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Lulu Gainsbourg : Vanessa Paradis, Jane, tous ses amis pour son émouvant baptême

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Lulu Gainsbourg, premier concert à Paris mardi 8 novembre 2011, au Casino de Paris, où son père Serge s'était produit 26 ans plus tôt alors que Bambou était enceinte du petit Lulu.

"Nous nous aimions, le temps d'une chanson" : le public entier est parcouru d'un même frisson, tandis qu'il susurre en choeur les derniers mots de La Javanaise, accompagné au piano par Lulu Gainsbourg, muet. Avec lui, on s'est aimé un peu plus que le temps de cette Javanaise d'un genre inédit, durant les quelque 100 minutes de son concert au Casino de Paris mardi 8 novembre 2011, non seulement son premier concert à taille réelle dans la capitale, mais aussi et surtout un récital hommage à son père 26 ans après que Gainsbarre se fut produit sur cette même scène : "Il y a 26 ans... Mon père était ici, ma mère était enceinte de moi", rappellera d'ailleurs Lulu, au moment de présenter Stan Harrison (saxophone) et Gary Georgett (piano), deux virtuoses qui en étaient à l'époque...

Dans l'anecdote comme dans cette Javanaise, toute la grâce et tout le paradoxe de Lulu Gainsbourg résumés, tiraillé entre un désir de mémoire filial, une nécessité de convoquer le passé pour pouvoir le dépasser, et l'envie d'établir sa carrière musicale. Pour tuer le père, le célébrer. C'est d'ailleurs l'enjeu de son premier album, From Gainsbourg to Lulu (à paraître le 15 novembre), qui revisite, avec le concours d'un casting de stars ahurissant (voir au bas de l'article), le répertoire du paternel à l'aune des arrangements du fils, et de sa voix sur l'air au grain accrocheur, tantôt très homme, tantôt petit garçon...

De grands débuts hésitants, mais tellement touchants

Il faudra bien un jour que Lulu sorte du bois et invente son oeuvre, si le public veut bien l'accueillir et l'y encourager, mais ce n'est pas encore "à présent qu'a sonné l'heure" de dire au revoir au legs de son père et de se bâtir un avenir plus Lulu que Gainsbourg. Comme un symptome, c'est avec une pudeur inouïe que le jeune homme, encore très intimidé sur scène - planqué sous un inamovible Panama, une main enfoncée dans la poche, mal à l'aise avec les transitions et mulitpliant les "voilà" lui attirant pour l'instant une tendre bienveillance du public -, nous fait entrer dans (le vestibule de) son monde et présente deux compositions instrumentales de son cru au coeur de ce tour de chant où l'ombre du père plane sur l'indéniable charisme du fils. On observera avec étonnement la manière dont il s'éclipse parfois totalement, et notamment du quatuor qu'il forme avec Matthieu Chedid (qui, à côté de Lulu, passe pour le mec le plus extraverti de la Terre), Ayo et Sly Johnson pour leur reprise de Couleur Café, mettant en scène les autres, se mettant en retrait lui-même. De compositeur et arrangeur à interprète, il y a un pas qu'il semble ne franchir qu'à tâtons. On aura envie de le secouer quand il se flagellera, disant de sa chanson préférée qu'il l'interprète moins bien que l'original ou quand il s'excusera d'avoir imposé du jazz à son public (alors que c'est de nos jours une superbe exception, à assumer, que de revendiquer les arragements jazz et les solos de sax dans des albums de registres différents). On aura eu envie de lui dire qu'il était sur le bon chemin quand il se détendait avec Matthieu Chedid, quand il tournait en dérision ses hésitations ou son concert, ou quand il volait avec aplomb à la rescousse de Dani.

On ne pourra toutefois pas le taxer de ne nous avoir pas prévenus de la présence palpable de Serge Gainsbourg : "C'est un jour très important pour moi, pour nous, pour mes musiciens, mes invités. Pour mon père aussi...", expliqua-t-il en guise d'entrée en matière, sa voix se brisant sans finir sa phrase. Ses invités, justement, dont la plupart étaient précédemment à ses côtés sur la scène de Clermont-Ferrand, sont là pour qu'il se sente en famille. Pour commémorer Serge, et pour souhaiter la bienvenue à Lulu. A plus d'un égard, ce concert du 8 novembre 2011, en mode "Lulu & Friends", était un baptême, en présence de parrains de confiance - Jane Birkin, Mélanie Thierry, Angelo Debarre, Matthieu Chedid, Vanessa Paradis, Dani... -, réunis autour de lui au moment du final sur un Couleur Café repris en choeur par le public.

 

Ci-après, un compte-rendu détaillé du concert de Lulu Gainsbourg au Casino de Paris, chargé d'émotion et sublimé par ses invités prestigieux...


