Cécile et Fabiola, des jumelles polynésiennes, nées en 1988 et adoptées avec Laurence, sa première épouse. Par son union avec la comédienne Caroline Berg, il est le père d'une autre fille, Jeanne, née en 1998. En 2002, il épouse Gersende Dufromentel, étudiante en 3e année au Conservatoire national d'art dramatique de Paris. Ils ont eu trois enfants, Louis, né en 2002, Clarisse née en 2004 et Baptiste né en 2005. On lui connaît également une relation avec l'actrice Anny Duperey. Ils ont été en couple pendant quatre ans lorsqu'ils avaient 27 ans. "Francis a été mon premier amoureux", confiait l'actrice qui expliquait au Journal du dimanche que leur histoire a été pour tous les deux "une première tentative de vie de couple".