Comment franchir le cap des cent ans en pleine forme ? La question passionne les chercheurs depuis des décennies, en particulier lorsqu’ils se penchent sur les fameuses "zones bleues", ces régions du globe où l’on recense une concentration particulièrement élevée de centenaires. Au micro de Céline Landreau dans RTL Matin, le Dr Jimmy Mohamed s’est intéressé aux habitudes de vie observées dans ces territoires réputés pour leur longévité. Loin des promesses miracles ou des protocoles inaccessibles, le médecin rappelle que plusieurs habitudes simples, ancrées dans le quotidien, sont associées à une meilleure santé et à une espérance de vie plus longue.
Si la génétique joue un rôle que la recherche continue d’étudier, le mode de vie compte également. Pour le praticien, préserver son capital santé au fil des années passe notamment par trois habitudes : bouger régulièrement, adopter une alimentation équilibrée et entretenir des liens avec son entourage. De la façon dont on se déplace à la manière dont on cultive ses relations, ces piliers observés dans les zones bleues rappellent l’importance des gestes du quotidien.
Le premier levier mis en avant par Jimmy Mohamed concerne l’activité physique, mais pas nécessairement celle que l’on pratique à outrance en salle de sport. Dans certains villages réputés pour leur longévité, le mouvement est intégré aux déplacements de tous les jours. "Dans ce village, les femmes marchent beaucoup avec des rues qui sont en pentes, des collines, donc c’est de l’activité physique au quotidien et les déplacements se font majoritairement à pied et très peu en voiture", explique-t-il. Emprunter des ruelles escarpées, faire ses courses à pied ou monter des marches permet ainsi de rester actif sans forcément prévoir une séance de sport spécifique.
Vient ensuite le contenu de l’assiette, avec une place importante accordée aux végétaux et aux produits peu transformés. Dans le modèle méditerranéen, l’huile d’olive occupe également une place centrale. Riche en acides gras insaturés, elle constitue une matière grasse intéressante dans le cadre d’une alimentation équilibrée. "Elle est considérée comme l’une des meilleures huiles au monde car elle contient notamment du bon gras avec du gras insaturé", précise le médecin. Consommée en remplacement de certaines matières grasses riches en acides gras saturés, elle peut contribuer à la santé cardiovasculaire.
Le troisième pilier concerne les relations humaines. "Le lien social, mais comment on explique que le lien social peut aider à vivre plus longtemps ?", interroge Jimmy Mohamed à l’antenne. La réponse se trouve notamment dans l’organisation de certaines communautés : "On s’est rendu compte que les familles vivent proches les unes des autres en communautés qui sont très soudées et l’isolement est très rare, à tel point que les chercheurs ont conclu que les habitants prennent soin les uns des autres". L’importance de cet entourage est également documentée par la recherche. Une méta-analyse portant sur plus de 300 000 personnes âgées a notamment étudié les liens entre solitude, isolement social et mortalité. Les résultats soulignent une association entre ces facteurs et le risque de décès, sans pour autant démontrer que le lien social suffit, à lui seul, à prolonger la vie.
Être entouré peut apporter un soutien moral, favoriser les échanges et encourager certaines habitudes bénéfiques, comme sortir régulièrement ou partager des repas. Comme le résume le praticien, la recette d’une belle longévité s’avère plus accessible qu’on ne le pense : "La clé d’une vie en bonne santé c’est pas forcément beaucoup d’argent, ça contribue évidemment au bonheur, mais c’est bouger un petit peu, manger bien et vivre proches les uns des autres".