Jane Birkin amène Lulu dans la lumière

Quelques secondes de suspense, les basses vibrant dans la pénombre, et voilà que Jane Birkin apparaît pour partager avec Lulu La ballade de Melody Nelson. La muse et le fils réunis. A noter qu'à l'occasion du quarantième anniversaire du disque Melody Nelson, Jane Birkin se lancera début 2012 dans une tournée oecuménique au Proche-Orient, avec notamment quatre dates en janvier à Tel-Aviv, où Lulu s'était produit en hommage à son père l'an dernier. La voix du jeune homme est un peu couverte ; Jane Birkin, immuable et inimitable, happée par le magnétisme de son partenaire, scande les 'Melody Nelson' avec douceur et accroche la lumière. Une touchante complicité, qui aide Lulu à s'élancer. "C'est Un jour très important pour moi, pour nous, pour mes musiciens, mes invités. Pour mon père aussi, parce que c'est... (il ne finit pas sa phrase et se retourne). Voilà, c'est un hommage que je lui fais, en même temps je présente mon album qui sort la semaine prochaine."

Le saxophone fait sa première irruption démente de la soirée sur Marilou sous la neige, que Lulu revisite dans une atmosphère ouatée, plus smooth encore que l'originale, notamment du fait de voix chargée d'air et haut placée.

Une onde de groove se met ensuite en branle, voici la tiédeur de L'Anamour ("Je t'aime et je crains de m'égarer"), également adouci par le grain de voix de Lulu, tandis que saxophone et orgue s'offrent chacun un morceau de bravoure. Savoureusement démodé, ne pas hésiter à récidiver.

Manigestement pas peu fier, Lulu Gainsbourg se fait une joie d'accueillir alors un ami qui va "mettre l'ambiance" : le formidable Angelo Debarre, référence du jazz manouche qu'on a pu voir dans le film Gainsbourg, vie héroïque (il y donnait des cours de guitare au Gainsbourg campé par Elmosnino) et présent sur l'album de Lulu, offre avec son quatuor un Elisa revu et corrigé à la sauce gypsy, puis un Poinçonneur des Lilas marqué d'harmonies divines et imprégné des influences tziganes qui nourrisent l'art prodigieux d'Angelo. Le tout saupoudré de solos ébouriffants, naturellement.

"On va calmer l'ambiance, maintenant", reprend Lulu, provoquant les rires de l'assistance. Mais en fait de rires, ce sont des frissons irrépressibles qui parcourent le public tandis que Gainsbourg fils interprète La Noyée, dans une version piano-voix dépouillée à la scansion hypnotiquement claudicante. Un moment de grâce. Sur le dernier vers ("A jamais, nous réunit"), que l'émotion est belle...

"Je tenais à faire cette chanson, je ne l'interprète pas aussi bien que l'original (rire nerveux), mais c'est ma préférée..."

Mélanie Thierry fait une superbe apparition dans un kimono orangé pour remplacer Bambou, la mère de Lulu, sur le duo composé par Serge Ne dis rien, que Lulu avait enregistré avec cette dernière durant son adolescence, en 2001. Bambou est toutefois présente pour veiller sur les premiers pas à Paris de son petit.

"Il y a 26 ans... Mon père était ici, ma mère était enceinte de moi"

Version instrumentale jazz d'Intoxicated man. "Je tenais à ce que ce soit là parce que mon père adorait le jazz. Et je voulais introduire spécialement Stan Harrison et Gary au piano, deux musiciens qui étaient là il y a 26 ans. Ma mère était enceinte de moi..."

"Pour ceux qui sont pas trop jazz, je vous promets, c'était la dernière", s'excuse-t-il avant que résonnent les premières volutes sulfureuses de Initials B.B. : dans un réarrangement nerveux et fantasmatique que la guitare électrique transperce élégiaquement sur le refrain, cette plongée dans un rock sombre étourdit... au point que Lulu en mange les paroles du troisième couplet.

Le calme étant revenu après la tempête : "Je vais vous faire découvrir un peu mon monde musical à moi, avec deux de mes compos", dit-il en s'avançant timidement vers le piano. Fresh news from the stars, mélancolie arpégée, basée sur des passages de ton à ton, écrite en hommage à son père, puis le stratosphérique Because, mettent en évidence les talents d'écriture qu'il a pu cultiver au Berklee College of Music de Boston, bien servis par la violoniste et chanteuse Karen Brunon - talentueuse collaboratrice de Charles Aznavour, Vanessa Paradis, Raphaël ou même Mika et Mozart l'opéra rock dont on attend toujours le premier album, à venir chez MyMajorCompany.

Le riff reconnaissable de Comme un boomerang résonne tandis que Dani, que Lulu a déjà arrachée à sa solitude dans un passé récent, se présente dans la lumière. S'ensuit un moment attendrissant : perdue, Dani manque son attaque et empile trois vers à contre-temps, avant que, avec bienveillance, Lulu la remette sur les rails. A partir de là, leur relecture sereine mais rock (batterie et saxo aux avant-postes), presque plus Le Pénitencier de Johnny que le Boomerang version Daho/Dani, s'épanouit à mesure que Dani s'enhardit, joue son texte, et que Lulu la serre contre elle, dans une évidente tendresse.

