Elle est actuellement à l’affiche de Mauvaise pioche, la comédie de son ami Gérard Jugnot et triomphe au théâtre avec Ça, c’est l’amour avec sa fille, Marilou Berry. À 76 ans, Josiane Balasko peut se retourner avec bonheur sur une carrière riche de dizaines de rôles et de trois Césars : un pour Gazon Maudit (1995), un César d’honneur en 2000 et un troisième César remis à la troupe du Splendid en 2021. Des récompenses auxquelles il faut ajouter cinq autres nominations et un Golden Globe du meilleur film étranger pour Gazon Maudit. Pas mal pour une banlieusarde qui n’a même pas eu son baccalauréat ! L’actrice de Trop belle pour toi (1989) est née et a grandi à Paris dans un milieu modeste. Son père est veilleur de nuit et elle vivait avec sa famille dans des chambres de bonne.
À l'âge de 8 ans, Josiane Balasko est victime de rhumatismes articulaires. Piquée deux fois par jour à la cortisone, elle est alitée pendant six mois sans avoir le droit de sortir de chez elle. Elle découvre alors le bonheur de dessiner. Son adolescence est meurtrie par la mort de son père d'un cancer du poumon quand elle n’a que quatorze ans. Josiane vit alors à Neuilly-en-Thelle, une ville de l'Oise où sa mère tient une auberge. Peu de temps après, elle arrête l’école en seconde : “Parce que ça me gavait. Je n’étais pas faite pour ça et je pensais que ça n’allait pas me servir. Et voyez-vous, ça ne m’a pas servi et c’est tant mieux.”
© BestImage, ANGELI-RINDOFF / BESTIMAGE
Mais sa mère courage croit dur comme fer au talent de ses enfants. “Ma mère était persuadée que mon frère était un génie des mathématiques – c’est vrai qu’il était doué et a eu une belle carrière au CNRS – et que moi, j’allais faire de la peinture, a expliqué sa fille dans le journal Le Monde. J’ai commencé à dessiner vers l’âge de 4 ans, essentiellement des princesses. Par la suite, j’ai croqué les clients du bistrot où travaillait ma mère. Elle m’a acheté du matériel et j’ai commencé, avec plus ou moins de bonheur, la peinture à l’huile.” Pour donner toutes ses chances à ses rejetons, madame Balasko économise pour payer à sa fille un cursus dans une école parisienne de dessin assez réputée, Penninghen, qui prépare aux grandes écoles des beaux-arts et aux prestigieux Arts déco parisiens.
A 19 ans, elle y suit une année de formation en habitant toujours dans l’Oise. “Tous les jours je passais trois heures aller-retour dans les transports, ça se méritait. Mais j’y ai appris beaucoup de choses, notamment à concevoir des affiches et, surtout, à bosser. On nous donnait exprès des travaux qui nous obligeaient à travailler toute la nuit pour les rendre à temps.” L’aventure est pourtant de courte durée : elle rate l’épreuve de culture générale et ne peux pas entrer aux Arts déco. “Si j’avais eu mon bac, j’aurais peut-être décroché un concours de grande école auquel ma formation à Penninghen me préparait. Mais j’ai raté”, commentera, plus tard, philosophe Josiane.
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Après avoir échoué, Josiane suit une amie d’enfance, Laura Laufer, au cours de théâtre de Tania Balachova où elle était élève. Elle s’y rend avec son carton à dessins sous le bras, espérant peut-être faire des décors. ‘Si c’est pour faire ça, vous n’avez rien à foutre ici’, m’a expliqué Tania Balachova. Je lui ai demandé si je pouvais quand même rester, elle m’a répondu : ‘Bien sûr !” Et j’ai assisté aux cours pendant trois mois. Peu à peu, j’ai commencé à donner la réplique.” Peu de temps après, la comédienne de Nuit d’ivresse (1986) découvre sa nature comique. “En jouant une scène du Cosmonaute agricole [1965], de René de Obaldia, j’ai compris d’un seul coup que je pouvais faire rire. C’était une sensation très agréable, surprenante, comme une drogue. Et puis c’était valorisant, je savais au moins faire ça. Je me suis dit que je n’étais pas venue là par hasard.” La suite est connue. En 1976, Josiane Balasko rejoint la troupe du Splendid où elle remplace Valérie Mairesse dans Le pot de terre contre le pot de vin. La troupe triomphe ensuite au cinéma avec Les Bronzés (1978) et les carrières de ses membres s’envolent. Elles ne sont jamais retombées.
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