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Michel Tournier : Mort de l'auteur du Roi des Aulnes, "roi de la surprise"

Michel Tournier le 29 août 1983 chez lui à Choisel, en Vallée de Chevreuse. L'écrivain, auteur des romans Vendredi ou les limbes du Pacifique et Le Roi des Aulnes, est mort à 91 ans le 18 janvier 2016 à Choisel (Yvelines).
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Michel Tournier le 29 août 1983 chez lui à Choisel, en Vallée de Chevreuse. L'écrivain, auteur des romans Vendredi ou les limbes du Pacifique et Le Roi des Aulnes, est mort à 91 ans le 18 janvier 2016 à Choisel (Yvelines).
L'écrivain s'est éteint à 91 ans dans son havre de paix. Les amoureux de la littérature sont tous un peu "Robinson après le naufrage", désormais...

Michel Tournier disait ne désirer que trois choses, rappelle l'AFP : "De l'or, de l'encens et de la myrrhe. L'or représente les droits d'auteur, l'encens les bonnes critiques et la myrrhe le passage à la postérité." Après avoir joui des deux premiers de son vivant, l'écrivain français a réalisé le troisième en s'éteignant à 91 ans ; bien au-delà du decorum antique de son analogie, l'auteur de Vendredi ou les limbes du Pacifique (Grand Prix du roman de l'Académie française, décliné en version jeunesse tout aussi culte) et de Le Roi des Aulnes (Prix Goncourt, le seul à ce jour décerné à l'unanimité) laisse l'empreinte indélébile d'un indispensable classique de la littérature moderne.

A Choisel, pour l'éternité, le créateur du Roi des Aulnes a choisi son arbre

Figure majeure de la littérature française du XXe siècle, Michel Tournier est mort dans la soirée du lundi 18 janvier 2016 dans le village de Choisel (Yvelines), où il s'était installé en 1957, vivant à l'écart du bruit du monde dans un ancien presbytère. Tombé "un peu amoureux" de ce village, "il souhaitait y être enterré" et "avait choisi l'emplacement de sa tombe au pied d'un arbre", précise Alain Seigneur, le maire de cette paisible commune de 550 habitants située en Vallée de Chevreuse. Très diminué ces derniers temps, l'auteur s'est éteint entouré de ses proches : "On vivait 24 heures sur 24 avec lui, il ne pouvait plus rester tout seul depuis trois mois", a déclaré à l'AFP son filleul Laurent Feliculis, que l'écrivain considérait comme son fils adoptif et qui était présent à ses côtés au moment de son décès.

La disparition de Michel Tournier, qui venait d'être fait commandeur de la Légion d'honneur dans la promotion du 1er janvier, a suscité les hommages émus des responsables politiques et des figures du monde de la culture. Le président de la République François Hollande a loué son "immense talent" qui se concrétisait "entre réalisme et magie", suivi par un Manuel Valls sous le charme de ce "conteur hors pair" que Fleur Pellerin a remercié pour le "morceau d'éternité" qu'il lègue. Très touchant, Bernard Pivot, actuel président de l'Académie Goncourt, a tweeté avec autant d'esprit que d'affliction : "Dès demain, je ne pourrai plus répondre Michel Tournier à la question : quel est le plus grand romancier français vivant ?" [Il] a rejoint ce soir les grands noms de l'histoire et des mythes dont il a été le génial romancier", a respectueusement ajouté l'homme de lettres.

Tellement essentiel

Né à Paris le 19 décembre 1924 de parents agrégés d'allemand, extraction qui sera la source de sa germanophilie notoire et néanmoins "critique", Michel Tournier était venu à la littérature tardivement ; et pourtant, son écriture incarne l'élégance ultime du classicisme : "Ce que j'avais à dire était à la fois tellement secret et tellement essentiel que j'ai eu besoin d'une longue maturation pour publier quoi que ce soit", avait expliqué celui qui avait 43 ans au moment de la publication de son premier roman, Vendredi ou les limbes du Pacifique, en 1967. Auparavant journaliste, traducteur, attaché de presse (à Europe 1), éditeur (chez Plon), auteur d'émissions de radio et de télévision ou encore présentateur d'émissions sur la photographie (une de ses grandes passions, à laquelle il dédia une dizaine d'ouvrages et la création des Rencontres internationales d'Arles), le nouveau venu, qui avait renoncé à enseigner suite à son échec cuisant à l'agrégation de philosophie, défrayait instantanément la chronique littéraire, les aventures de Vendredi étant saluées par le Grand Prix du roman de l'Académie Française.

