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Le cinéma d'horreur made in France : Une histoire d'amour-haine avec Hollywood

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La destin du cinéma de genre made in France est tordu. Particulièrement boudé par le public local, férocement comparé aux standards étrangers, il survit avec peine et prouve à chaque nouvel échec en salles que son avenir est plus qu'incertain.

Pendant ce temps, la machine hollywoodienne continue d'attirer les réalisateurs avec son rêve américain, où le film d'horreur est une institution lucrative, soutenue par de vrais budgets et des acteurs de premier ordre. Mais les coulisses de cette aventure sont nettement moins belles.

Boucle infernale

Le cercle de la production française est vicieux. Revenus au premier plan depuis une dizaine d'années, les films d'horreur et fantastique ont été condamnés aussi vite qu'ils sont nés.

Car le public français est insensible au genre : 313 000 entrées pour Sheitan (2005) de Kim Chapiron, 110 000 pour Haute tension (2003) d'Alexandre Aja, 251 000 pour Ils (2005) de Xavier Palud et David Moreau, 70 000 pour À l'intérieur (2007) de Julien Maury et Alexandre Bustillo, 100 000 pour Frontière(s) (2008) de Xavier Gens, 91 000 pour Martyrs (2008) de Pascal Laugier, 58 000 pour La Horde (2009) de Yannick Dahan et Benjamin Rocher ou 79 000 pour Vertige (2009) d'Abel Ferry. L'été dernier, Derrière les murs (2010) avec Laetitia Casta, première film fantastique français en 3D, disparaissait après une semaine à l'affiche de Paris. À titre de comparaison, Paranormal Activity 3 récolte plus de 800 000 spectateurs.

Conséquence de ces flops en série : les producteurs misent de moins en moins sur le cinéma de genre pour ne pas couler, puis demandent des acteurs populaires et des histoires moins tordues pour s'ouvrir au public. Un réflexe de survie qui étouffe une partie des films d'horreur et empêche les réalisateurs de s'affranchir des contraintes économiques, visibles dans les effets et les décors - pourtant au premier plan des films d'horreur.

Fuite des cerveaux

Après avoir bataillé pour réaliser un premier film et constaté que le public français y est resté de marbre, les réalisateus français sont naturellement peu excités à l'idée de continuer leur chemin sur le territoire. De leur côté, les studios américains ressemblent au paradis avec leurs moyens démesurés et leur amour du cinéma de genre, resté depuis plusieurs décennies dans le coeur des spectateurs.

Mais la réalité est toute autre. Aux Etats-Unis, le réalisateur est considéré comme un exécutant, un membre de l'équipe technique engagé par le studio pour diriger les acteurs, suivre le scénario et obéir aux directives. The Eye (2008) de David Moreau avec Jessica Alba et One Missed Call (2008) d'Eric Valette avec Edward Burns en sont restés les tristes démonstrations. Seul Alexandre Aja s'est imposé dans la fosse aux lions avec le succès de La Colline a des yeux (2006), Mirrors (2008) et Piranha 3D (2010). Mais le vent tourne vite. Après le film d'action Hitman (2007), Xavier Gens s'est attelé à The Divide (2010), un survival nucléaire condamné à une sortie en DVD. De son côté, Pascal Laugier est attendu au tournant avec The Secret, une variation sur le croque-mitaine autrefois appelée The Tall-Man avec Jessica Biel dans le rôle-titre.

La contre-attaque des deux Français

Le cas de Julien Maury et Alexandre Bustillo est à part. Repérés avec l'amusant À l'intérieur (2007), où Béatrice Dalle voulait ouvrir le ventre d'Alysson Paradis pour lui dérober son bébé, le duo de réalisateurs attire l'attention de Bob Weinstein. Le frère du terrible Harvey Weinstein leur propose le remake de Hellraiser (1987) pour Dimensions Films, filiale de feu Miramax spécialisée dans le film d'horreur.

Mais les deux Français ont résisté. "Il [Bob Weinstein] est venu en France pour avoir notre vision du film, quelque chose de nouveau. Mais il voulait aussi attirer un large public. Pour nous, c'était impossible de faire un film qui pouvait être les deux. Nous avons vraiment essayé, pendant presque un an. On n'a rien trouvé, alors on a décidé de se retirer. On s'est dit qu'on ne serait pas fier du film qui allait être fait et Bob l'a parfaitement compris." Selon les rumeurs, l'héroïne adulte et le suicide au centre de l'histoire ne plaisaient pas au studio, qui optait pour une adolescente sexy et un scénario moins glauque - un comble puisque Hellraiser raconte comment une femme adultère libère des zombies sado-masochistes d'une autre dimension.

La même année, Julien Maury et Alexandre Bustillo tournent le dos aux remakes de Freddy et Halloween pour revenir en France. Avec beaucoup moins de moyens mais une chose bien plus précieuse : "Un petit budget est le prix de la liberté. (...) En France, c'est très dur de rassembler de l'argent pour ce genre de film. Nous avons travaillé quatre ans avant d'avoir le budget pour réaliser Livide en France. Pendant ce temps, Hollywood nous a peut-être envoyé 60 ou 70 projets avec un budget supérieur."

Néanmoins, les deux réalisateurs sont conscients que le public ne suit pas : "Personne ne veut entendre parler du cinéma de genre français parce que ça ne marche pas. Toujours des flops. C'est très étrange. Comme si le public ne croyait pas au film d'horreur français et se disait 'Ah, c'est français, ça va être nul'. Mais paradoxalement, les franchises américaines comme Saw cartonnent. Je pense qu'on souffre de notre identité et des dialogues en français, mais le public est dur. (...) À chaque nouveau film d'horreur qui sort, on entend que ce sera le dernier. Tout le monde dit 'C'est le dernier, les mecs, l'horreur, c'est fini en France. On répond toujours 'Non, c'est pas possible, on doit se battre'."

Cette spirale infernale et aburde est loin d'être terminée. Quelques mois après le méchant flop de Livide dans les salles françaises, le distributeur français du film annonce la mise en chantier d'un remake américain. La boucle est bouclée pour les rebelles Julien Maury et Alexandre Bustillo, rachetés par Hollywood après lui avoir tourné le dos. Mais pendant ce temps, l'avenir du cinéma de genre français est en phase terminale.

Geoffrey Crété
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