C’était l’outsider de la soirée. Karim Leklou est reparti des César 2025 avec la statuette du meilleur acteur de l’année. Visiblement très surpris, le comédien de 42 ans a bouleversé le public avec son interprétation d’un homme élevant le fils d’un autre dans Le Roman de Jim. Mais il a aussi touché les invités de la cérémonie de ce 28 février 2025 en recevant son prix.
Révélé dans Un prophète de Jacques Audiard et aperçu dans la série Canal+ Hippocrate, l’artiste discret était également dans le carton au box-office L’Amour Ouf (réalisé par Gilles Lellouche). Il n’a pu s’empêcher d’adresser un message à ses collègues du film présents dans la salle. Mais ce sont ses mots pour son fils et sa femme tout en pudeur qui ont marqué les esprits. Opposé à François Civil, Pierre Niney, Benjamin Lavernhe et Tahar Rahim dans sa catégorie, Karim Leklou n’en revenait pas à l’annonce de son nom, désignant le gagnant. Dans son discours, il confie immédiatement : “En partant de chez moi je suis tombé sur un petit mot qui m’a touché.”
Il s’adresse ensuite à ses proches : “À ma femme et mon fils, j’ai envie de répondre : ‘C’est moi qui vous aime fort, c’est moi qui suis fier de vous et merci de m’accorder encore un peu de votre temps’”. L'acteur maintenant césarisé adresse aussi quelques mots à ses parents : “À mon père, à ma mère, à tous mes amis. Je vous remercie”.
L’acteur a grandi dans un deux-pièces d’un HLM de Saint-Cyr-l’École dans les Yvelines. Son père était magasinier, d’origine algérienne, et lui a transmis sa soif de culture, notamment du cinéma. Une enfance sur laquelle revenait Madame Figaro en novembre dernier. "C'était un homme extraordinaire au parcours hors-norme. Prolétaire certainement. Mais assoiffé de culture", disait Karim Leklou au sujet de son papa, qui, à l'époque, le laissait dormir dans la chambre tandis que lui dormait dans le salon de leur deux pièces. Bretonne, sa mère était standardiste et réceptionniste. Cette passionnée de Jean Ferrat et de Serge Gainsbourg lui a donné en héritage son sens de la discrétion et du respect. Ses parents divorcent quand il n’a que 7 ans. Au cours de cet entretien, l'acteur ne s'était autorisé à n'évoquer qu'une seule et unique fois son fils, lui qui est papa et qui a une femme dont on ne sait rien. “Mon fils, c'est la chose la plus précieuse que j'ai au monde”, avait déclaré Karim Leklou tandis que Madame Figaro écrivait : "Aujourd'hui, père d'un jeune enfant, il ne partagera qu'une phrase à ce sujet."
Ravi d’une telle reconnaissance du métier après son César, Karim Leklou a poursuivi son discours de remerciements en déclarant : “On dirait un rêve (...) Je sais pas où je suis”. Il n’en a pas oublié pour autant son ami, qui concourrait dans la même catégorie pour son rôle dans Monsieur Aznavour : “Je voudrais aussi partagé cette récompense avec quelqu’un qui m’est cher dans cette salle, avec qui j’ai commencé ce métier, qui est Tahar Rahim.” Pour l’artiste, il n’y a pas de compétition : “À un moment, ça c’est rien. L’amitié elle est plus importante que tout”. Puis il a conclu son intervention avec de belles paroles pour le mari de Leïla Bekthi : “Merci mon ami, merci mon frère de tes conseils. C’est fou.”
Sa famille et celle du cinéma sont ainsi les deux piliers de Karim Leklou.
player2