Un requiem débordant de vitalité, un café revigorant

Ovation pour Matthieu Chedid à son entrée sur scène. Devant le public, deux grands timides, une voix de fausset et une voix de basse, qui s'échangent des politesses pour meubler tandis que les roadies bossent. L'attente valait le coup : utilisant une pédale loop, Matthieu Chedid construit en frappant sa guitare l'ossature rythmique de ce qui sera dans quelque instants une version vertigineuse... et improvisée du Requiem pour un con. Requie'M', même, tant Mister Mystère y imprime sa griffe, joueur, sadique, nerveux. Le mariage de leurs deux voix, de leurs deux timbres, les harmonies qui se dessinent sur les pions que plante au piano, sépulcral, Lulu, les cris et le groove énervé que tire de sa guitare Matthieu, appelant le public à faire du bruit : ce crépuscule est aveuglant.

De l'ombre à la lumière ("Y a une très belle lumière sur toi, là", plaisante Matthieu alors que Lulu est passé aux claviers en arrière-scène), les deux hommes sont rejoints par la douce Ayo et le fantastique Sly Johnson : un quatuor qui invente alors un Couleur Café euphorisant, avec le beat box et les vocalises de Sly, les harmonies graves de Lulu et celles, suraigues, de Matthieu Chedid, associées au lead d'Ayo. Un moment solaire qui aurait facilement pu durer quelques minutes de plus.

"C'étaient les deux titres un peu rock'n'roll de la soirée, on a improvisé des moments de folie", ose Lulu, ses commentaires timides suscitant de nouveaux rires.

Des "adieux à jamais" anticipés, Vanessa Paradis comme un soleil

Les Feuilles Mortes tombent suavement dans une orchestration entre folklore et faux airs de country. Lulu enchaîne avec Je suis venu te dire que je m'en vais, là encore dans un style plus sensible, marqué par sa voix fraîche et tendre de jeune homme, moins amoché et tripal, que son paternel. On aurait pu croire que ce serait le morceau décidant qu'a "sonné l'heure" de se séparer, mais il reste une invitée de taille à accueillir : Vanessa Paradis, une seconde maman pour Lulu mais aussi et surtout une pin-up irrésistible pour interpréter, sirène moulée dans une mini-robe argentée et se trémoussant avec sensualité, Sous le soleil exactement. Lulu s'est éclipsé, simple instrumentiste pour le numéro très glamour et déshinibé de Vanessa Paradis. Un exemple à suivre.

Une Javanaise inouïe

Sous le soleil, on y reste exactement, puisque les rythmes latins de la bossa nova nous amènent la ritournelle lascive L'Eau à la bouche, dont Lulu Gainsbourg, ce playboy, dévoilait récemment le savoureux clip vintage. Une fièvre sud-américaine brillamment arrangée dans laquelle le jeune homme s'épanouit clairement. C'est pourtant un final très intimiste et étonnant que le jeune artiste a prévu : il s'assied au piano et écoute le public chanter seul, sans lui, La Javanaise de bout en bout. De mémoire de spectateur, un moment plutôt inédit, et troublant. Une incongruité que d'aucuns pourront reprocher, que d'autres salueront comme le geste ultime d'un artiste qui n'est pour l'instant qu'un passeur de rêves : celui qui transmet un héritage dont il ne se sent pas le seul propriétaire.

Pour illustration, tous les invités reviennent sur scène pour un Couleur Café repris en choeur par le public.

From Gainsbourg to Lulu, et, de même, Lulu en scène, c'est pour le moment une histoire de famille, une histoire d'héritage, une histoire un peu orpheline. Mais gare au complexe. Et gageons que, si le public le veut bien, le prochain chapitre sera un peu moins Gainsbourg et un peu plus Lulu.

Guillaume Joffroy

 

 

From Gainsbourg to Lulu, album à paraître le 15 novembre 2011 (Universal/Mercury)

Avec : L'eau à la bouche, Intoxicated Man (instru), Je suis venu te dire que je m'en vais (avec Rufus Wainwright), Bonnie & Clyde (avec Scarlett Johansson), Manon (avec Marianne Faithfull), Requiem pour un con (avec Matthieu Chedid), Ballade de Melody Nelson (avec Vanessa Paradis et Johnny Depp), Black Trombone (Instru), Sous le soleil exactement (avec Shane McGowan), Le poinçonneur des lilas (avec Angelo Debarre), La javanaise (avec Richard Bona), Ne dis rien (avec Mélanie Thierry), Initials BB (avec Iggy Pop), La noyée, Fresh news from the stars (Instru), Couleur Café (avec Ayo, Matthieu Chedid, Sly Johnson).

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