À la tête de plusieurs tables réputées et jurée incontournable de l'émission Top Chef, Hélène Darroze mène depuis des années une vie à cent à l'heure. Un quotidien rythmé par la gestion de ses établissements, les tournages et les déplacements incessants. Pourtant, face à ce tempo effréné, la cuisinière ressent aujourd'hui le besoin de lever le pied et de retrouver ses attaches. Si elle a grandi dans les Landes voisines, c'est de l'autre côté de la frontière départementale, entre océan et montagnes, qu'elle a décidé de s'offrir un nouveau point d'ancrage. Propriétaire depuis peu d'une maison nichée au Pays basque, une région intimement liée à ses souvenirs d'enfance et de vacances, elle s'aménage désormais un refuge sur mesure. L'occasion idéale de couper avec le tumulte de ses brigades, de se retrouver auprès de ses deux filles et de célébrer ce terroir qu'elle chérit tant, à la fois dans son quotidien et dans les pages de son nouvel ouvrage.
Le Sud-Ouest coule dans ses veines. Si son histoire familiale s'est d'abord construite dans les Landes, la côte basque a toujours occupé une place singulière dans son cœur. C'est là, entre Biarritz et Hendaye, qu'elle passait ses vacances plus jeune. Un attachement viscéral qu'elle a récemment concrétisé en faisant l'acquisition d'une propriété sur ces terres de caractère. Dans un entretien accordé au Parisien Week-end, la cheffe s'est confiée sur ce choix du cœur : "J’entretiens une relation très forte avec le territoire où j’ai grandi, les Landes, mais aussi Biarritz et Hendaye, où je passais mes vacances. J’aime le Pays basque pour ses villages de caractère, ses montagnes, son littoral, son identité, mais aussi ses producteurs, ses marchés, sa gastronomie…"
Désormais propriétaire d'une maison sur place, elle a bien l'intention d'en faire un rendez-vous régulier : "Propriétaire d’une maison depuis peu, je compte m’y échapper au moins une fois par mois pour recharger mes batteries". Un besoin d'évasion d'autant plus d'actualité qu'elle consacre son nouveau livre, Txistorra, muxus & tortilla, coécrit avec Catherine Roig, à ce territoire, entre adresses coups de cœur, balades et recettes emblématiques.
Lorsqu'elle parvient à s'éloigner des fourneaux et de la gestion de ses restaurants, Hélène Darroze s'impose une discipline claire : la déconnexion complète. Le dimanche est devenu un sanctuaire préservé. "Le dernier jour de la semaine, je suis 100 % off. Depuis quelques années, je coupe totalement avec le travail. Très souvent en déplacement, j’aime ce jour-là rester à la maison, en mode cocooning", explique-t-elle. Cette journée privilégiée est aussi celle des retrouvailles avec ses deux filles, Charlotte, 19 ans, et Quiterie, 17 ans. Si son aînée a pris son envol pour s'installer dans un studio étudiant du côté du campus de Saclay, la tradition dominicale reste immuable : "C’est devenu une règle de vie, qui me permet de me reposer et surtout de passer du temps avec mes filles Charlotte, 19 ans, et Quiterie, 17 ans. Nos discussions sur la politique, la religion, la société, sont passionnantes."
À la maison, la cuisinière multi-étoilée redevient simplement une mère de famille attentive. Loin du dressage millimétré de ses tables gastronomiques, elle renoue avec le plaisir des plats réconfortants partagés : "Dimanche dernier, j’ai préparé une blanquette de veau car mes filles en raffolent. À la fin du week-end, mon aînée repart toujours avec plein de Tupperware pour ses repas de la semaine !". Pour faire face à la charge mentale de son métier, Hélène Darroze a également revu son hygiène de vie. Ses nuits étant souvent courtes et agitées, elle entame chaque matinée par vingt minutes de méditation, de prières et d'exercices de respiration pour chasser le stress accumulé. S'y ajoute une routine sportive assidue, deux fois par semaine en salle avec un entraîneur personnel : "Longtemps, par manque de temps, j’ai fait l’impasse sur le sport. Je me rends compte aujourd’hui à quel point il est essentiel pour le bien-être mental et physique, la confiance en son corps."
Quand elle ne s'évade pas en écoutant les Suites pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach ou en dévorant un livre recommandé par sa mère, la cheffe cultive une passion bien plus concrète : la chine. Amatrice d'objets singuliers et de vaisselle ancienne, elle admet volontiers remplir ses placards de pièces dénichées en brocante. "Mes filles se moquent de moi car nos placards débordent de plats, d’assiettes, de céramiques de tous les styles", glisse-t-elle avec humour. Entre escapades basques régulières et douceur du cocon familial, Hélène Darroze semble avoir trouvé la clé de son équilibre.