Un coup de maître suivi d'un autre, avec la publication en 1970 du roman Le Roi des Aulnes, son oeuvre emblématique : inspiré de Goethe et nourri par la consultation exhaustive des 42 volumes du procès de Nuremberg, il y raconte l'histoire d'un ogre en Prusse orientale qui consomme de la chair humaine, séduit la jeunesse et la jette dans la guerre. "C'est tout le problème de la guerre que je rassemble dans le personnage de l'ogre, pas n'importe quelle guerre, mais celle de 1939-1945, avec le racisme et le nazisme, entreprise particulièrement ogresse, mangeuse de jeunes", a-t-il souligné.

Outre sa valeur littéraire, Le Roi des Aulnes, prix Goncourt à l'unanimité et porté à l'écran par Volker Schloendorff en 1996, est un élément important dans la relation d'amour-haine de son auteur avec l'Allemagne, qu'il considérait comme "une partie de lui-même" tout en se décrivant comme "un ami très critique", particulièrement au sujet de la réunification. Fier d'être le fils d'une "gueule cassée" de la Grande Guerre (son père avait reçu une balle en plein visage, en août 1914), Michel Tournier avait passé quatre années de son enfance outre-Rhin, avant la Seconde Guerre mondiale, qui avait éclaté alors qu'il avait 14 ans. A 20 ans, en 1944, il y retournait - et la voyait "renaître" de "ruines fumantes" - pour poursuivre ses études de philosophie à l'Université de Tübingen. Membre de l'Académie des arts de Berlin-Est, il intégrera en 1988 le Haut Conseil culturel franco-allemand et recevra en 1992, à Weimar, la médaille Goethe, promise à ceux qui favorisent les échanges culturels bilatéraux. Désapprouvant la manière dont la réunification a été menée et dont l'Allemagne de l'Est a été "traitée en pays conquis, écrasée, épurée et humiliée", il avait signé en 2006 un essai intitulé Le Bonheur en Allemagne.

Un roi... de la surprise !

Elu juré du Goncourt en 1972, deux ans après le succès du chef-d'oeuvre Le Roi des Aulnes, fonction qu'il honora jusqu'à y renoncer pour raison de santé en 2010, Michel Tournier publiera par la suite abondamment, à un rythme régulier : Les Météores (1975, roman), Le Vent Paraclet (1977, essai), Le Coq de bruyère (1978, nouvelles), Gaspard, Melchior et Balthazar (1980, roman), Gilles et Jeanne (1983, roman), La Goutte d'or (1986, roman), Le Médianoche amoureux (1989, contes), Eléazar (1996, roman), Célébrations (1999, essai) et Journal extime (2002). En juin 2015, il publiait sa correspondance avec son traducteur allemand Hellmut Waller, menée depuis 1946. Facette un peu méconnue mais non négligeable de son oeuvre, il avait aimé écrire pour les enfants, adaptant pour eux en 1971 son Vendredi ("ou la vie sauvage") et signant au total une quinzaine de livres jeunesse. Il adorait discuter avec ce jeune public lors de leurs rencontres dans des écoles, signale l'AFP.

A ce titre, on ne manquera pas d'observer que Michel Tournier, s'il aimait son ermitage à Choisel, avait un charisme assez irrésistible et une vivacité saisissante : "Tournier m'a toujours donné l'impression d'être un immense enfant, remarque notamment son confrère Didier Decoin, sollicité par RTL suite à la disparition de l'écrivain. Il s'émerveillait de tout, il adorait l'inattendu, le baroque. A l'Académie Goncourt, ça nous surprenait : tout à coup, il sortait une énormité. C'est quelqu'un qui aimait, comme ça, faire surgir des choses qu'on n'attendait pas. C'était un roi de la surprise !" Bernard Pivot, réagissant sur la même antenne, n'en a guère moins à son égard : "Quand il était attaché de presse aux éditions Plon, il accueillait les journalistes avec beaucoup de gentillesse, c'était un très bel homme, séduisant, amusant, avec plein d'anecdotes, et nous n'imaginions pas qu'il allait devenir écrivain."

Bilan positif

L'AFP rappelle enfin que Michel Tournier avait fait en 2015 le bilan de sa vie, lors d'un entretien avec le quotidien Le Figaro : "A la fin de sa vie, estimait-il, on peut l'évaluer à partir de six critères : le physique, la famille, l'époque, les amitiés, l'amour, la profession. Mon bilan est plutôt bon, avec même ce sommet professionnel que représente le prix Goncourt. Le point faible, c'est l'époque où j'ai vécu." La faiblesse de notre temps s'est alourdie de sa disparition. Que sa grandeur demeure et que le soleil brille à jamais sur l'île de Speranza.

G.J.

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